Accueil » À la une » De la laine à la baleine

De la laine à la baleine

De la laine à la baleine

Fred Lauk

Une nouvelle boutique vient d’ouvrir ses portes dans le centre commercial en bas de la rue Main (mais si, vous savez, là où se trouve le Baked Café), une boutique où on vend de la laine, et qui nourrit un bien beau projet.

Ça y est, « itsy bisty » n’est plus seulement le début d’une comptine anglophone ou le titre d’une chanson de Johnny Hallyday au temps des yéyés (« Son petit itsy bitsy teenie weenie, tout petit, petit, bikini qu’elle mettait pour la première fois »), mais depuis mi-avril le nom du nouveau magasin de laine de Whitehorse.

À l’origine de ce projet sont deux francophones, Sophie et Yann. Et ces deux-là font la paire. Elle est Québécoise, il est Français, elle aime le jardin, il aime les voyages. Ils font partie de ces passionnés qui ont tenté l’aventure au Yukon. Ils se sont rencontrés un été au hasard de leurs pérégrinations lors d’un emploi de cueilleur à l’autre bout du monde. Depuis, ils ont voyagé aux quatre coins de la Terre (une croyance populaire française veut que chez les Bretons, le voyage soit quasiment génétique!), jusqu’à poser leurs valises à Whitehorse.

Sophie a développé un attrait particulier pour le tricot (CQFD), réalisant ses habits et accessoires, teignant elle-même la laine à l’aide de colorants naturels (écorces d’arbre, épices, etc.), puis avec la fermeture du magasin de laine Knit Now est venue l’idée.

Dans ce magasin, appelé itsy-Bitsy à cause de la modestie de sa surface et aussi son caractère « mignon », dixit les nouveaux propriétaires, on trouve de la laine en pelote ou en tresse (à filer soi-même si on est plus dégourdi que la Belle au bois dormant), mais aussi des accessoires et des bijoux fantaisie. En effet, des artistes locaux proposent leurs créations (entre autres, notre correctrice Françoise La Roche), et même des produits rares tels que de la laine de qiviuq, la « Rolls » des fibres issues du bœuf musqué.

Les sympathiques francophones mettent un point d’honneur à utiliser des produits naturels issus du développement durable. Les fibres sont teintes chez eux avec des produits naturels de leur composition, blanchies sans eau de javel, les matières premières viennent préférentiellement du Canada. Bref, on est dans de l’artisanat responsable et de qualité.

Il n’en fallait pas plus pour attirer la Northern Fiber’s Guild à s’associer à la boutique. Car itsy-Bitsy proposera également des ateliers de création de tricots, gants, coloration de fibres.

Car, si tricoter ses propres habits est gratifiant et assez populaire, ce n’est pas si simple. Si Sophie est autodidacte, elle précise que pour trouver son style, son approche artistique ou même simplement maîtriser le sacro-saint « une maille à l’endroit, une maille à l’envers », « YouTube est ton ami! » À bon entendeur.

Mais cette belle entreprise a un dessein : un bateau. « C’est encore une autre aventure », explique Yann, les yeux brillants. Pour les dynamiques commerçants, le voyage est un des moteurs de leur vie. La vente de laine les mènera de fil en aiguille à l’achat de leur rêve : un voilier. Avec celui-ci, ils pourront explorer encore bien d’autres recoins du monde. Leurs diplômes de moniteur de plongée pourront assurer une rente subsidiaire. Tout en revenant parfois au Yukon.

On leur souhaite tout plein de bonheur!


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *