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Commencement(s)

Maryne Dumaine

Voilà. Une nouvelle année commence. 2020.

En janvier, le soleil au dessus du lac Marsh n’est jamais très haut dans le ciel, pourtant, tout doucement, la lumière commence à revenir…
Photo : Maryne Dumaine

 

 

Le 1er janvier dernier, la commissaire du Yukon, l’honorable Angélique Bernard, entamait une nouvelle tradition en recevant la toute première médaille de l’Ordre du Yukon. À son tour, elle a décerné cette même distinction honorifique à une dizaine de personnes. Entrions-nous ce même jour dans une nouvelle ère? Celle de la décennie des années 20?

Si une décennie est « une période de dix ans » selon les dictionnaires, les médias sociaux, eux, se sont donnés à cœur joie de nous rappeler qu’une décennie calendaire ne commence jamais avant l’an 1.

En effet, si l’on se tourne vers le lointain passé, l’Histoire est divisée entre « avant Jésus-Christ » et « après J.-C. ». L’an zéro n’a jamais existé entre les deux : la première décennie du calendrier a ainsi commencé en l’an 1. D’ailleurs, à l’époque où le calendrier tel que nous le connaissons a été mis en place, le concept même de zéro n’existait pas. Il n’a été importé que 300 ans plus tard avec l’introduction des mathématiques arabes et son usage n’a commencé à être répandu que vers 1202 avec une publication du mathématicien italien Leonardo Fibonacci.

Dès lors, en toute logique, 2020 serait la dernière année d’une décennie commencée en 2011. La troisième décennie du millénaire, elle, ne commencerait donc qu’en 2021. Voilà qui porte à réfléchir sur la notion de commencement, comme l’ont fait de nombreux philosophes par le passé, de Descartes à Kant ; si le commencement se base sur un concept de nouveauté, il est par définition opposé à « l’avant ». Mais dès lors, le commencement serait-il vraiment le début? Si quelque chose était là avant, le commencement serait-il le milieu? Bon, je m’éloigne…

Je me demande ce que nous apportera 2020 pour clore notre décennie. Tandis que les dictionnaires commencent à inclure plus de nouveaux mots verts dans leurs pages, l’année 20 nous apportera-t-elle des changements positifs en matière environnementale?

Commencement aussi, en revenant à Angélique Bernard, qui est désormais la première personne du Yukon à faire partie de la sélection des personnalités influentes francophones proposée par l’Association de la presse francophone. Espérons que ce soit le début d’une meilleure représentativité des enjeux du Nord et des minorités linguistiques au pays…

À l’Aurore boréale, nous avons aussi quelques commencements en tête. Des créations de capsules audio, entre autres, comme vous pourrez le lire en page 11.

Que 2020 soit la fin d’une décennie ou le commencement d’une autre, toute l’équipe du journal se joint à moi pour vous souhaiter une année merveilleuse. Que les projets qui sont dans vos cœurs trouvent le chemin de leur réalisation et que la force de la communauté, la santé et l’équilibre fassent partie de vos vies. 

Je vous invite désormais à commencer la lecture de cette édition. Mais en fait, ne l’avez-vous pas déjà commencée? 

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