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Dans « L’Esprit de l’ours » avec la guide Karine Genest

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Nelly Guidici

Guide d’expédition depuis plus de 20 ans, la Yukonnaise Karine Genest s’est lancée dans un nouveau défi : celui de produire un documentaire de 52 minutes sur les trois espèces d’ours présentes au Canada.

Le documentaire de Karine Genest L’esprit de l’ours sera diffusé à l’automne 2018 sur la chaîne Unis TV. Photo : Karine Genest


Productrice, mais aussi animatrice, Karine Genest a collaboré avec le diffuseur Unis TV. « On est en train de faire le premier montage, indique Mme Genest, mais le documentaire intitulé L’Esprit de l’ours devrait être à l’écran à la fin de l’automne 2018. »

Guide d’observation d’ours polaires dans la ville de Churchill au Manitoba  depuis 2010, Karine Genest a toujours exprimé une passion forte pour la faune et la flore, et ce, depuis son enfance. Sensibilisée à l’éthique « sans trace » lors de ses expéditions, elle se prononce régulièrement lors de conférences sur la protection des rivières sauvages et sur le bon comportement à adopter lorsque l’on se trouve au pays de l’ours. Dans la continuité de sa démarche, c’est tout naturellement qu’elle a contacté la chaîne Unis TV afin de leur vendre son projet de documentaire. « Je veux rester dans le naturel, car c’est ce que je fais quand je guide. Comme je suis guide d’observation d’ours polaires et de grizzlis, c’était plus facile pour moi de commencer par un sujet que je connais déjà », explique-t-elle.

Espèces d’ours et mythes autochtones

La particularité de ce documentaire réside dans le fait de présenter les trois espèces d’ours, l’ours esprit — ou l’ours noir d’Amérique du Nord — le grizzli et l’ours blanc dans un seul documentaire, en apportant une perspective autochtone basée sur les mythes ancestraux des Premières Nations et de leur conception du monde avec les ours.

En effet, les interventions de scientifiques ou d’experts, membres de Premières Nations ou non, intègrent une vision inédite du lien qui unit l’ours à l’homme de façon générale. Au Yukon, c’est en présence de Chuck Hume, Aîné du village de Klukshu à l’ouest de Haines Junction, que l’animatrice a choisi de filmer des grizzlis dans les montagnes du parc national Kluane.

Finalement, il y a eu peu de difficultés techniques lors des prises de vues. « Par rapport aux animaux, on a été chanceux et même choyés, explique Mme Genest, on aurait pu ne pas en voir et on en a vu chaque fois. Au Yukon, on devait s’adapter au rythme des saumons, avec les documentaires nature il y a beaucoup de « dernière minute », l’horaire de tournage est préparé, mais il y a beaucoup d’adaptation pour coller à la réalité du terrain. »

En Colombie-Britannique où les ours esprit ont été filmés, l’animatrice a dû anticiper les problèmes techniques dus aux conditions météorologiques.

« Pour la température, c’est sur la côte ouest que ça a été le plus difficile, car il pleuvait et ça nous a demandé plus d’organisation pour éviter l’apparition de buée sur la lentille de la caméra », se souvient-elle.

Le tournage des ours polaires à Arviat au Nunavut et Churchill au Manitoba a eu lieu au mois d’août 2017. Les mouches noires, partie intégrante du paysage, n’ont cependant pas compliqué la situation. C’est plutôt sur le plan de la logistique et des déplacements en avion que Karine Genest a dû anticiper : « On a toujours une crainte que les bagages ne suivent pas et je suis toujours stressée. Je prévoyais une caméra, une batterie et un chargeur dans mon bagage à main. »

Pour une prise de conscience

L’objectif de ce documentaire, sans pour autant apporter de pistes concrètes, tente de montrer au téléspectateur que les effets du réchauffement climatique ne sont plus à démontrer dans l’Arctique et que les comportements des ours blancs ont déjà commencé à changer. En effet, des observations faites dans le cadre d’études scientifiques ont montré que le régime alimentaire des ours blancs de Churchill s’est par exemple modifié pour inclure des œufs d’oiseaux migrateurs qui nichent sur la côte ouest de la baie d’Hudson.

« Le documentaire démontre qu’il est possible de coexister avec les ours. Un message unissant toutes les espèces et toutes les légendes se profile à l’horizon : nous partageons tous ce monde et il est de notre devoir de le respecter et de le protéger », conclut Mme Genest.

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