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Courage, dignité et résilience

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Natasha Harvey, Les EssentiElles

Si nous voulons comprendre la violence, nous devons commencer par comprendre comment les femmes réagissent et résistent à la violence tous les jours.

C’était le message du Dr Allan Wade et de la Dre Cathy Richardson du Centre for Response — based Practices qui étaient à Whitehorse la semaine dernière pour le présenter au forum du Conseil consultatif sur les questions touchant les intérêts de la femme du Yukon (CCQTIF/YACWI) sur le thème « Au-delà de la violence : Répondre à la violence interpersonnelle au travail, à la maison et dans la communauté ».

Cathy Richardson et Allan Wade étaient de passage à Whitehorse dans le cadre du forum du Conseil consultatif sur les questions touchant les intérêts de la femme du Yukon. Photo : fournie.

Cathy Richardson et Allan Wade étaient de passage à Whitehorse dans le cadre du forum du Conseil consultatif sur les questions touchant les intérêts de la femme du Yukon. Photo : fournie.

Les deux invités, experts en matière de violence faite aux femmes, ont partagé des histoires de résistance tout au long de la journée afin de démontrer que les femmes agissent toujours pour se protéger et préserver leur dignité en situation de violence; qu’elles ne se laissent jamais faire.

Près de cent femmes et quelques hommes alliés, de partout au Yukon, ont assisté au forum pour échanger sur leurs expériences, se renseigner sur des projets innovateurs et développer de nouvelles stratégies afin de mieux répondre à la violence faite aux femmes dans leurs milieux.

Ann Maje Raider, directrice du Liard Aboriginal Women’s Society (LAWS) et femme à l’origine du projet Together for Justice, a ouvert la session en soulignant trois domaines prioritaires : l’inefficacité du système judiciaire; le manque de financement de base à long terme pour les groupes de femmes autochtones; et les impacts de la violence faite aux femmes sur le bien-être de la communauté.

Sur le premier point, elle note que le système judiciaire est trop lent (surtout dans les communautés) et que souvent la vie des victimes devient plus dangereuse et difficile après avoir rapporté la violence. Trop souvent, les femmes sont stigmatisées et marginalisées à l’intérieur de leur communauté et revictimisées à travers le système judiciaire. « Nous disons aux femmes qu’il faut le dénoncer si tu as été victime d’un abus, » enchaîne la Dre Richardson, « “comme si nous vivions dans un monde où le préjudice et l’injustice n’existaient pas” et qu’elles ne feront pas l’expérience d’encore plus d’abus à la suite de leur plainte. »

Sur le deuxième point, c’est un cri du cœur qu’elle lance à tous ceux qui veulent l’entendre; les groupes de femmes, et particulièrement les organismes des femmes autochtones, ont besoin de financement stable. Beaucoup d’organismes dépendent du travail de bénévoles et du travail dévoué d’un nombre restreint d’individus. Ces organismes dépensent énormément d’énergie et de ressources à rechercher du financement pour pouvoir maintenir leurs programmes en activité.

C’est une situation qui n’est pas soutenable et qui ne permet pas de maintenir les projets innovateurs qui contribuent à créer plus de sécurité pour les victimes en préservant et en restaurant la dignité et la force des personnes touchées par la violence. Malgré les défis financiers, les progrès que nous avons connus au cours des dernières années sont étonnants.

Sur le plan local, plusieurs exemples de projets et d’initiatives ont été présentés par des leaders qui luttent contre la violence faite aux femmes à travers le Yukon. Parmi elles, Barbara McInerney, directrice générale de Kaushee’s Place, a parlé de la Révision des services policiers du Yukon et de la création de la Coalition des groupes de femmes du Yukon qui œuvre pour améliorer la collaboration entre les groupes de femmes, la GRC et le système de justice.

À ses côtés, membre de la GRC et du Special Response Unit — une section de la GRC qui analyse tous les cas de violence domestique et d’agressions sexualisées rapportés au Yukon — la constable Kelly Manweiller a expliqué les changements au sein de la GRC pour mieux répondre aux besoins des victimes.

Charlotte Hrenchuk, du Yukon Status of Women Council, a partagé la remise sur pied du projet Court Watch dans le cadre duquel des bénévoles formées assistent aux procès judiciaires des cas de violence domestique et d’agressions sexualisées afin d’observer le langage et les comportements des professionnels de la justice ainsi que l’environnement de la cour pour identifier si les droits et intérêts des victimes sont respectés.

Et ce n’est pas que pour les femmes, il y a aussi des initiatives qui s’adressent aux hommes pour les mobiliser contre la violence faite aux femmes. À la maison d’hébergement pour femmes de Calgary, ils ont développé un programme volontaire pour les hommes violents qui, contrairement aux programmes typiques comme ceux sur la gestion de la colère, appuie les hommes afin qu’ils réalisent qu’ils ont les compétences et la capacité de faire des choix non violents. Le programme est fondé sur l’idée que si nous traitons les hommes avec dignité et comme des adultes responsables, ils apprendront à faire des choix respectueux plutôt que de se créer des excuses qui suggèrent que les hommes ne savent pas se contrôler.

Ainsi, c’est un climat d’espoir qui a régné au forum. « Ce sont des histoires de résistance qui nous donnent le courage et la force de persévérer » raconte Renée-Claude Carrier, directrice adjointe de Kaushee’s Place. « Nous ne serions pas là si nous ne pensions pas que les choses pouvaient changer; que nous avons le pouvoir de les changer et d’éradiquer la violence » ajoute la Dre Richardson.

À la fin de la journée, c’est cet espoir et cette résilience que je garde en moi en quittant le forum. Le monde peut changer, mais il faut que les gens s’impliquent pour soutenir les efforts et initiatives des groupes qui luttent contre la violence faite aux femmes.

Informez-vous sur ce que vous pouvez faire en visitant la section « impliquez-vous » à www.lesessentielles.ca.

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