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Chronique d’une rencontre d’été

Chronique d’une rencontre d’été

Marie-Hélène Comeau

La semaine dernière, alors que débarquaient à Whitehorse plus de 500 soldats des Forces canadiennes de l’opération Nanook, une vingtaine d’artistes yukonnais s’affairaient au projet Art Under Pressure orchestré par Joyce Majiski.

Ainsi, pendant que se déployaient dans le ciel yukonnais les hélicoptères noirs, au sol, les artistes armés de leurs ciseaux à bois s’attaquaient à leur planche de contreplaqué de 4 pieds sur 4 pieds afin de créer une image à imprimer. Le travail était intense et on pouvait presque entendre (en y mettant une dose d’imagination) le bruit des hélices s’entremêler à celui des copeaux de bois arrachés des planches à graver.

Le but des uns : la réalisation d’une opération militaire afin d’assurer la souveraineté et la sécurité dans le Nord canadien.

Le but des autres : la réalisation d’une performance artistique unique mettant de l’avant l’art de la gravure sur bois qui est de plus en plus délaissé ces dernières années au profit des avancées technologiques.

Ces deux événements historiques ne se seraient normalement jamais croisés, chacun évoluant dans sa propre sphère.

Mais voilà que par un bel après-midi d’été, ils se sont juxtaposés, l’un vêtu de vert kaki et l’autre d’encre noire, au parc Shipyard du centre-ville de Whitehorse à la grande surprise des passants.

Samedi dernier, les Forces armées canadiennes y organisaient une journée communautaire pour remercier les résidents de leur appui. Par pure coïncidence, les artistes étaient aussi réunis au même endroit pour imprimer leur gravure sur du papier à l’aide d’un rouleau compresseur. Cet après-midi d’août, ces deux univers que tout séparait se sont juxtaposés. Les deux camps s’observant dans un mélange de curiosité et d’étonnement.

Une fois la surprise passée, la magie a opéré. Attirés par l’événement artistique, plusieurs membres des Forces canadiennes ont assouvi leur curiosité. Ils se sont enquis de ce projet unique en son genre, poursuivant d’une façon surprenante et inhabituelle leur découverte du territoire où avait lieu pour la première fois depuis sa création en 2007, les exercices de l’opération militaire Nanook.

Curiosité, échanges et bonne humeur ont marqué cette journée nordique.

Puis a sonné l’heure du retour. Les deux camps ont plié bagage, retournant chacun dans son univers. La rencontre inusitée était terminée.

Le parc pouvait retrouver sa tranquillité.

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