Accueil » À la une » De Mayo à Keno, ça swingue cette année

De Mayo à Keno, ça swingue cette année

PartagerEmail this to someoneShare on Facebook6Tweet about this on TwitterShare on Google+0Pin on Pinterest0

Yves Lafond

Saint-Jean-Baptiste, le parc Robert-Service. Comme d’habitude, la foule réunie ici tiendrait dans une cafétéria. On est loin des Saint-Jean de Québec ou de Montréal. On n’en a pas la population non plus. Ben content comme ça. Mais il y aurait un peu plus de monde pour ce soir-là, je serais content aussi. Mais il y en avait assez que je connaissais pour boire une bière en bonne compagnie. Froggy, à la barbe qui allonge d’année en année, jasait avec Rémi, un des deux frères de Mendenhall. Il y avait aussi le Bertin de Caraquet avec qui j’ai passé une partie de la courte veillée. Entre parenthèses, ça finit dont bin de bonne heure les Saint-Jean à Whitehorse. Presque un sacrilège.

Pour en revenir à Bertin, depuis un an, il vit à Keno où il est en train de se bâtir un méchant domaine. Il m’a invité à venir faire mon tour pour le premier juillet. Léo Martel faisait fumer un cochon. Pour ma part, je me serais passé de ces cinq heures de route, je m’en viens pépère par bout, mais mon gars, nullement drainé par sa semaine passée à garder la pourvoirie d’un de nos amis au lac Aishihik, y tenait. Ça fait que, quand vint la fin de semaine, on est parti par là. C’était comme rien, là-bas, il n’y aurait pas de couvre-feu avant minuit. Le samedi en montant, j’ai commencé à me demander quel jour ça se passait exactement. Question qu’on aurait dû demander avant de partir. Bof! On verra ben rendu là. Une fois sur la route de gravelle entre Mayo et Keno, à voir le nombre de pick-up qu’on croisait, je me suis dit que le party était peut-être terminé et que tout le monde s’en revenait. Mais à voir la vitesse que tout le monde roulait, ça ressemblait plutôt à du monde pressé de sortir du bois pour aller fêter en ville. Ça passait par là. Assez, qu’il est devenu important de ralentir pour parer aux éventuelles sorties de courbe en glissade arrivant en face. C’était quoi ce cirque?

Au nord de Stewart Crossing, il se dit qu’il n’y a pas eu autant d’action depuis la Ruée vers l’or. Alors que l’activité minière reprend activement dans la région, Léo Martel (à dr.) a fêté la renaissance de Keno en faisant fumer un cochon. Photo : Yves Lafond


Une fois arrivés, ça grouillait de monde partout. Il fallait s’y attendre, c’était la grande de fin de semaine. Il y avait presque tous les frères de Léo. Juste ça, ça t’emplit une place. Mais toute sorte d’autre monde aussi, semblant être habitué d’être là. Il y avait quelque chose de différent flottant dans l’air. Pratiquement pas de touristes. Ils n’étaient pas habillés en touristes. Il y avait une effervescence que je n’avais jamais vue dans cette place. Ça n’a pas été long à comprendre que les nouveaux projets de mine (Victoria Gold/Eagle Project) et les anciens (Alexco/Elsa) qui redécollent, attirent toute une panoplie de monde absent depuis belle lurette.

Déjà, juste avant de partir, deux ou trois bribes d’information m’ont fait sentir qu’il se passait quelque chose par là. Apparemment, à Mayo, toutes les places pour dormir sont « bookées » pour les prochains mois. Il y aurait même maintenant un restaurant dans le village; c’est pour dire. Même chose pour le B&B à mi-chemin entre Mayo et Keno : « booké » pour un an, à gros prix à part ça. Le gars avait l’habitude de manger ses bas un an sur deux. Il est maintenant aux oiseaux. Mon voisin qui travaille pour Alkan Air m’a confié au moment de partir que sa compagnie a installé une base temporaire à Mayo. Air North y va aussi. Même affaire pour la compagnie d’excavation de mon coloc qui y a installé un campement. Son patron prête des chambres à d’autres compagnies dépourvues de place.

Le soir, le bar à Léo était plein : des ingénieurs, des arpenteurs, explorateurs et toute cette faune qui gravite normalement autour de cette activité. L’atmosphère y régnant va à la ville comme un gant. On voit bien qu’elle était née pour ça. Keno renaît de ses cendres. C’est beau à voir. La renaissance d’une ville est plus belle à voir qu’un enterrement. Je sais de quoi je parle. C’est excitant. Et moi, pas plus fin, je me suis laissé prendre par cette fièvre. Faire partie d’une des raisons par laquelle le Yukon vit est emballant. De retour en ville, je suis allé faire le tour des compagnies. Ça pas été long. On me rappelait dès le lendemain. Ça a été plus long à compléter la paperasse que d’organiser mon départ. Et encore là : la fille m’a donné mon dossier à moitié rempli en me disant qu’ils finiraient de le remplir au camp. Dans l’avion, j’en ai vu d’autres arrivant de l’Alberta sans un papier de signé.

Tout ça pour dire que je suis maintenant rendu à Victoria Gold sur une rotation de deux semaines on/deux semaines off. Depuis le temps que j’en rêvais de ce genre d’horaire. Je l’ai pas manqué cette fois-là. Moi aussi, je suis aux oiseaux. J’écris ces lignes de là. J’achève mon premier tour. Je prends l’avion demain pour Whitehorse pour les deux prochaines semaines. Astheure, on va avoir le temps d’en faire des affaires. On a dont ben fait d’aller manger du cochon chez Léo.

PartagerEmail this to someoneShare on Facebook6Tweet about this on TwitterShare on Google+0Pin on Pinterest0

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *