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Christian Klein, Canadien de cœur

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Françoise La Roche

Quatre mots entendus par Christian Klein le 24 juillet 1967 ont éveillé son intérêt pour le Canada. La célèbre phrase « Vive le Québec libre! », proclamée par Charles de Gaulle lui a fait découvrir qu’on parlait le français au Canada. Il a décidé d’y aller et a migré en janvier 1968.

Embrouillamini linguistique

Christian Klein est né en France avant la guerre. « Mes premiers mots étaient en français, puis quand les Allemands sont venus, on n’avait plus le droit de parler en français. Fallait parler en alsacien, langue germanique. Quand la guerre a été terminée, d’un jour à l’autre, le gouvernement français nous demandait de ne parler qu’en français », raconte M. Klein. Menacés d’aller à la Gestapo s’ils parlaient français à une certaine période de leur vie, les élèves se faisaient ensuite taper sur les doigts s’ils parlaient alsacien en classe. C’était à y perdre son latin.

« Moi, je suis Canadien, je ne m’occupe pas de la politique française, » affirme Christian Klein. Il trouvé sa place au Yukon et compte bien profiter du territoire au maximum pendant sa retraite. Photo: Françoise La Roche

« Moi, je suis Canadien, je ne m’occupe pas de la politique française, » affirme Christian Klein. Il trouvé sa place au Yukon et compte bien profiter du territoire au maximum pendant sa retraite. Photo: Françoise La Roche


« En arrivant au Québec en janvier 1968, je ne parlais pas un mot d’anglais », avoue Christian. Il a suivi des cours du soir, mais son professeur lui a dit : « Christian, je n’ai pas d’espoir pour toi. »  Finalement, c’est avec son épouse anglophone originaire de la région de Seattle et rencontrée dans un village inuit que son anglais a pris son essor.

Le chemin du Nord

Après avoir terminé ses études en France en ingénierie en 1961 et complété son service militaire, Christian Klein a travaillé dans son pays d’origine, puis en Suisse, en Allemagne et en Afrique. C’est à son retour de ce continent qu’il a entendu de Gaulle et qu’il a décidé de migrer au Canada.

À l’époque, les compagnies québécoises se trouvaient sous dominance linguistique anglophone. « Je ne trouvais pas de travail dans les entreprises privées au Québec parce que les patrons étaient anglophones, et ils voulaient que tout le monde parle en anglais avec eux, même si les employés étaient francophones », relate Christian Klein.

Des amis lui ont suggéré de se recycler dans l’enseignement. Il a alors repris des études à l’Université Laval, à Québec. Il enseignait la géographie au Secondaire V à Hull quand il a appris qu’on avait besoin de professeurs chez les Inuits du Nord-du-Québec. Il y est allé avec l’idée d’y passer un an. « Ça avait été très intéressant, alors je me suis dit que je ferais une deuxième année à Kangiqsualujjuaq. »

Il a été nommé principal et responsable de tout l’audiovisuel. Il a aussi créé le comité des parents et publiait mensuellement un journal en inuktitut avec l’apport des aides-enseignants inuits qui parlaient un peu l’anglais. Ceux-ci servaient d’interprètes entre les élèves et le professeur. C’est à cette époque qu’il a rencontré son épouse qui travaillait pour le gouvernement fédéral. Christian Klein connaissait quelques mots d’inuktitut, mais pas assez pour bien communiquer. Il a enseigné le français à ses élèves pour que ceux-ci servent d’interprètes entre le professeur et les parents.

On disait qu’il n’y avait pas possibilité de construire une piste d’atterrissage à Ivujivik. Mais Christian a trouvé un endroit et avec ses jeunes de l’école, il en a tracé les limites, arpenté le terrain et cherché où ils pouvaient trouver du gravier. Cinq ans plus tard, la piste a été construite. Cette réalisation lui a valu un poste de technicien de la Baie d’Hudson pour les Affaires indiennes.

En route vers le Yukon

Travailler pour les Affaires indiennes a amené M. Klein à changer d’emploi et d’endroit plusieurs fois. Après le Nord-du-Québec, Christian a travaillé deux ans à Québec. Ensuite, il a vécu à Fort McMurray pendant trois ans. Une offre du département des Affaires du Nord l’a amené au Yukon en 1982. En 1990, son poste a été supprimé et on lui a offert un emploi de gérant de projets avec le gouvernement du Yukon.

« Le musée de la Béringie a été l’un de mes projets, ainsi que l’aéroport de Haines Junction et l’École Holy Family », explique M. Klein. « Ça a été très intéressant. En 2000, j’ai pris ma retraite. Ça fait seize ans, et c’est agréable. »

Couler des jours heureux

Quand on lui demande s’il a l’intention de rester au Yukon, la réponse vient rapidement. « Quand on est arrivés en 1982, mon épouse est sortie de l’avion et a dit : « C’est là qu’on va vivre pour le reste de notre vie. » » Le couple a élevé ses deux garçons au territoire. L’un d’eux est agent de la faune à Teslin.

Depuis sa retraite, Christian partage son expertise avec d’autres. « J’ai aidé bien des gens à construire leur maison. » Il s’implique dans la communauté francophone et siège au conseil d’administration de l’Association franco-yukonnaise (AFY) depuis 1998. Il participe à certaines activités en français organisées par l’AFY. Il est aussi membre d’autres associations anglophones.

Ce publireportage a été réalisé grâce à la contribution financière de Citoyenneté et Immigration Canada.

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