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De l’ombre à la lumière

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Thibaut Rondel

Près de trois mois après le lancement du Plan d’action fédéral pour les langues officielles, les journaux et radios communautaires attendent encore de recevoir les fonds qui leur sont destinés. On parle ici de deux enveloppes totalisant près de 15 millions de dollars qui devront être dépensés entre 2018 et 2023 pour venir en aide aux médias minoritaires et soutenir leur transition numérique.

Photo : Pixabay


Bien que l’urgence de la situation ait été clairement admise par le commissaire aux langues officielles, l’industrie des médias et les pouvoirs publics eux-mêmes, Patrimoine canadien se donne pourtant jusqu’au début 2019 pour élaborer l’encadrement des programmes qui devront permettre de soulager la pression qui pèse sur l’existence des médias locaux.

Au cœur des discussions se trouve un premier fonds de 10 millions de dollars destiné aux médias communautaires, que PCH peine encore à affecter malgré la précision des recommandations maintes fois formulées au cours des dernières années par un consortium officiel réunissant les organismes porte-parole des médias concernés, soit l’Association de la presse francophone (APF), l’Alliance des radios communautaires (ARC) du Canada et la Quebec Community Newspapers Association (QCNA), qui représente les journaux anglophones en situation minoritaire au Québec.

À l’heure actuelle, on ne sait toujours pas si ce fonds de 10 millions de dollars sera ainsi investi pour financer des projets spécifiques ou au contraire répondre aux besoins réels des médias, qui réclament en priorité une aide d’urgence pour soutenir leurs dépenses opérationnelles de base, par exemple l’impression et la distribution. Alors que de nombreux médias peinent aujourd’hui à assumer leurs frais de fonctionnement quotidien, il serait en effet totalement incohérent de préférer soutenir dans l’immédiat le financement de projets de développement.

L’échec financier du virage numérique de La Presse+ et la décision de Power Corporation de faire désormais du journal un organisme à but non lucratif ajoute à l’incertitude. Officialisé le mois dernier, ce choix opportun remet en effet en jeu la répartition de l’enveloppe fédérale. En s’invitant à la table à un moment stratégique, La Presse va naturellement réclamer une part significative du gâteau, et ce, au détriment des petits médias communautaires qui se sont activement battus pour l’obtention de ces aides.

Bien que l’utilisation des fonds contenus dans cette première enveloppe demeure donc nébuleuse, on en sait déjà un peu plus sur l’usage qu’il sera fait de la seconde enveloppe de 4,5 millions de dollars sur cinq ans. Une partie de l’argent devrait être débloquée d’ici cet automne afin de soutenir l’embauche de stagiaires dans les rédactions des médias minoritaires. Des critères d’embauche restrictifs sont cependant mis en œuvre pour soutenir la relève journalistique et favoriser l’emploi des jeunes diplômés, mais la mesure devrait tout de même apporter un peu d’air frais à nos salles de nouvelles qui sont nombreuses à avoir perdu des journalistes au cours des dernières années. Comme l’Aurore boréale, plusieurs journaux communautaires canadiens n’ont en effet plus d’autre choix que de recourir à des pigistes locaux travaillant au coup par coup sur des sujets ponctuels. À cette diversité nécessaire à la nature communautaire de nos médias minoritaires, le travail d’un journaliste professionnel reste toutefois un complément essentiel, gage de professionnalisme et de crédibilité pour nos journaux. Nous en saurons plus à la rentrée. D’ici là, toute l’équipe vous souhaite un bel été!

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