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Claude Dulac s’en est allé

Yann Herry

Claude Dulac, une personnalité de Haines Junction, est décédé le 6 août à l’âge de 72 ans. En 1995, il a dû prendre sa retraite de Parcs Canada à la suite d’un diagnostic peu optimiste de cœur élargi. Il a réussi à faire le bonheur de sa famille et de sa communauté pendant vingt autres années. Claude était connu pour les portes de sa maison toujours ouvertes aux visites, ses talents de jardinier et sa générosité. Dans son eulogie, ses deux enfants, Claire et Marcel, mentionnaient : « Notre père est décédé parce qu’il avait un cœur trop grand. Peu de monde peut en dire autant du leur. »

Claude Dulac est décédé le 6 août dernier à l’âge de 72 ans. M. Dulac vivait à Haines Junction depuis plus de 30 ans. Photo : fournie

Claude Dulac est décédé le 6 août dernier à l’âge de 72 ans. M. Dulac vivait à Haines Junction depuis plus de 30 ans. Photo : fournie

 

Claude est né le 4 mars 1943 sur une ferme du village de Crémeaux, à l’ouest de Lyon, en France. Ses parents faisaient de l’agriculture de subsistance. Les enfants travaillaient à la ferme et devaient marcher cinq kilomètres pour aller à l’école, la faim et le froid dans le cartable. À l’âge de 14 ans, Claude est allé au pensionnat à 60 kilomètres de chez lui et a vu sa première brosse à dents. À 18 ans, il est entré dans l’armée de l’air et a découvert le téléphone. Quatre ans plus tard, Claude a obtenu sa licence d’ingénieur en aéronautique et a commencé à travailler pour les compagnies d’avion Turbomeca et Rolls Royce, ce qui l’a amené à voyager à travers l’Europe.

Lors d’un séjour en Angleterre en 1969, Claude a rencontré Libby qu’il a épousée l’année suivante. Ils ont poursuivi leur rêve d’enfance à chacun, celui d’immigrer au Canada où ils sont arrivés en 1973. Après une année à Edmonton, ils ont mis le doigt à l’aveuglette sur une carte. Ils sont tombés sur le Yukon. Avec un enfant à venir, ils se sont lancés sur la route de l’Alaska. Après cinq crevaisons, ils sont arrivés à Mayo où Claude avait un emploi à la Régie des alcools. Il a ensuite reçu une promotion à Haines Junction et après 29 déplacements en six ans de mariage, ils ont su qu’ils étaient arrivés chez eux.

Une fois citoyen canadien, Claude a pu travailler au parc national de Kluane où il a vécu de merveilleux moments. Quant à Libby, elle captait avec son style distinct les splendeurs du parc en peignant montagnes, glaciers et aurores boréales. Dans ses temps libres, Claude se livrait à ses passions : le jardinage, l’aménagement paysager, et les visites à son magasin favori, le dépotoir. Sa famille racontait, amusée : « Tout ce que Claude possède doit contenir un morceau de la décharge municipale. » Il essayait la culture de toutes sortes de plantes, de l’arachide à l’artichaut en passant par les piments forts. Il est devenu un maître de l’horticulture.

Quand le Père Rigaut, prêtre résident, a pris sa retraite, Claude et Libby ont assuré le maintien des services religieux à Haines Junction en animant les célébrations dominicales.

Claude et Libby étaient présents à chaque célébration francophone à Kluane comme en 2004 à la commémoration du centenaire de la fondation de Burwash par les frères Jacquot d’Alsace. Ses enfants disaient : « Claude aimait beaucoup rencontrer les gens. Quand il avait la chance de s’adresser à quelqu’un en français, sa journée était faite. »

Claude laisse dans le deuil son épouse Libby, artiste reconnue, ses deux enfants et sept petits-enfants. Il a été conduit à son dernier repos dans sa vieille auto Suburban brune avec laquelle la famille, en camping le long du ruisseau Burwash, avait réussi à échapper de justesse aux mémorables inondations de 1988.


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