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De Toronto au Yukon : il y a de quoi en rire!

Maryne Dumaine

Émilie Lefrançois, arrivée à Whitehorse il y a un an, a déjà foulé les planches des scènes de l’humour du territoire. Pleins feux sur le parcours d’une « fille de la grande ville » fraîchement débarquée au Yukon.

Émilie Lefrançois a foulé les planches de la scène extérieure du Théâtre Guild, à Porter Creek, le 22 août dernier.
Photo : Erik Pinkerton Photography

 

À peine sortie d’une extinction de voix, Émilie Lefrançois répond aux questions de l’Aurore boréale. Sa voix, elle en aura besoin bientôt, car son prochain spectacle a lieu le 12 septembre, sur la scène extérieure du Guild.

Une quarantaine de spectacles à son actif

« C’est mon quatrième spectacle au Yukon », explique-t-elle. « Ça aura lieu sur la scène extérieure qui a été mise en place pour la série du Yukon Comedy Collective. » Sa dernière prestation remonte à quelques semaines à peine (le 22 août), mais elle a également eu l’occasion, avant la pandémie, de se produire au café Baked en première partie de Julie Kim, en février dernier. « J’aime beaucoup le public yukonnais. »

C’est à Toronto que la jeune femme commence la comédie. « Je suis enseignante, et à Toronto, je faisais souvent des blagues en racontant ma vie dans la salle des profs. On me disait “tu devrais faire du stand up!” », se souvient-elle en évoquant ses débuts. C’est ainsi qu’elle s’inscrit à son premier cours de stand up chez Second Scene, dans la ville ontarienne.

Elle y apprend les bases de l’écriture, comment faire ses listes et s’organiser. « Le premier cours était basé sur la technique plus que sur la scène. Mais on faisait un spectacle à la fin, et là, j’ai adoré ça! Avant un spectacle, c’est dur, c’est beaucoup de travail, et il y a le trac de monter sur scène. Mais pendant, c’est super, et après, c’est addictif! Ça me remplit d’énergie! »

Dès ce premier spectacle, elle se fait remarquer par le producteur d’un autre spectacle, elle décide alors de continuer et s’inscrit à Second Scene 2, cours qui lui donne plus de techniques de scène et développe son aisance.

« Les cours m’ont donné la mécanique et l’envie d’écrire. Il y avait des gens de toutes les sphères, des personnes qui travaillaient dans des compagnies d’assurances ou qui faisaient tous d’autres choses professionnellement », explique-t-elle pour illustrer la diversité du monde de l’humour. Elle fait donc ses premiers spectacles sur la scène torontoise. « C’est une scène très vivante, il y a des micros ouverts tous les soirs, c’est très abordable d’aller voir un spectacle d’humour! »

L’arrivée au Yukon

« Quand j’ai voulu déménager au Yukon, j’ai regardé quelle était la scène de la comédie ici », raconte-t-elle. Mais elle attendra environ six mois avant de s’intégrer au monde des professionnels du rire. « Une fois lancée, je me suis rendu compte que c’était très vivant aussi. Il y a un excellent réseau, les gens s’entraident et s’appellent pour organiser des spectacles. Le Guild a plein d’idées pour mettre de l’avant le stand up. Avant la pandémie, il y avait un spectacle par mois, au café Baked! »

Le concept de communauté

À la question : est-ce que la communauté yukonnaise est une nouvelle source d’inspiration, Émilie répond : « Justement, c’est ici que j’ai vraiment découvert le sens du mot communauté. À Toronto, il y a tant de monde, tant d’activités… Je n’avais pas ce sentiment de communauté et j’avais du mal à trouver des repères francophones! Ici, les gens se connaissent et s’entraident. Les gens veulent venir encourager les artistes. Ils sont présents dès qu’il y a un spectacle. » Le prochain, d’ailleurs, est déjà à guichet fermé.

L’inspiration yukonnaise

Émilie a adapté son spectacle depuis qu’elle est arrivée au Yukon. « C’est un lieu vraiment inspirant, mais c’était un choc pour moi, en arrivant de la grande ville. Tout le monde ici est mordu de plein air, c’était très nouveau pour moi! »

Son spectacle, pour le moment uniquement en anglais, aborde également un thème indémodable selon l’artiste. « Je parle beaucoup de moi. Quand tu commences avec “J’ai 35 ans et je suis célibataire”, les gens sont déjà prêts à rire! »

Elle parle aussi beaucoup de sa famille et de ses proches. « Je leur demande leur avis avant! Ils ont un droit de veto, quand même » ajoute-t-elle, espiègle.

L’artiste ne rejette pas l’idée de préparer un spectacle en français, « mais je devrais le refaire au complet, le processus ne serait pas le même pour moi. Ma famille me le demande beaucoup, mais jusqu’à maintenant, je n’avais aucun matériel et rien en lien avec mon travail ou ma communauté. » Qui sait, le Yukon lui apportera peut-être un retour aux sources.

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