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Bras politiques : écouter, servir et mobiliser ?

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Jean-Pierre Dubé (Francopresse)

La diversification du financement permettrait aux organismes de mieux servir la population francophone que ne le fait le gouvernement. Mais en jouant ce rôle, les porte-parole dans les provinces et territoires ont-ils compromis leur capacité de revendiquer et éloigné le citoyen du processus décisionnel ?

Des membres du Conseil d’administration de la FCFA en discussion : Angélique Bernard (Yukon), Denis Vaillancourt (Ontario) et Jeanne d’Arc Gaudet (Nouveau-Brunswick), assistés de Pierre Bhérer, le directeur du bureau au Québec.  (Photo FCFA).

Des membres du Conseil d’administration de la FCFA en discussion : Angélique Bernard (Yukon), Denis Vaillancourt (Ontario) et Jeanne d’Arc Gaudet (Nouveau-Brunswick), assistés de Pierre Bhérer, le directeur du bureau au Québec.
(Photo FCFA).

La semaine dernière, les 16 organismes nationaux sollicités ont partagé l’essentiel de leurs états financiers. Cette semaine, la réponse des organismes porte-parole dans les provinces et territoires traduit une certaine résistance.

On craint qu’un sommaire dans un tableau ne rende pas compte de la complexité, selon le directeur général de la Fédération des francophones de Terre-Neuve et du Labrador, Gaël Corbineau. « Les réalités de nos organismes sont extrêmement différentes. Ne donner qu’un montant brut sans dissocier les financements de base des projets n’a pas de sens, car ça ne démontre rien sur les ressources nécessaires à l’accomplissement de nos missions.

« En fonction de la réalité de chaque province et territoire, écrit-il, certains n’assument qu’un rôle de porte-parole alors que d’autres gèrent plusieurs dossiers sectoriels : culture, santé, jeunesse, immigration. Les mettre côte à côte dans un beau tableau en ne les comparant qu’avec leurs revenus n’amènera que des confusions. »

La directrice générale de l’Association franco-yukonnaise, Isabelle Salesse, précise davantage. « Pour certaines organisations telles que l’AFY, la totalité du financement permet d’offrir de nombreux services à la communauté. On a 25 employés à temps plein et des contrats à mi-temps pour certains projets. Il est important de saisir ce concept de guichet unique pour comprendre la diversité et le niveau du financement de l’organisation. »

Le politicologue Éric Forgues reconnait qu’une meilleure compréhension nécessiterait davantage de détail et de contexte. Mais il a trouvé matière à analyse, en particulier sur la diversification des revenus et ses conséquences.

« Tous reçoivent des fonds de Patrimoine canadien, note le directeur général de l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques. Au moins huit ont du financement pour appuyer l’immigration et au moins sept reçoivent des subventions provinciales ou territoriales. Deux groupes obtiennent aussi de l’aide de fondations.

« La diversification est dans le discours, signale-t-il, mais est-ce qu’on en fait assez du côté privé ? On en a besoin pour éviter une dépendance sur les gouvernements qui réduit la marge de manœuvre. La diversification a aussi son côté pervers : gérer les demandes et rendre des comptes, ça alourdit l’administration.

« L’autre enjeu, selon Éric Forgues, c’est l’écartèlement entre les rôles de livreur de services et de porte-parole. Quand on accepte de jouer les deux rôles, ça peut mettre les associations dans une situation ambivalente. »

Les conséquences se font sentir sur la vitalité, selon le professeur de science politique. « La situation me fait penser à l’expression suivante : si ton seul outil est un marteaux, tout ce que tu vois c’est des clous. On offre des services, mais va-t-il rester une population active pour les demander ? Il y a une perte d’effectifs et de compétences linguistiques. Qu’est-ce qu’on fait pour revitaliser les populations ?

« Il y a aussi de l’innovation dans la gouvernance, estime Éric Forgues. Mais on voit une résistance à partager la prise de décisions concernant l’avenir des communautés. »

Le politicologue de l’Université de Moncton évoque le récent refus au Nouveau-Brunswick d’établir une assemblée délibérante, comme chez les Fransaskois et les Franco-Ontariens. « Les organismes ne veulent pas donner plus de pouvoir aux citoyens. Ils veulent continuer à décider entre eux l’allocation des fonds. Des intérêts sont en jeu. Alors on a un problème de participation : le citoyen n’a pas vraiment de prise sur les décisions et il se désintéresse. »

Bras politique national, la Fédération des communautés francophones et acadienne affirme que le citoyen peut trouver sa place, contrairement à ce qui a été allégué dans l’article de la semaine dernière. L’assemblée annuelle est ouverte à tous, explique le directeur des communications, Serge Quinty.

« Nous envoyons annuellement plusieurs centaines d’invitations et depuis l’arrivée des médias sociaux, nous nous en servons pour publiciser largement cet événement. Il n’est pas rare que des étudiants ou des citoyens se sentent interpellés et viennent y assister. Depuis deux ans, nous faisons un livetweeting des discussions. Certes, seuls les organismes membres de la FCFA peuvent voter aux assemblées. »

Le tableau montre une variété de sources de financement. On constate que les revenus ne sont pas proportionnels au nombre de francophones mais en fonction des dossiers assumés.

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