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De la géologie à l’art en un coup de pinceau

Les nouvelles banderoles touristiques du Yukon ont été dévoilées. On retrouve parmi celles-ci l’œuvre d’Ester Bordet, artiste yukonnaise originaire de France, qui tenait à profiter de l’occasion pour rendre hommage aux femmes exploratrices du territoire.

Esther Bordet se dit heureuse d’avoir fait plus de place à la création artistique dans son quotidien yukonnais.
Photo : fournie

 

Être une femme et décider de travailler dans un milieu traditionnellement masculin n’est pas toujours facile. Celles qu’on retrouve dans l’industrie de l’exploration minière en savent quelque chose.

C’est la reconnaissance du travail de ces femmes que l’artiste yukonnaise Esther Bordet a voulu mettre en image sur l’une des nouvelles banderoles touristiques du gouvernement du Yukon. « Je me suis inspirée d’abord des femmes qui ont participé à la ruée vers l’or. J’ai créé une œuvre en hommage à ces femmes et à celles qui participent à l’exploration de ce territoire », raconte Esther Bordet, qui a elle-même une formation en géologie.

C’est d’ailleurs à titre de géologue que l’artiste a mis les pieds pour la première fois au Yukon. C’était en 2014 et la Française d’origine, qui habitait à Vancouver à l’époque, est rapidement tombée sous le charme. En 2015, elle revient s’installer, mais cette fois-ci de façon permanente.

En 2019, elle décide de chambouler sa vie en se consacrant pleinement à sa passion artistique. « Je ne voulais plus pratiquer l’art comme un simple passe-temps. J’avais envie de me consacrer à l’art à temps plein et de continuer mon travail de géologue qu’à temps partiel, l’été », souligne-t-elle. « L’art a toujours été dans ma vie. C’était tout simplement le bon moment quand je suis arrivée au Yukon pour lui faire plus de place », confie-t-elle.

Un parcours académique de la France au Canada

L’idée de venir étudier au Canada lui est venue d’une amie à l’université. Cette dernière faisait des démarches pour intégrer un programme d’échange entre la France et le Québec afin de poursuivre ses études en géologie dans la Belle Province. L’idée a plu à Esther Bordet, qui a décidé d’en faire de même.

Elle poursuit ensuite sa formation à Vancouver où elle complète sa maîtrise en géologie. C’est d’ailleurs à ce moment-là qu’elle décide d’entamer les démarches afin d’obtenir dans un premier temps sa résidence permanente en 2007, puis sa citoyenneté canadienne en 2015. « Je n’ai pas eu de soucis pour obtenir ma résidence. Tout s’est passé relativement rapidement. Toutefois, pour ce qui est de ma citoyenneté, ça a été un processus beaucoup plus long et frustrant. On peut se sentir impuissant par moment. Ça prend beaucoup de patience, mais au bout du compte je suis vraiment contente que ce soit fait. »

L’encre comme matière de création

Déjà lorsqu’elle était en France, Esther Bordet était habitée par un besoin de créer. Et bien que le début de sa carrière ait été marqué par l’utilisation de la peinture acrylique, c’est aujourd’hui l’utilisation de l’encre de Chine et tout récemment celle des encres de couleurs qui stimulent son processus de création.

« J’aime le contact de l’encre avec le papier. Les encres réagissent très rapidement, explique-t-elle. Son utilisation donne une imprévisibilité dans le dessin qui est excitant. Et puis je me dis que si je rate mon coup, je n’aurai qu’à recommencer tout simplement. »

C’est l’utilisation de l’encre qui a amené l’artiste à s’intéresser à la création de bandes dessinées. Ces dernières années, elle a d’ailleurs décidé de se perfectionner dans ce domaine en suivant différentes formations. L’intention derrière cette démarche est de se lancer dans le projet d’envergure d’un récit familial qu’elle mijote depuis longtemps.

Sur les traces d’un grand-oncle géologue

L’enfance d’Ester Bordet a été peuplée par les histoires fascinantes d’un grand-oncle de la famille. Sa profession de géologue l’avait à l’époque amené à travailler en 1954-55 au Népal, où il a continué de vivre pendant 20 ans. « Un jour, mon père a mis la main sur les photos prises par ce grand-oncle et a décidé des digitaliser. J’ai été agréablement surprise par la qualité de ces photos et intriguée à la lecture des notes qu’il avait également laissées. Ça m’a rapidement donné le goût de retourner sur ses traces au mont Makalu, au Népal », raconte celle qui était sur les lieux en janvier dernier, afin de prendre une série de photos, inspirées de celles prises par ce grand-oncle près de 70 ans plus tard.

C’est lors de ce voyage que l’artiste yukonnaise commence à réfléchir à un projet de bande dessinée, créé à partir de son expérience personnelle et connectée temporellement par le dessin au passage de son grand-oncle. « J’ai une histoire sur laquelle m’appuyer et c’est inspirant, révèle Esther Bordet. Ce projet me passionne tellement que peu importe le temps que ça prendra pour le rendre à terme, j’ai le goût de le réaliser. »

Les gens qui sont curieux et qui voudraient en connaître davantage sur l’œuvre d’Esther Bordet peuvent se rendre sur son site Web au estherbordetpainting.com

ou visiter sa boutique en ligne estherbordetpainting.square.site

Quelques-unes de ses œuvres se retrouvent également à la galerie Arts Underground au centre-ville de Whitehorse.

Ce publireportage a été réalisé grâce à la contribution financière d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada.

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