Accueil » À la une » Dame nature, la généreuse!

Dame nature, la généreuse!

Maryne Dumaine

Avec les beaux jours, les bourgeons pointent leur nez, offrant sous nos yeux des trésors aux vertus multiples et variées. Si vous suivez les médias sociaux, vous aurez peut-être trouvé quelques fiches descriptives des plantes à récolter en ce moment, mises en ligne par la Première Nation des Tr’ondëk Hwëch’in. Autre source fiable d’information au sujet des plantes locales : le livre de Beverley Gray The Boreal Herbal. Les ouvrages de référence yukonnais ne manquent pas.

Les églantiers fournissent des fleurs délicieuses et des fruits qui font des sauces excellentes.
Photo : Maryne Dumaine

 

Voici une petite sélection saisonnière; de quoi agrémenter vos bons petits plats en camping ou préparer quelques remèdes pour les saisons prochaines.

Le pissenlit (Taraxacum officinale)

Le pissenlit est une plante relativement controversée. Si amateurs de pelouse bien verte et uniforme espèrent s’en débarrasser, elle est pourtant d’une utilité sans équivoque. Riche en vitamines A, B, C et E, en fer, en calcium et en potassium, elle contient aussi de l’insuline qui stimule le système immunitaire. Son thé abaisse les taux de sucre et de cholestérol et la pression sanguine, réduit l’inflammation, est antibiotique et favorise la perte de poids. Les jeunes feuilles peuvent être consommées en tisane ou en salade, les fleurs peuvent vous fournir confitures et sirops tandis que les racines séchées et rôties peuvent substituer le goût du café!

L’épilobe (Chamerion angustifolium)

Plante symbolique du Yukon, l’épilobe n’est pas qu’ornemental. Les jeunes pousses peuvent être mangées en salade ou apprêtées comme des asperges. La plante complète offre une excellente tisane, riche en vitamines A et C. Les longues feuilles vertes peuvent être ajoutées à des sautés ou même fermentées. Les fleurs sont excellentes en gelée ou ajoutées aux salades estivales.

L’épinette (Picea glauca et mariana)

Si les bourgeons d’épinette sont déjà bien matures près de chez vous, vous pourriez en trouver de plus jeunes lors de randonnées en altitude. Leurs vertus sont presque sans limites : en tant que cosmétique, dans un bain ou en bain de vapeur, en baume, en gelée, en salsa… Ses agents antimicrobiens et antiseptiques en font une boisson recommandée en cas de congestion respiratoire, surtout pulmonaire.
L’infusion est cependant à éviter pour les femmes enceintes, et dans tous les cas, à consommer avec modération.

Les églantiers ou rosiers sauvages (Rosa acicularis)

Comme les pissenlits et les épilobes, la plante complète peut être utilisée, des racines aux fleurs, en passant par les bourgeons et les feuilles. Les fruits rouges quant à eux seront à récolter à l’automne, excellent dans la concoction d’une sauce qui accompagnera à merveille la traditionnelle dinde, par exemple.
En tisane, séchés, les fruits vous apporteront de la vitamine C tout l’hiver. (À éviter avant l’heure du coucher!) Les pétales sont également délicieux et très décoratifs dans des salades.

L’achillée millefeuille (Achillea millefolium)

Toute la plante est utilisable également, mais il est préférable d’attendre que les fleurs soient ouvertes pour la récolte. Antibactérien, anti-inflammatoire, astringent, digestif, diurétique, emménagogue (aide à réguler les menstruations), expectorant et fébrifuge (aide à apaiser la fièvre), cette plante est un autre trésor de Dame nature au Yukon.
Pour en tirer les vertus, une simple tisane de feuilles et de fleurs suffira. Il est aussi possible de la laisser plusieurs semaines dans du vinaigre que vous consommerez autant pour ses valeurs nutritives que pour assaisonner les salades!

Autres plantes à récolter au Yukon

– Thé du labrador

– L’ortie (feuilles)

– Les baies et les aiguilles de genévrier

– La sauge sauvage

– Les feuilles de fraisier

– Les feuilles de framboisier

– L’écorce de saule

Les teintures mères et les huiles de plantes sont très simples à réaliser et constituent des bases pour des préparations médicinales.
Photo : Maryne Dumaine

 


Recettes

Baume à la sève d’épinette

– ½ t de sève d’épinette

– 1 t d’huile d’olive

– 2 c. à soupe de cire d’abeille

Mélanger la sève et l’huile d’olive au bain-marie, filtrer les impuretés et ajouter la cire. Attention à ne pas faire tomber de gouttes d’eau dans la préparation. Mettre dans un contenant et attendre le refroidissement avant de fermer le couvercle.

À utiliser sur des égratignures, des coupures ou contre les douleurs.

Gelée de pétales de roses

– 1 ½ t de pétales de roses sauvages

– 2 t d’eau

– 1 t de sucre

– Jus de ½ citron

– 2 sachets de pectine

Faire bouillir les pétales dans l’eau jusqu’à ce qu’ils deviennent blancs. Laisser refroidir (ou même infuser pendant la nuit). Filtrer l’eau ainsi obtenue. Ajouter le sucre et le jus de citron (le liquide devrait redevenir rose).
Porter à ébullition. Ajouter la pectine et porter de nouveau à ébullition (ou suivre les instructions du sachet). Laisser bouillir jusqu’à consistance sirupeuse.
Ajouter un bouton de rose dans chaque contenant (n’oubliez pas de stériliser vos contenants) avant de fermer. Scellez vos pots une fois fermés dans de l’eau bouillante.

 

Sources :

The Boreal Herbal, Beverley Gray

Page Facebook du gouvernement des Tr’ondëk Hwëch’in (avec autorisation).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *