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Courir en hiver : tout un défi

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Kelly Tabuteau

Cette année, la Yukon Arctic Ultra, la course de l’extrême hivernale du Yukon, a pris un tournant particulier à cause d’une météo très compliquée, lorsque l’organisation a pris la décision d’annuler la catégorie 692 kilomètres (jusqu’à la ville de Dawson). Les températures glaciales — oscillant entre -35 °C et -50 °C — ont eu raison d’un grand nombre de coureurs qui ont finalement dû abandonner après avoir parcouru le marathon jusqu’au chenil de Muktuk. En fin de compte, quatre compétiteurs achèveront les 160 kilomètres (terminant à Braeburn), trois autres continueront jusqu’à Pelly Farm, mais seulement un athlète finira la distance de 480 kilomètres. Des résultats de cette édition 2018, il est légitime de s’interroger quant à la survie des courses à propulsion humaine en hiver, puisque celles-ci sont soumises aux caprices de Dame Nature!

Virginia Sarrazin, lors de la Susitna100. Les -25 °C et la longue distance ne l’empêchent pas de garder le sourire. Photo fournie


Prendre exemple sur les voisins alaskiens

Virginia Sarrazin, passionnée de course à pied et instigatrice de l’unique ultra-marathon du Yukon dont le départ de la deuxième édition est prévu le 1er juillet 2018, s’est tournée depuis quelques années vers les courses d’hiver en Alaska. De retour de la Susitna100, elle se confie sur les raisons de ce choix : « En Alaska, ce type de course est très populaire : il y a donc un plus grand choix. Elles sont souvent organisées avec plus de points de contrôle, ce qui me permet de courir plus légèrement, ce que j’apprécie grandement. » Cette course de 160 kilomètres, au nord d’Anchorage, est accessible aux cyclistes, aux coureurs et aux skieurs. Elle emprunte des « autoroutes » pour motoneiges, des sentiers de traîneaux à chiens ou des rivières gelées, donnant ainsi peu de dénivelés au tracé. Outre la difficulté physique d’achever une telle course, c’est le mental qui est mis à rude épreuve, car, parfois, les compétiteurs ont l’impression de faire du surplace tellement la vue est dégagée.

Et au Yukon, alors?

Au Yukon, à part l’Arctic Ultra, il n’existe pas vraiment de course hivernale mêlant tous les moyens de déplacement à propulsion humaine. On trouve des défis pour les skieurs, mais rien pour les amateurs de course à pied. Alors, un groupe de pratiquants s’est peu à peu développé autour de la Moonlight Runners Society. Si au départ ce n’était qu’un rendez-vous mensuel pour courir les nuits hivernales de pleine lune, l’intérêt grandissant a permis d’organiser des sorties plus régulièrement. Virginia Sarrazin s’en réjouit : « Cet hiver, j’ai enfin l’occasion de ne pas courir seule! C’est une grande première et c’est encore plus stimulant. » Le succès de cette « société secrète » est tel qu’une délégation yukonnaise de cinq coureurs s’est rendu la fin de semaine dernière à Fairbanks pour prendre part à la course Chena River to Ridge, près de Fairbanks en Alaska, pour le 40 kilomètres.

On peut donc tout à fait courir en hiver. Bien sûr, il est primordial de faire attention à la météo et au terrain sur lequel on s’aventure si l’on ne veut pas se mettre en danger. Rejoindre un groupe est toujours plus sécuritaire quand on a peu d’expérience en la matière. Source de motivation et d’apprentissage, cela permet de continuer son activité estivale pendant la saison froide. On peut retrouver toutes les propositions de sorties de la Moonlight Runners Society sur le groupe Facebook du même nom.

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