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Covid-19 : les Jeux d’hiver de l’Arctique 2020 n’auront pas lieu

Maryne Dumaine

Le 7 mars dernier, 24 heures après que les athlètes aient reçu leurs uniformes, le comité organisateur des Jeux d’hiver de l’Arctique 2020 à Whitehorse, le gouvernement du Yukon, la Ville de Whitehorse et la médecin-hygiéniste en chef par intérim du Yukon ont annoncé l’annulation des Jeux. Cette compétition sportive internationale devait réunir, du 15 au 21 mars, près de 2 000 personnes issues des régions nordiques de la planète dans 21 sports différents.

Dre Catherine Elliott, la médecin en chef par intérim.
Photo : Julien Latraverse

 

« Il a été déterminé que l’annulation des Jeux constituait la mesure de précaution la plus responsable pour répondre aux préoccupations liées à la propagation de la maladie à coronavirus (COVID-19) », pouvait-on lire dans le communiqué.

Si les organisateurs et co-organisateurs se disent « déçus d’avoir eu à prendre cette malheureuse décision », ils insistent cependant sur le fait que le Yukon est prêt à gérer un risque potentiel de cas de COVID-19 dans le territoire.

Une conférence de presse a été organisée à peine quelques heures suivant l’envoi du communiqué. Lors de cet événement, Dre Catherine Elliott, la médecin en chef par intérim, a rappelé qu’il n’y a actuellement aucun cas de Coronavirus au Yukon. (Ce qui était toujours le cas au moment d’écrire ces lignes.)

« Je fais cette recommandation dans l’intérêt de la santé et de la sécurité des Yukonnais, de tous les athlètes, du personnel, des bénévoles et des familles, ainsi que du public résidant dans toutes les régions circumpolaires d’où viennent les participants et les visiteurs », a-t-elle déclaré. « La COVID-19 est une maladie contagieuse qui se propage rapidement d’une personne à l’autre par les sécrétions des voies respiratoires. Dans un contexte comme celui des Jeux d’hiver de l’Arctique, même un cas suspect pourrait avoir des conséquences graves. C’est avec une profonde tristesse que j’ai dû faire cette recommandation », conclut-elle.

Trois jours précédant cette annonce, le comité organisateur déclarait pourtant par voie de communiqué que toutes les mesures (salles d’isolement, réserves de désinfectant et de mouchoirs jetables) étaient prises pour assurer la santé des participants et des bénévoles pendant les Jeux. La question à savoir ce qui avait changé durant ces trois jours a été posée durant la conférence de presse. La médecin en chef estime que les chiffres concernant la propagation du virus ont augmenté et de ce fait, le taux d’acceptabilité du risque pour le Yukon a été franchi. Les organisateurs ont également soulevé le caractère anxiogène de la tenue des Jeux auprès de la population du Yukon en relation avec le virus. « Nous avons constaté une montée de comportement anxieux, notamment les gens qui font des réserves », a indiqué la médecin en chef.

Le 12 mars dernier, le département de Santé et Affaires sociales du gouvernement du Yukon a de nouveau rassemblé les médias pour faire un point au sujet du virus. « Pour l’instant, le risque de contracter le virus reste faible au Yukon », rappellent les officiels lors de cet événement qui se voulait surtout un « appel au calme ».

Au-delà des déceptions sportives, les conséquences économiques de l’annulation des Jeux d’hiver de l’Arctique seront sans doute considérables. Les moyens d’y pallier n’ont pas encore été annoncés, mais les organisateurs et les représentants du gouvernement ont déclaré qu’ils travaillaient actuellement sur cette question.

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