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Dawson s’ouvre à la Yukon Quest

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Christopher Scott

C’est sur fond de paysage blanc accidenté et dans une ambiance de Mi-Carême qu’ont été accueillis la semaine passée, à Dawson, les compétiteurs de la 32e édition de la Yukon Quest.

Arrivé en première position à Dawson, le musheur Brent Sass a repris la route vers Eagle après 24 heures de repos. Photo : Christopher Scott.

Arrivé en première position à Dawson, le musheur Brent Sass a repris la route vers Eagle après 24 heures de repos. Photo : Christopher Scott.

Située à 726 kilomètres de la ligne de départ, Dawson définit la mi-temps et a servi d’arrêt obligatoire de 24 heures pour les participants de l’annuelle course de chiens de 1 600 kilomètres reliant Whitehorse à Fairbanks. Le trajet a amené les athlètes sur des étendues de toundra, de glace et de forêt boréale. Quittant la capitale du Yukon le 7 février, les musheurs se sont rendus à Dawson au terme de trois à cinq jours en relevant des défis importants : à l’approche de la ville, ils ont parcouru le tronçon le plus étendu de toute la course (soit 323 kilomètres) sans point de ravitaillement, et ont gravi le sommet de King Solomon’s Dome, haut de 1 200 mètres. Cette année, la vague de froid intense ainsi qu’une accumulation de neige de plusieurs centimètres durant les premiers jours de la compétition se sont ajoutées à leurs labeurs.

Signalons que lors de compétitions de ce genre, il est habituel pour les musheurs de « pédaler », c’est-à-dire de s’exercer physiquement pour soutenir leurs équipes en poussant du pied dans la neige derrière le traîneau. Inspectés régulièrement à des points de contrôle, les athlètes sont également obligés de garder sur eux en tout moment des articles de survie, dont une hache et un sac de couchage. Pendant cette course d’ailleurs, la plupart se sont effectivement vu contraindre, à un moment ou un autre, de dormir à la belle étoile.

Malgré ces épreuves, bon nombre de musheurs ont affiché bonne mine et ont semblé surfer sur l’euphorie au moment d’arriver à Dawson. C’est le cas du Québécois d’origine Normand Casavant qui s’est permis de descendre de son traîneau pour esquisser quelques pas de danse et fredonner une chanson folklorique canadienne-française, ou de l’Alaskane Ryne Olson qui s’est réjouie grandement d’avoir fêté son vingt-sixième anniversaire sur la piste.

C’est également le cas du réalisateur français Nicolas Vanier, âgé de 52 ans, connu pour ses multiples films, dont Le Dernier Trappeur, tourné en milieu nordique, qui s’est permis de se lancer dans cette course compétitive après plusieurs expéditions en traîneau à chiens effectuées en Sibérie et à travers le monde. Classé parmi les derniers, et ayant dû mettre de côté cinq de ses quatorze chiens en raison de blessures, monsieur Vanier a néanmoins rayonné d’enthousiasme au moment de freiner devant le point de contrôle de Dawson jeudi matin. Interrogée quant au moment le plus dur de son parcours, la célébrité a répondu avec un brin de modestie : « Puis le sommet [de King Solomon’s Dome]. Pour mon âge, ça devient difficile. Avec neuf chiens, il a fallu que je marche tout le temps, quoi! Quand j’étais au pied du Salomon’s Dome, le moral n’était pas au mieux. Quand je suis arrivé au sommet, ça allait mieux. »

Le réalisateur français Nicolas Vanier. Photo : Johan Demarle.

Le réalisateur français Nicolas Vanier. Photo : Johan Demarle.

Pour les Dawsoniens, la Quest a fourni une précieuse occasion de sortir de l’isolement hivernal. Habituellement fermé d’octobre en avril, le centre d’accueil aux touristes, situé sur la Première Avenue, s’est transformé en quartier général et est resté ouvert 24 heures sur 24 pendant la durée de l’événement. Le bâtiment s’est converti en lieu de rencontres sociales et est devenu populaire auprès des étudiants de l’École des arts visuels venus profiter des repas chauds bon marché servis à la cantine. En tout, une quarantaine de bénévoles — gens de Dawson comme de l’extérieur — sont venus faciliter tous les aspects de l’événement.

Une fois arrivées en ville, les équipes ont été dirigées vers le camping du gouvernement situé sur la rive ouest du fleuve Yukon. Là où les chiens ont subi un examen vétérinaire et d’où ils ont été autorisés à repartir après un repos de 24 heures. En face du camping, des escarpements givrés et une surface de glace bleutée se fondant à l’horizon donnaient à songer aux défis qui attendaient les athlètes sur le chemin de l’Alaska.

Enfin, des 26 équipes qui sont parties de Whitehorse, dix-neuf sont restées dans la course et étaient arrivées à Dawson, ou reparties, ou encore programmées pour le faire au moment d’écrire ces lignes le 13 février. Parmi ces cas, on remarque quelques faits divers :
• Avec une avance de six heures sur son plus proche rival, c’est l’Alaskan Brent Sass, 35 ans, d’Eureka, qui s’est rendu le premier au point de contrôle à 15 h 1 le mardi 10 février. Il est reparti exactement 24 heures plus tard, affichant son intention de participer ultérieurement à une deuxième course de chiens, soit l’Iditarod qui parcourra dès le mois de mars la distance entre les villes de Fairbanks et Nome, sur le détroit de Bering, en Alaska.
• Seul Dawsonien dans la course, Brian Wilmshurst, 32 ans, est arrivé quant à lui en douzième position, se rendant au point de contrôle à 21 h 50 le mercredi 11 février. Il est reparti à la même heure le lendemain sous les encouragements d’une douzaine de ses amis.

Le Dawsonien Brian Wilmshurst à son départ de Whitehorse. Photo : Kamila Kielar.

Le Dawsonien Brian Wilmshurst à son départ de Whitehorse. Photo : Kamila Kielar.

Signalons qu’après Dawson, le prochain arrêt pour les musheurs se trouvait à Eagle, en Alaska, située à quelque 160 kilomètres.

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