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Certains récipients en verre ne seront plus recyclés

Maryne Dumaine

Le 6 novembre dernier, le gouvernement du Yukon, la Ville de Whitehorse, Raven Recycling, P&M Recycling et Whitehorse Blue Bin Recycling annonçaient conjointement que le verre non consigné ne serait plus collecté dans les stations de recyclage du Territoire.

Tout ce verre est désormais destiné à la poubelle. Inutile de mettre ces contenants dans le bac de recyclage.
Photo : Maryne Dumaine

 

Tandis que les mouvements écologistes et zéro déchet prennent de plus en plus d’ampleur au Yukon, les acteurs de l’industrie du recyclage ainsi que le gouvernement du Yukon et la Ville de Whitehorse ont annoncé qu’à compter du 30 novembre prochain, les points de recyclage du Yukon n’accepteront plus le verre non consigné.

Quels récipients mettre à la poubelle?

Il s’agit des contenants tels que les bocaux de cornichons, les pots de sauce pour les pâtes ou pour les beurres de noix, les bouteilles de sauce au soja ou d’huile d’olive et les flacons de sauce piquante sans oublier les verres. « Ce n’est pas une grosse portion des dépôts de recyclage », nuancent les instigateurs de ce changement, d’autant plus que dans certaines collectivités, comme à Marsh Lake, ils n’étaient déjà plus acceptés.

Les bouteilles consignées en verre, telles que les bouteilles de bière, de vin ou de jus de fruits seront quant à elles toujours acceptées, puisque le gouvernement est soumis au Règlement sur les récipients à boisson. Les consignes issues de ces récipients fournissent d’ailleurs une portion du financement que les installations de recyclage utilisent pour le traitement de divers matériaux.

Tout ce verre est donc désormais destiné à la poubelle. Inutile de le mettre dans le bac de recyclage. À Whitehorse, les déchets destinés à l’enfouissement passent d’abord dans un compacteur spécialisé ; il n’est donc pas nécessaire de casser le verre avant de le jeter.

Pourquoi une telle décision?

Derrière cette décision, une raison tout simplement économique. Selon les porte-paroles, les coûts de transport du verre, matière pourtant connue pour être recyclable à l’infini, sont trop élevés.

« Les coûts sont si élevés que cela coûterait de l’argent au lieu d’en rapporter. Non seulement nous devrions payer le transport, mais probablement que les stations de recyclage demanderaient également des frais pour assurer ce recyclage », expliquent les responsables des dépôts.

En fait, en raison de l’éloignement des usines de recyclage du verre, le verre collecté au Yukon n’a jamais été expédié hors du territoire pour y être recyclé. Pendant de nombreuses années, les points de recyclage du Yukon, autant dans la capitale que dans les communautés éloignées, ont collecté le verre pour le broyer. L’objectif était de tenter de lui trouver un usage local.

La majorité du verre ainsi broyé a été transportée à l’installation de traitement des déchets solides de Whitehorse et utilisée comme matériau de recouvrement.

Les responsables du dossier ont également étudié différentes possibilités commerciales. Les idées étaient nombreuses : matériau de construction, additif pour l’asphalte, matériau de nettoyage au jet de sable ou matière première pour des entreprises locales, pourtant rien n’a fonctionné sur le long terme. « Les gens ont toujours cette perception que le verre broyé est coupant, même si ce n’est pas le cas », explique Pat McInroy, employé de P&M Recycling. « Mais nous avons encore beaucoup de matériau broyé, si des personnes sont intéressées, elles peuvent nous contacter », ajoute-t-il.

L’aspect environnemental

Selon Joy Snyder, directrice générale de Raven Recycling, le verre demeure malgré tout une matière écologique, dans la mesure où les consommateurs peuvent choisir de réutiliser les contenants. « Nous insistons sur la chaîne du Zéro Déchet », a-t-elle souligné. « Avant tout, si l’on souhaite porter des gestes environnementaux, la première chose est de réduire, ensuite de réutiliser et enfin, de recycler ». Elle encourage donc les consommateurs à réutiliser leurs contenants en verre autant que possible. « Le recyclage ne se trouve qu’à la dernière étape ».

Le verre, matière inerte, n’a pas d’impact environnemental négatif dans un site d’enfouissement. Elle n’émet pas de particules puisqu’elle ne se désintègre pas au fil du temps. Ainsi, enfouie dans les sites de décharge publique, elle ne fait qu’ajouter de la masse. « Encore faut-il que le verre soit propre », ajoute Mme Snyder. Les consommateurs sont encouragés à laver les contenants avant de les mettre à la poubelle. « N’oubliez pas que les couvercles en métal sont toujours recyclables, eux », insiste-t-elle.

D’autres matériaux recyclables non consignés, comme le carton, l’aluminium et certains plastiques, sont traités et acheminés vers le sud pour y être recyclés. Les bouteilles de bière réutilisables sont souvent réutilisées localement (elles peuvent l’être jusqu’à quinze fois) ou envoyées vers le sud pour y être remplies à nouveau. Les autres récipients à boisson en verre seront broyés.

« Le recyclage au Yukon a toujours été confronté à des difficultés particulières. Il est regrettable que nous n’ayons pu trouver une façon viable de recycler le verre localement, mais il faut comprendre que la rentabilité de l’industrie yukonnaise du recyclage est primordiale. Nous encourageons les Yukonnais et les Yukonnaises à réduire et à réutiliser le plus possible et à essayer de trouver des débouchés locaux pour le verre, afin qu’un jour, nous arrivions à le recycler de nouveau », a déclaré M. John Streicker, ministre des Services aux collectivités, dans un communiqué de presse.

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