Accueil » À la une » Conception de l’école francophone : une polémique à 900 000 $

Conception de l’école francophone : une polémique à 900 000 $

PartagerEmail this to someoneShare on Facebook0Tweet about this on TwitterShare on Google+0Pin on Pinterest0

Thibaut Rondel

Le gouvernement du Yukon a octroyé un contrat d’une valeur de plus de 900 000 $ à une firme des Territoires du Nord-Ouest afin de compléter la dernière phase de conception de la nouvelle école secondaire francophone.Cette décision de retenir un entrepreneur hors du Yukon a entraîné un membre de l’Association des entrepreneurs du Yukon à déposer une plainte formelle auprès de l’organisme. Le plaignant, qui n’a pas été identifié, considère que les entrepreneurs locaux ont été sciemment évincés du processus puisqu’aucun appel d’offres n’a été publié pour la réalisation de ce travail.

Antonio Zedda, de la firme d’architecte Kobayashi & Zedda, présente les plans de la nouvelle école francophone. Photo : Archives A.B.


C’est la firme d’architectes yukonnaise Kobayashi & Zedda qui avait à l’origine décroché le contrat de conception du nouveau centre scolaire et communautaire francophone, dont la construction doit commencer ce printemps à Riverdale.

Or, depuis la décision controversée du gouvernement de réduire la capacité d’accueil de l’école de 25 % — afin d’accommoder 150 élèves au lieu des 200 prévus — une partie du contrat correspondant à la dernière phase de conception a dû être révisée. Les négociations avec la firme Kobayashi & Zedda qui proposait un devis à 200 000 $ n’ont pas abouti, et le ministère de la Voirie et des Travaux publics a finalement confié le contrat sans appel d’offres à la firme Taylor Architectural Group (TAG), basée à Yellowknife.

700 k$ de différence

Le gouvernement a justifié le montant du nouveau contrat — plus de 900 000 dollars, soit quatre fois et demie le montant du devis soumis par Kobayashi & Zedda — par l’ajout de nouveaux services absents de l’entente initiale passée avec l’architecte yukonnais, comme des prestations de conseil et d’inspection régulière du site.

Le gouvernement n’a pas souhaité communiquer les détails ou les raisons qui l’ont conduit à ne pas confier le contrat à un autre entrepreneur yukonnais. Il s’est toutefois défendu en affirmant que cette décision de recourir à un prestataire extérieur allait permettre à toutes les entreprises locales intéressées de soumettre une offre pour le contrat bien plus lucratif relatif à la construction du bâtiment.

Le gouvernement accusé d’ingérence

La déclaration a suscité de vives critiques de la part de la communauté des entrepreneurs et de la classe politique. Le leader par intérim de l’opposition officielle, Stacey Hassard (Parti du Yukon), s’est notamment déclaré très inquiet « que les libéraux pensent qu’ils devraient prendre des décisions d’affaires au nom des entrepreneurs au lieu de les laisser décider par eux-mêmes ».

Alors que le projet d’école francophone commençait à accumuler les retards, la décision d’octroyer le contrat à TAG sans appel d’offres a certainement fait gagner quelques précieux mois au gouvernement. Le chantier du nouveau centre scolaire communautaire francophone devrait désormais pouvoir être lancé dès le printemps 2019, pour une ouverture à la rentrée 2020. 

PartagerEmail this to someoneShare on Facebook0Tweet about this on TwitterShare on Google+0Pin on Pinterest0

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *