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De Sherbrooke à Dawson : itinéraire d’une aventurière

Cyril Contente

Pour Magali, le Yukon a d’abord été une surprise. Cette Québécoise originaire de Sherbrooke rêvait de venir en Alaska. Après une belle aventure américaine, elle a senti une envie de fouler le sol yukonnais. Cette attractivité du début ne l’a jamais quittée. Elle a donc décidé de quitter Montréal pour Dawson.

Magali dans le parc territorial Tombstone
Photo : Magali Chazel

 

Au-delà d’une atmosphère créative et enrichissante, elle a trouvé à Dawson « un bout de Québec » avec une communauté francophone très présente.

« Dawson est une ville qui me ressemble »

Après quelques mois isolée sur une ferme pour échapper au tumulte montréalais, Magali a rejoint le cœur de Dawson. Elle y a trouvé une ville accueillante, cosmopolite et nichée au cœur de la nature. En plus de se « reconnecter avec la nature », elle a pu renouer avec son côté artistique. Amatrice de dessin, elle avait délaissé ce médium durant des années. Elle a trouvé une communauté solidaire et impliquée dans la vie de chacun. Elle déclare : « Je ne connais pas une ville plus chaleureuse que Dawson, où les gens prennent soin des autres. » En plus de cet aspect fraternel, Dawson est aussi dynamique qu’audacieuse. « Si t’as envie de faire un projet qui n’existe pas encore, tu vas trouver des gens qui vont te supporter. Ils vont faire en sorte que ça fonctionne. On a l’impression qu’ici, tout est possible. »

Magali s’est sociabilisée très rapidement et a rencontré de nombreux francophones à Dawson. Pour elle, c’est vital de parler français. « Je ne me poserais pas de question sur mon futur au Yukon si je ne pouvais pas parler en français ici. » Le français est une source d’épanouissement personnel pour elle : « Je me sens plus libre et épanouie quand je parle en français. » À son échelle, elle fait rayonner le français en traduisant des documents administratifs pour l’Ordre des sages-femmes du Yukon.

À Dawson, Magali se sent chez elle, comme à Sherbrooke ou dans le petit village français de son père où elle avait l’habitude de passer ses étés. Aujourd’hui, elle se sent Québécoise et Yukonnaise. Elle est tombée en amour avec la culture du Yukon, mais surtout avec les gens qui l’habitent, qu’ils soient anglophones ou francophones.

Le choix de s’établir à Dawson était plus personnel que professionnel. Elle travaille aujourd’hui en tant qu’éducatrice à l’école de Dawson et serveuse au Diamond Tooth Gertie’s Gambling Hall. À Montréal, elle travaillait dans un centre de périnatalité social. Elle y était coordinatrice, aux côtés de médecins, de sages-femmes, de travailleurs sociaux et d’éducateurs spécialisés. Elle sait qu’elle trouvera des opportunités dans le domaine du service social. De nature altruiste, Magali s’épanouit avant tout dans un emploi où elle prend soin des autres. « Même dans le service, j’ai l’impression que je prends soin des gens; je m’assure qu’ils passent une belle soirée. »

Curieuse du monde qui l’entoure, ce n’est pas un hasard si Magali a abouti à Dawson. À 18 ans à peine, elle part découvrir l’Ouest canadien. Après ce voyage, elle part découvrir plusieurs pays en Amérique latine, en Europe et en Asie du Sud-Est. Il était impossible pour elle de choisir « sa voie » avant d’être confrontée au monde. « Cette expérience m’a permis de mûrir pour savoir ce que je voulais faire. » Après une formation de plongée sous-marine en Amérique centrale, elle a décidé de reprendre ses études à Montréal. Elle y a vécu dix ans. Aujourd’hui, elle ressent ce bouillonnement culturel montréalais à Dawson. « À Montréal, t’as l’impression d’être en voyage tout le temps. Je découvrais sans cesse des nouveaux endroits. On retrouve cet esprit à Dawson, ce côté multiculturel et vibrant. »

Des projets plein la tête

Son avenir, Magali le voit pluriel. « J’aimerais, dans l’avenir, partager mon année entre mes hobbies et ma vie professionnelle. Je ne peux pas avoir le même emploi pour une longue période; cela m’ennuie. » Elle aimerait s’occuper des gens et pratiquer le dessin en hiver, et voyager et plonger en mer l’été. De plus, elle aimerait commencer une formation en joaillerie. La seule limite à son projet est sa famille restée à Sherbrooke. Comme bon nombre de francophones, Magali est partagée entre deux territoires, son cœur étant au Québec et son esprit d’aventure au Yukon. Symbole de sa génération, Magali n’entend pas mener une vie de labeur. À 36 ans, elle a déjà vécu plusieurs vies. En quête de « son petit bout de paradis » depuis des années, elle l’a finalement trouvé. Il se trouve quelque part entre Jack London et Jeanne Mance.

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