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Cinq jeunes, une conscience politique

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Thibaut Rondel

Du 7 au 10 janvier, la jeune garde de la francophonie yukonnaise était à Ottawa pour participer à l’édition 2016 du Parlement jeunesse pancanadien (PJP). Encadrés par Josée Jacques du secteur Jeunesse de l’Association franco-yukonnaise, Marguerite Tölgyesi, Ashley Harris, Pier-Anne Ménard, Alizée Salesse et Nicolas Nadon se sont prêtés au jeu législatif en compagnie de plus d’une centaine de jeunes francophones venus des différentes provinces et différents territoires canadiens. Au programme des participants réunis en chambre, discussions autour de projets de loi imaginaires, réseautage et bonne humeur! Les jeunes ont ainsi pu débattre d’un projet de loi sur l’incarcération des mineurs et d’un projet de loi omnibus mêlant santé, agriculture et réforme alimentaire. Pour la première fois dans l’histoire du PJP, une motion d’urgence avait également été inscrite au programme, afin de sensibiliser les participants à la gestion de crise.

Pier-Anne Ménard, Alizée Salesse, Nicolas Nadon, Marguerite Tölgyesi et Ashley Harris participaient au Parlement jeunesse pancanadien du 7 au 10 janvier derniers. Photo: Josée Jacques / JEFY

Pier-Anne Ménard, Alizée Salesse, Nicolas Nadon, Marguerite Tölgyesi et Ashley Harris participaient au Parlement jeunesse pancanadien du 7 au 10 janvier derniers. Photo: Josée Jacques / JEFY

L’Aurore boréale a rencontré Marguerite Tölgyesi, 18 ans, tout juste diplômée de l’Académie Parhélie, et Ashley Harris, 16 ans, en 11e année d’immersion à l’École F.-H.-Collins qui nous parlent de leur expérience au PJP.

L’Aurore boréale : Ashley, tu participais pour la première fois au PJP…

Ashley Harris : J’avais entendu parler de cet événement à un forum pour les jeunes Canadiens où j’étais allée en mars dernier. Une amie m’avait conseillé de participer, car elle avait entendu dire que c’était vraiment une belle expérience que de participer à une simulation de Parlement. C’est quelque chose que je n’avais jamais fait, mais que je voulais faire depuis longtemps, car mon but, c’est de poursuivre une carrière dans la politique. Comme j’ai travaillé comme page à l’Assemblée législative du Yukon, je connaissais déjà un peu le fonctionnement du Parlement, mais sur une échelle plus petite. C’était donc un peu différent d’explorer la façon dont fonctionne le Parlement au niveau du gouvernement fédéral, mais j’ai bien compris [le travail de députée]!

A. B. : Quant à toi, Marguerite, tu es désormais habituée à ce genre de rendez-vous…

Marguerite Tölgyesi : En fait, c’est mon quatrième parlement jeunesse, et mon deuxième PJP. Je reviens toujours parce que j’aime beaucoup ça, j’aime beaucoup débattre, j’aime le décorum de la salle et le fait que l’on doive s’habiller chic! Et c’est toujours le fun de revoir les mêmes gens, même s’ils viennent de l’autre bout du pays. C’est comme une petite communauté, on appelle ça la famille de la francophonie canadienne! Alors, pour moi, [la politique] n’est pas un but de carrière, mais je trouve que c’est important en tant que citoyen de connaître sa politique. C’est surtout important pour les jeunes de s’impliquer là-dedans, parce que sinon, on n’aura pas de voix nulle part. Pour ma part, j’étais aussi députée, et j’étais aussi présidente d’un comité en santé.

A. B. : Vous avez représenté le Yukon à Ottawa. C’est important pour vous de faire rayonner le français lorsqu’on vit au Yukon?

A. H. : J’apprends le français depuis la maternelle et je continue aujourd’hui, mais je fais toujours des choses en anglais, donc c’était intéressant pour moi de m’impliquer dans une activité en français. Pour voir ce que c’est, et aussi rencontrer d’autres gens, car je n’ai jamais vraiment parlé avec beaucoup de jeunes d’Émilie-Tremblay.

M. T. : [Le français] a toujours été une de mes valeurs familiales. Je suis née au Québec, mais j’ai toujours habité dans des communautés minoritaires en Ontario et au Nunavut, et j’ai toujours trouvé ça important de pouvoir m’exprimer dans ma propre langue, et surtout d’avoir des services dans ma propre langue. Parce qu’on est un pays bilingue, et que ça, il ne faut pas le dédaigner. J’ai trois frères et sœurs qui vont à Émilie-Tremblay aujourd’hui, et je crois que c’est important de leur laisser non pas comme un héritage, mais quelque chose pour ne pas qu’ils soient toujours obligés d’aller faire des choses en anglais. Et comme ça, mes enfants aussi pourront apprendre le français, et vivre en français.

A. B. : Quel serait alors votre message aux jeunes francophones du Yukon pour qu’ils s’impliquent dans leur communauté et dans leur langue?

A. H. : Je leur dirais : n’hésitez pas à candidater et à vous impliquer dans cette expérience, car c’est quelque chose. Moi, j’avais peur d’y aller parce que je savais que la plupart des gens seraient francophones et que j’étais un peu nerveuse en tant que francophile de m’exprimer dans la langue, de faire partie de la minorité. Mais j’ai vraiment aimé le PJP, c’est quelque chose que les autres devraient faire. Tout le monde était vraiment inclusif avec toutes les personnes qui étaient là!

M. T. : Moi, je leur dirais : prenez votre place parce que personne d’autre ne la prendra pour vous. Si vous oubliez votre français, c’est comme une partie de notre culture qu’on perdra, et ce sera une partie importante de notre culture et de notre histoire canadienne en général. Il y en a beaucoup qui se sentent gênés d’être francophones et je trouve ça vraiment triste, alors je leur dirais de ne pas avoir peur de s’exprimer comme ils le veulent. Je pense que les gens qui se font assimiler le sont parce qu’ils ont honte de ce qu’ils sont, mais ils ne devraient pas.

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