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Busted Up, une histoire yukonnaise

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Maryne Dumaine

Des pièces de théâtre dont l’histoire se déroule au Yukon, il en existe plusieurs. Pourtant, Busted Up est de ces pièces qui éclatent ce que l’on peut avoir comme a priori au sujet du théâtre.

Busted Up sera présentée à Dawson le 29 septembre à Dawson, le 2 octobre à Carcross et le 3 octobre à Whitehorse au Centre des arts. Photo : Alistair Maitland Photography


En anglais, le terme Busted Up est une expression qui signifie « éclaté ». Rien d’étonnant lorsqu’on sait qu’elle a été imaginée par le duo très créatif formé pas les directrices artistiques de l’Open Pit Theatre, Geneviève Doyon et Jessica Hickman. Car cette pièce porte bien son nom, et ce, à différents points de vue. Par son style d’écriture, les points de vue qu’elle apporte, le nombre de personnages qui la compose et surtout, le nombre de personnes qu’il a fallu interroger pour en inspirer l’histoire aux créatrices (près de 80, dans huit communautés yukonnaises différentes). Tout dans cette pièce semble vouloir éclater ce que l’on imagine parfois du théâtre traditionnel.

La pièce se déroule ici, au Yukon. Elle met en scène 33 personnages, dont les opinions et les histoires sont aussi variées que leur âge et leur origine ethnique. « Ça a pris trois ans pour faire les entrevues, dans huit communautés du Yukon », explique Geneviève Doyon, « auteure » entre guillemets de la pièce, précise-t-elle. « Je ne suis auteure que du fil conducteur. La pièce a été écrite en format verbatim. Cela signifie que rien n’a été changé dans les textes des personnes que j’ai interrogées. » En effet, chaque mot — y compris les pauses, les soupirs, la cadence et les mots — est répété par l’acteur. « Je voulais retranscrire les opinions de la façon la plus respectueuse et honnête possible. »

Les personnages, réels donc (bien que leurs noms aient été changés pour garder l’anonymat), racontent leur rapport à la Terre, comment ils se sont retrouvés sur le territoire, pourquoi ils sont restés, leurs croyances, leurs racines, leurs peurs. Tout au long de la pièce, les voix juxtaposées de ces personnes se rassemblent et évoluent autour des relations entre les peuples autochtones et les colons, les extractions de ressources naturelles, la population immigrante croissante et les changements rapides dans le Nord canadien.

« Je voulais créer une pièce de théâtre sur le Yukon d’aujourd’hui. Je ne voulais pas l’ancrer dans une espèce de nostalgie que l’on voit parfois, au sujet de la Ruée vers l’or ou de la construction de l’autoroute », explique la cocréatrice. « J’ai essayé de porter un regard honnête par rapport à ce qu’on est et ce qu’on aspire à être en tant que communauté, et ce qu’il faut faire pour y arriver. » Et le portrait sera parfois surprenant. « Évidemment, certains personnages se contredisent carrément parfois. C’est que sur la scène, des personnages se rencontrent, tandis qu’ils ne se seraient jamais rencontrés dans la vraie vie. »

Pour écrire cette pièce, Geneviève Doyon a dû sortir de ses zones de confort. « C’est facile de rester au sein de notre cercle d’amis et de connaissances, avec des gens qui ont les mêmes opinions que nous, mais je voulais justement avoir des opinions variées, aller voir des personnes qui ne sont pas de ma tranche d’âge, blancs et immigrants. Je voulais représenter la diversité telle qu’elle existe de façon authentique au Yukon. »

Le travail a abouti en 2017 à deux semaines de représentations au Old Fire Hall. Cette année, elle sera présentée dans trois villes : Carcross, Dawson et une dernière représentation à Whitehorse. « C’était important pour moi de ne pas juste « prendre » dans les communautés pour un projet qui sera ensuite basé uniquement à Whitehorse. On voulait ramener le projet là où il avait été fait, pour permettre aux personnes que nous avons interviewées de voir la pièce aussi. »

« Je pense que les particularités de la pièce, ce sont vraiment les mots des personnes qui ont été interviewées. Ça brise un peu le mur du théâtre. Ce qui se passe sur scène, c’est la vraie vie, avec de vrais mots. On vient voir des personnages, mais sans le fossé entre la scène et le public. Nous, on commence la conversation sur scène et on espère que la conversation se continue ensuite : qu’est-ce que nous sommes, en tant que communauté? »

À Whitehorse et à Carcross, les billets sont au prix que vous souhaitez donner. « Nous voulions que les gens qui ne vont jamais au théâtre aient la possibilité d’y aller, sans que le prix soit un obstacle », explique Geneviève Doyon.

Avec une mise en scène de Jessica Hickman, des décors de Michel Gignac et des acteurs à la fois locaux (Brenda Barns, Geneviève Doyon elle-même et Roy Nelson) et d’ailleurs au Canada, cette pièce éclatera probablement votre vision du théâtre ainsi que peut-être celle de la communauté dans laquelle vous vivez.

Pour plus d’information : www.openp.it 

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