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Can I mush? Les Champeval disent : Bien sûr!

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Françoise La Roche

En 2004, Jean-Marc Champeval exploitait deux boulangeries en France et sa conjointe Christiane venait de vendre sa pharmacie. « Moi, j’étais un peu tanné, fatigué. Christiane m’a envoyé en vacances une semaine en Finlande. Je suis tombé amoureux des pays nordiques là-bas », nous confie le boulanger.

Au retour, la machine à réflexion s’est mise en route. Le couple s’interroge sur la façon dont ils pourraient vivre différemment. Ils ont vu un reportage sur des Français qui immigraient et qui ouvraient des gîtes un peu partout dans le monde. Pourquoi pas eux?

Jean-Marc Champeval a alors décidé de vendre une boulangerie. En quinze jours, il a trouvé un acheteur pour les deux commerces.

À la recherche de la perle rare

Ils ont cherché des gîtes à vendre en Scandinavie, mais ont été freinés par la barrière de la langue. « Les gens sont un peu plus fermés, moins ouverts aux nouveaux arrivants. Ils sont plus méfiants, plus sur leur réserve, tu te sens moins bienvenu », a constaté Jean-Marc.

Christiane et Jean-Marc Champeval sont très fiers de leur famille canine qui s’agrandit au fil des portées. Photo : Françoise La Roche

Christiane et Jean-Marc Champeval sont très fiers de leur famille canine qui s’agrandit au fil des portées. Photo : Françoise La Roche

C’est en naviguant sur Internet que Christiane a découvert le Yukon. Le couple est venu deux fois en visite au territoire. La première fois, c’était un voyage exploratoire pour voir s’il y avait des entreprises à vendre, mais ça n’a pas joué.

Lors d’une séance d’information à l’ambassade du Canada à Paris, le couple s’informe sur le type de visa dont ils auraient besoin pour immigrer (ouvrier, travailleur autonome, entrepreneur, ou gens d’affaires). La réponse ne fut pas très éclairante. La personne responsable n’a rien trouvé d’autre à dire que : « On ne sait pas. Essayez une catégorie, et si ça ne marche pas, vous en essaierez une autre. » Cette réponse implique de repartir à zéro chaque fois, de payer pour chaque demande, ce qui est une perte de temps et d’argent. Heureusement pour eux, une dame leur a donné l’adresse d’Yvette Bourque qui travaillait à l’Association franco-yukonnaise à Whitehorse, expliquant qu’elle pourrait les aider.

Aussitôt déposé, aussitôt accepté

Lors de leur deuxième visite au Yukon, avec l’aide de Mme Bourque, Jean-Marc et Christiane ont déposé un plan d’affaires au département Économique et développement du gouvernement du Yukon.

« Une fois le plan d’affaires déposé, ça a été vite. En quinze jours, ils nous ont donné un permis de travail pour deux ans », explique Jean-Marc. « À l’époque, le gouvernement cherchait des gens qui voulaient investir. Le tourisme commençait en fait », renchérit Christiane. « Nous étions les deuxièmes à appliquer dans la catégorie “entrepreneurs” », ajoute Jean-Marc.

Quelques mois plus tard, la famille Champeval déménage au Yukon pour démarrer une nouvelle vie. Après quelques recherches, ils ont acheté un terrain pour y construire le Takhini River Lodge.

Démarrage d’entreprise

Pour démarrer l’entreprise, Christiane explique qu’« il a fallu remplir beaucoup de papiers et tu ne sais jamais si ça va aboutir. Ça prend du temps, c’est long, c’est beaucoup de questions, beaucoup de doutes. Mais finalement, ce n’était pas si difficile. »

Bien que toutes ces démarches aient suscité beaucoup de stress et demandé de la paperasserie, il n’en demeure pas moins que créer une entreprise au Canada est mille fois plus simple qu’en France.

Can I mush?

En bons nouveaux arrivants, la première activité qu’ils ont faite au Yukon est une sortie en traîneau à chiens. Ensuite, pour l’anniversaire de Jean-Marc, Christiane lui a offert une semaine de traîneau incluant une nuit en bivouac avec les chiens. C’était amplement suffisant pour lui donner la piqûre de ce sport.

La suite était à prévoir et s’écrit toute seule. Ils se sont intéressés à la Yukon Quest, rencontré des meneurs de chiens, dont Marcelle Fressineau, et Christiane s’est laissé séduire et a acheté cinq chiens retraités du chenil de Gerry Willomitzer (NDLR célèbre meneur de chiens). « Je voulais une petite équipe pour faire du traîneau. À l’époque, j’avais un peu plus de temps l’hiver, parce qu’on commençait », dit Christiane Champeval.

« On s’est fait aider par Gerry, par Marcelle, et d’autres musheurs du coin pour mettre le chenil en place », raconte Jean-Marc. « Ça fait trois fois que je l’agrandis. »

Can I mush? a vu le jour il y a trois ans. « Jusqu’à présent, ce n’était que pour les clients du lodge, puis cette année, on essaie de faire venir des clients de l’extérieur », raconte Jean-Marc.

Le chenil compte maintenant 25 chiens et Jean-Marc entretient 25 km de sentiers dans la forêt et offre des sorties de trois à quatre heures.

Accueil de PVTistes

Pour les aider dans leur travail, les Champeval font appel à des PVTistes. Ils reçoivent jusqu’à trois demandes par jour, ce qui prouve que ce programme est fort prisé des jeunes Français. Ceux-ci demeurent en place en moyenne deux mois.

Le programme des nominés n’offrait pas une solution pour eux puisqu’il y a des périodes plus calmes dans les secteurs d’activité de l’hébergement et du traîneau à chiens. Et l’une des conditions pour ce programme exige d’offrir un travail rémunéré à temps plein pour deux ans.

Mais qu’à cela ne tienne! L’entreprise fait le bonheur des Champeval et fait vivre la famille. « On est bien contents d’être au Yukon. On y est pour un moment », ajoutent-ils.

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