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Dawson face à la pénurie de main-d’œuvre saisonnière

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Agnès Viger

Depuis deux ans, les saisonniers se font rares à Dawson. En une année, l’agence d’emploi Klondike Outreach a observé une baisse de 18 % des personnes faisant appel à leur service. En fin d’été, la pénurie de travailleurs continue de se faire ressentir. « Nous pouvons dire que les emplois de serveur, employé d’entretien, cuisinier et plongeur ont été difficiles à combler cet été », rapporte Juanita Nakashima, employée au Klondike Outreach.

Une pénurie justifiée

Les travailleurs rencontrent des difficultés avec la crise du logement. Certains saisonniers sont logés par leur employeur, les autres dorment sous la tente, dans un van, en colocation ou une caravane. « Les travailleurs indiquent que trouver un logement pour l’été est difficile. C’est la raison principale de leur départ », explique Mme Nakashima. « Quand tu habites dans une tente, tu ne te sens pas assez propre. Je ne pouvais pas travailler en contact avec des clients et je faisais donc du ménage », témoigne Andréanne Bélanger, saisonnière à Dawson en 2016.

Le restaurant Sourdough Joe’s était en manque de personnel pendant toute la saison. Photo : Genséric Morel

Le restaurant Sourdough Joe’s était en manque de personnel pendant toute la saison. Photo : Genséric Morel


La situation géographique de Dawson est aussi problématique. S’y rendre est souvent coûteux et chronophage. Enfin, la situation économique de la ville pose problème. Le coût de la vie est élevé et il est compliqué de travailler à l’année, la majorité des commerces étant fermés l’hiver.

Rencontre avec Guillaume, travailleur saisonnier au Casino

Le Québécois Guillaume Couture a passé deux automnes à Dawson, mais c’est la première fois qu’il vient en été. Il travaille au casino 40 heures par semaine et cela lui suffit. « J’ai besoin de passer du temps sur mes projets, sinon je vire fou », avoue Guillaume. « En fin de saison, les gens qui cumulent les jobs sont proches du burn-out », ajoute-t-il.

Il y a une semaine, Guillaume Couture a emménagé dans une maison après avoir passé l’été sous la tente. Il est portier, mais travaille aussi au bar et au restaurant. Photo : Genséric Morel

Il y a une semaine, Guillaume Couture a emménagé dans une maison après avoir passé l’été sous la tente. Il est portier, mais travaille aussi au bar et au restaurant. Photo : Genséric Morel


« Vivre un été ici m’a surpris. Il y a une progression dans les activités, en fonction de la météo et de l’énergie des gens. En début de saison, il y a de gros partys avec beaucoup d’ambiance et de débordement. Maintenant, les gens sont épuisés, ils se retrouvent autour de feu de camp pour discuter », raconte Guillaume.

D’après lui, si les saisonniers sont moins nombreux cette année, c’est à cause du comportement de certains employeurs. « Il faut être traité humainement, pas comme des serviteurs. Avoir une relation respectueuse au travail est le secret d’une équipe de saisonniers qui s’impliquent », dit-il. L’expérience des saisonniers est essentielle pour s’assurer qu’ils reviennent. D’après un sondage de l’organisation de développement du Klondike, 74 % des saisonniers ont entendu parler de Dawson grâce à leurs proches. Un mauvais bouche-à-oreille peut rapidement avoir une incidence négative sur le recrutement d’été.

Hélène, saisonnière qui cumule les emplois

Cela fait trois saisons qu’Hélène, une Française originaire de Strasbourg, vient à Dawson pour l’été. « J’étais étudiante en Ontario. Je cherchais à voyager pour l’été et je n’avais pas un gros budget. Des amis m’ont parlé de Dawson en pensant que ça me plairait », explique-t-elle. Cette année, elle est revenue pour faire des économies, mais aussi pour profiter de l’ambiance particulière de la ville.

Au pic de la saison, elle a jonglé avec quatre emplois en tant que cuisinière, serveuse, plongeuse et employée sur un bateau touristique. « Travailler dans la restauration permet de faire des économies, ça fait un repas gratuit », ajoute-t-elle.

Ce qui lui plaît plus particulièrement en été, c’est rencontrer d’autres saisonniers. « Ce sont des gens que tu n’aurais pas croisés autrement. La relation est plus sincère, spontanée. On ne pense pas au lendemain. Quand tu commences un boulot à long terme, tu es beaucoup plus réservée, par peur du jugement », raconte-t-elle. Hélène va essayer de rester cet hiver, dans un des rares établissements ouverts hors-saison.

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