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Cabane à sucre communautaire : l’AFY revisite son activité phare

Julien Latraverse

Pour s’adapter au goût du jour, l’Association franco-yukonnaise (AFY) ne tiendra plus son iconique Cabane à sucre sur le site du Yukon Sourdough Rendez-Vous (YSRV). Mais les becs sucrés ne seront pas en reste : Une nouvelle formule verra le jour cette année.

Un appel aux bénévoles sera bientôt lancé pour compléter l’équipe chargée d’accueillir le public dans cette nouvelle formule de cabane à sucre le vendredi 21 février.
Photo : Fred Lauk

 

Mettre fin à cette tradition hivernale a été une décision difficile mais nécessaire, estime le directeur Arts et Culture de l’AFY, Roch Nadon. L’objectif est de retourner aux sources du projet de la Cabane à sucre.

Visibilité de la culture canadienne-française

Une autre des raisons fournies pour expliquer cette nouvelle formule est le changement de mentalité au sein de la clientèle. « Ça s’est un peu commercialisé », souligne Roch Nadon.

Il serait de plus en plus difficile de partager les histoires de la culture canadienne-française au public. Selon lui, la perte de ce précieux contact se produit au détriment de la visibilité de la francophonie au Yukon.

En effet, l’espace alloué aux concessions par le YSRV ne permet plus à l’AFY d’y aménager une tente avec des panneaux d’interprétation au sujet de la culture francophone au Canada et les origines des cabanes à sucre. « Les changements de réglementation nous empêchent de véhiculer nos messages », souligne M. Nadon. L’organisme a donc décidé de modifier son offre pour cette édition du Yukon Sourdough Rendez-Vous.

Impacts financiers sur la programmation communautaire francophone

Par ailleurs, la rentabilité financière de l’activité de cabane à sucre n’est plus au rendez-vous. Les pertes de revenus à travers les années sont considérables et sont attribuées, selon le directeur, à un défi d’affluence sur le site du festival. La diminution de l’achalandage notamment à la suite de la suppression du concours de sculpture sur neige, ainsi que l’augmentation des prix pour louer une concession sur le site, sont quelques facteurs qui expliquent la baisse de revenu pour l’AFY.

Ce défi présente des difficultés plus étendues qu’il n’y paraît, puisque traditionnellement, le secteur Arts et Culture utilise ces revenus pour les réinvestir dans la programmation d’événements communautaires, tout au long de l’année.

Pour remédier à ces problèmes, les activités du « temps des sucres » de l’AFY seront rapatriées au Centre de la francophonie, explique M. Nadon.

De la tire d’érable et un brunch traditionnel

Un déjeuner typiquement canadien-français sera servi dans la salle communautaire et le service de tire d’érable sur neige se tiendra au même moment, à l’extérieur du bâtiment. « On est sûr de présenter un beau forfait [d’activités] pour tous les goûts », soutient le directeur.

Sans l’appeler « projet-pilote », Roch Nadon espère que cette nouvelle formule de cabane à sucre plaira à la communauté. L’expérience devient aussi un moyen de « voir si les gens vont embarquer » et de peut-être répéter cette façon de faire dans le futur, précise M. Nadon.

Le directeur en profite pour ajouter qu’il y aura de l’animation pour les enfants et de la musique dans la salle communautaire pour créer une ambiance festive.

Reste donc à voir si cette solution créative sera appréciée par les becs sucrés de la communauté.

 

L’activité de cabane à sucre a été l’une des premières à permettre à des francophones de se réunir au Yukon. Cette photo a été prise en 1983, on aperçoit notamment Thérèse et Robert Nantel.
Photo : Archives AFY

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