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CETA : la mondialisation en marche

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Thibaut Rondel

Le 21 septembre dernier marquait l’adoption partielle et provisoire du traité de libre-échange CETA. Cet accord économique et commercial passé entre le Canada et l’Union européenne constitue selon le gouvernement fédéral l’initiative commerciale la plus ambitieuse que le Canada ait jamais prise.

Selon une étude publiée en 2009, le CETA devrait permettre au Canada d’engranger chaque année environ 12 milliards de dollars supplémentaires. Le revenu annuel du ménage canadien moyen pourrait croître de 1 000 dollars tandis que 80 000 emplois pourraient être créés grâce à cet accord.

Pour leur part, les revenus de l’Union européenne connaîtraient une hausse de près de 12 milliards d’euros par année (soit plus de 17 milliards de dollars canadiens).

À moyen terme, ce nouvel accord a donc tout pour plaire du point de vue économique et commercial. S’il est un conducteur de berline allemande ou un amateur de fromage français, le Canadien devrait trouver son compte dans le CETA, même si les grandes dispositions de l’accord se révèlent toutefois bien plus avantageuses pour les grandes industries et les milieux d’affaires que pour les ménages canadiens.

Pour satisfaire ces derniers, les distributeurs devront par ailleurs revoir leur politique de prix afin que les bénéfices créés par la levée ou la réduction des droits de douane sur les produits et services européens profitent également en bout de chaîne au consommateur.

Photo : Pixabay

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Le CETA serait-il donc un bon accord commercial pour le Canada? Indéniablement, oui. Rien n’est moins sûr en Europe, où les détracteurs du traité continuent de dénoncer la remise en question des normes sociales, sanitaires et environnementales de l’Union.

Malgré les efforts conjointement déployés par Ottawa et Bruxelles pour affirmer le caractère gagnant-gagnant de l’accord, l’expérience vient trop souvent prouver que les succès commerciaux capitalistes et libéraux ne font pas de grand gagnant sans faire de grand perdant.

À l’échelle mondiale, c’est aujourd’hui l’environnement qui est une fois encore sacrifié sur l’autel du libéralisme économique. En soutenant le développement débridé des industries pétrolières et des pipelines canadiens, le chantre du libre-échange, Justin Trudeau, avait déjà donné au monde un avant-goût de sa conscience environnementale. Avec la mise en application par les libéraux d’un traité négocié depuis 2009 par les conservateurs de Stephen Harper, les Canadiens ont aujourd’hui confirmation que ce qui peut ramener de l’argent dans les caisses d’Ottawa ne doit souffrir d’aucune critique.

Une commission d’experts mandatée il y a quelques mois par le président français Macron — lui aussi partisan déclaré du CETA — a pourtant pointé du doigt le « manque d’ambition de l’accord » sur le plan environnemental et établi que le traité sera « légèrement défavorable » pour le climat.

Rien dans l’accord n’est en effet prévu pour limiter le commerce des énergies fossiles et la hausse des émissions de CO2 du transport international maritime et aérien, selon la commission, qui souligne que l’accord ne contient « aucun engagement contraignant » concernant l’environnement.

Alors que les ouragans dévastent la planète et que les activités humaines continuent de contribuer au réchauffement climatique, les conclusions des experts n’ont pas empêché la mise en œuvre d’un accord marquant l’intensification des échanges commerciaux à l’échelle planétaire, au détriment des circuits courts, de la consommation locale et de la préservation de l’environnement.

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