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Célébrer l’immigration franco-yukonnaise

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Thibaut Rondel

La 3e édition de la Semaine nationale de l’immigration francophone s’est déroulée du 1er au 7 novembre. Célébré au Yukon et dans tout le Canada, cet événement se veut une occasion de souligner les contributions des immigrantes et des immigrants à la vitalité et au dynamisme des communautés francophones et acadiennes, et de mettre en valeur tout ce que font ces dernières pour recruter, accueillir et intégrer les nouveaux arrivants.

À Whitehorse, l’événement s’est traduit par un repas multiculturel organisé vendredi dernier dans le cadre d’un Café-rencontre de l’Association franco-yukonnaise (AFY). Les participants ont notamment été invités à apporter un objet significatif qu’ils avaient dans leurs valises lorsqu’ils ont immigré au Canada. Un jeu a également été organisé autour de l’utilisation des mots de la Caravane des dix mots (cf p. 11).

« Je pense qu’il y a deux messages forts dans cette Semaine de l’immigration francophone », affirme Stéphanie Nobécourt, agente de projets en immigration à l’AFY. « La fierté que tire le Canada de sa diversité, mais aussi la fierté que tire chaque immigrant de son pays d’origine et de ce qu’il est en train d’accomplir sur sa nouvelle terre d’accueil. »

Moins d’immigrants francophones

Bien que les immigrants francophones représentent près de 15 % d’une communauté franco-yukonnaise principalement constituée de personnes d’origine québécoise, la tendance est cependant à la baisse ces derniers temps. Les modifications au processus d’immigration fédéral tout comme les conditions économiques actuellement peu favorables au territoire pourraient expliquer cette diminution du nombre de nouveaux immigrants francophones.

« La communauté grandit globalement, mais en même temps, nous accueillons moins d’immigrants francophones », explique Mme Nobécourt. « Parmi ceux-là, on va retrouver des immigrants qui ont parcouru le Canada et qui ont finalement choisi de tenter leur chance au Yukon, mais aussi des gens qui sont venus ici il y a longtemps, qui n’ont jamais oublié le territoire et qui veulent revenir s’y installer. »

La 3e édition de la Semaine nationale de l’immigration francophone s’est déroulée la semaine dernière au Yukon et dans tout le Canada. Le 5 novembre, un petit groupe de Franco-Yukonnais a ainsi posé en compagnie de la ministre responsable de la Direction des services en français, Elaine Taylor. Mme Taylor s’est ensuite adressée dans les deux langues officielles aux députés de l’Assemblée législative du Yukon pour saluer la contribution et l’engagement communautaire des immigrants francophones. Photo : Thibaut Rondel

La 3e édition de la Semaine nationale de l’immigration francophone s’est déroulée la semaine dernière au Yukon et dans tout le Canada. Le 5 novembre, un petit groupe de Franco-Yukonnais a ainsi posé en compagnie de la ministre responsable de la Direction des services en français, Elaine Taylor. Mme Taylor s’est ensuite adressée dans les deux langues officielles aux députés de l’Assemblée législative du Yukon pour saluer la contribution et l’engagement communautaire des immigrants francophones. Photo : Thibaut Rondel

Mme Nobécourt note par ailleurs que le profil du voyageur arrivé au territoire un peu par hasard et qui choisit de s’y installer à long terme tend à s’estomper depuis un certain temps.

Alors que la France reste naturellement le premier bassin d’immigrants francophones au Yukon, on note encore la présence de ressortissants issus des autres pays francophones européens, comme la Belgique et la Suisse.

« Récemment, nous avons aussi accueilli quelques immigrants venus d’Afrique », indique Stéphanie Nobécourt. « Ça reste très marginal, mais c’est tout de même quelque chose de nouveau pour le Yukon. »

Quant aux motivations des immigrants, elles s’inscrivent surtout dans la volonté de changer de style de vie, selon l’agente de projets en immigration.

« Je pense que les nouveaux immigrants cherchent surtout à concilier leur travail à un nouveau style de vie », avance-t-elle. « Pour cela, ils sont pour la plupart prêts à sacrifier quelques années de leur vie professionnelle, tout en sachant que le Yukon offre des opportunités, qu’il faut être patient et qu’ils sauront les saisir au bon moment. »

Un nouveau site Internet

La Semaine de l’immigration francophone a également été l’occasion pour l’AFY de relancer la page Facebook de Direction Yukon, inactive depuis plusieurs mois. Afin d’atteindre et de renseigner au mieux les nouveaux immigrants potentiels, le site Internet de Direction Yukon a aussi été repensé.

« Le premier site Internet comportait beaucoup de pages et trop de contenu trop précis, ce qui rendait les mises à jour difficiles », explique Stéphanie Nobécourt. « Notre nouveau site comporte maintenant seulement trois pages, beaucoup de photos et des textes courts qui incluent des liens vers des ressources exhaustives. Le message fort sera : vivre, travailler et immigrer au Yukon. Il faut donc voir cela comme un portail d’entrée. »

Par l’entremise de cette plateforme numérique, l’AFY cherche également à toucher les immigrants déjà présents au Canada, qui connaissent le pays, mais par forcément le Yukon. Beaucoup d’entre eux arrivent en effet au Québec, le plus souvent par commodité linguistique, familiale ou culturelle. Depuis la Belle Province, beaucoup d’entre eux développent par la suite leur connaissance du reste du pays et commencent à explorer les possibilités offertes dans les juridictions traditionnellement anglophones.

La politique à l’œuvre

Bien que le gouvernement Harper ait souhaité que le taux d’immigrants francophone au Canada atteigne la barre des 4,4 %, les cartes ont été redistribuées à la suite de l’accession de Justin Trudeau à la tête du pays. Pour l’Association franco-yukonnaise, l’avenir ne présage toutefois rien d’inquiétant.

« Nous n’avons aucune certitude, mais les messages diffusés sont quand même très positifs pour nous, dans la mesure où il semblerait que l’on puisse revenir vers quelque chose de similaire au programme de l’Avantage francophone qui avait disparu dans le processus d’immigration », explique Mme Nobécourt. « Plus de souplesse, plus de considération pour la francophonie et ses immigrants : ce serait sûrement notre chance pour redynamiser l’immigration francophone au Yukon. »

Au cours de la prochaine année, l’AFY souhaite travailler avec le gouvernement du Yukon pour élaborer et mettre en œuvre une stratégie visant à augmenter l’immigration francophone au territoire, a fait savoir la présidente de l’organisme, Angélique Bernard.

Jeudi dernier, la ministre responsable de la Direction des services en français, Elaine Taylor, avait par ailleurs prononcé devant les membres de l’Assemblée législative du Yukon un discours bilingue saluant l’engagement des immigrants francophones au territoire. Une quinzaine de Franco-Yukonnais, immigrants, mais aussi Canadiens se tenaient dans les rangs du public.

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