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Casavant et sa meute quittent le Yukon

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Thibaut Rondel

Le musheur Normand Casavant et son équipe de chiens de traîneau quitteront le territoire le 24 septembre. Locataire d’un terrain situé dans le secteur du lac Annie  depuis 2008, le Québécois a dû récemment déménager son chenil à Tagish. Après plusieurs mois sur place, la situation est vite devenue intenable pour cet amoureux de la glisse.

« Ce n’est pas évident d’acheter quelque chose ou de louer avec 35 chiens. Ça a déjà été beaucoup plus facile pour les musheurs, mais ça l’est beaucoup moins aujourd’hui. Le Yukon n’est plus ce qu’il était », lance Normand Casavant. « Cela fait cinq à six ans que je cherche une place abordable, mais le Yukon à habiter est vraiment dispendieux. »

Normand Casavant et ses 35 chiens quittent le Yukon. Le musheur pose ici avec l’un des ses chiens de traîneau. Photo : Archives A.B.

Normand Casavant et ses 35 chiens quittent le Yukon. Le musheur pose ici avec l’un des chiots issu de la dernière portée. Photo : Karine Grenier

Avec un emploi en ville et un chenil à Tagish, Normand Casavant passait en moyenne trois heures par jour sur la route, soit quinze heures par semaine. En terme de temps comme en terme d’argent et d’énergie, le compromis était difficile à accepter.

« On hypothèque beaucoup de son temps, on n’est pas dans le centre-ville de Vancouver ou de Montréal, on habite à la campagne et on se tape des distances énormes pour voyager, ce n’est pas évident », explique-t-il. « Juste au niveau du transport, ça me coûtait en moyenne 800 $ par mois pour aller travailler à Whitehorse, puisque c’est là qu’il y a assez d’ouvrage. »

Une école de traîneau à chiens

L’histoire des Casaventures ne s’écrira donc plus au Yukon, mais plusieurs projets attendent le musheur dès son arrivée au Québec. Des particuliers ainsi que des pourvoiries l’ont en effet déjà contacté pour collaborer à la mise en place de nouvelles initiatives dans le domaine du traîneau à chiens.

« Mon but serait de m’en aller dans le coin de Fermont, de Baie-Comeau. Il y a de beaux coins, les hivers sont longs et ressemblent au Yukon et il y a de beaux projets de développement dans le domaine du traîneau à chiens, donc des opportunités pour moi », explique-t-il. « Des gens qui aimeraient partir des courses de mi ou de longue distance m’ont notamment approché en vue de collaborer, donc il y a peut-être de beaux projets qui s’en viennent à moyen terme. »

Des portes se sont certes ouvertes, mais Normand Casavant ne perd pas de vue son objectif à lui. Sa priorité reste en effet d’acquérir son propre terrain afin de réaliser le projet qui lui tient à cœur depuis de nombreuses années : ouvrir une école de traîneau à chiens.

« J’ai toujours eu l’intention d’avoir mon école de traîneau à chiens. C’est toujours ce que j’ai voulu faire depuis que je suis ici, mais parce que je n’ai jamais trouvé de place où rester, je n’ai jamais pu lancer cette entreprise », raconte-t-il. « C’est vraiment mon but que de gagner ma vie avec mes chiens, j’ai fait ça pendant vingt ans au Québec. »

L’objectif de l’école serait d’offrir une formation d’environ six semaines aux personnes désireuses de participer à une course ou à une expédition en toute autonomie. Normand Casavant compte sur le regain d’intérêt du grand public pour le traîneau à chiens pour promouvoir son idée. Gagnant du prix des vétérinaires de la Yukon Quest en 2013 et quadruple finissant de la course (2009, 2010, 2013 et 2015), le musheur aura sans doute aussi un tas de bons conseils à prodiguer à ses futurs étudiants.

« J’aimerais vraiment revenir faire des courses au Yukon. Il n’y a pas quatre ou cinq mois, je passais le reste de mes jours ici », raconte-t-il. « Je pourrais avoir un étudiant qui voudra faire la Quest et m’en venir avec lui, ce serait une possibilité! »

L’expérience et les paysages

Même s’il aurait souhaité avoir un peu plus de temps pour visiter le Yukon en été, Normand Casavant avoue qu’il gardera tout de même un très beau souvenir de son passage au territoire.

« Je me suis promené dans les bois à travers tout le Yukon grâce à mes emplois en foresterie, mais j’aurais aimé pouvoir faire un peu plus de canot ou d’activités comme ça », raconte-t-il. « Mais avec les chiens, c’est impossible, c’est 365 jours par an, et puis j’aime ça m’en occuper, donc ça prend beaucoup de place. »

Malgré ses presque 25 ans d’expérience, le musheur avoue aussi avoir énormément appris sur le traîneau à chiens, grâce à ses entraînements intensifs sur mi et longue distance et à ses participations à la course Yukon Quest. Le paysage restera aussi l’un de ses plus beaux souvenirs.

« À l’automne, quand je venais d’arriver, il était tombé de la neige dans les montagnes et j’avais été entraîner les chiens sur le terrain de golf du lac Annie, j’avais été me promener un peu partout. J’avais vraiment aimé ça », se souvient-il. « Et bien sûr, d’avoir accompli la Yukon Quest. C’était quelque chose de très important dont je vais me rappeler toute ma vie. »

Normand Casavant embarquera ses 35 chiens dans son camion et sa remorque. La route sera longue, puisque le musheur devra s’arrêter en moyenne toutes les six heures pour permettre à son équipe de se dégourdir les pattes. Mais à l’heure où nous mettions sous presse, les chiens n’avaient, semble-t-il, pas encore senti souffler le vent du changement.

« Je continue de les entraîner comme un fou et je leur donne toujours le même temps, le même amour que d’habitude, alors ces chiens-là n’ont pas encore vu la différence », conclut Normand Casavant.

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