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Brad Firth court 1 200 kilomètres pour sauver la rivière Peel

Brad Firth court 1 200 kilomètres pour sauver la rivière Peel
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Nelly Guidici

Imaginez un voyage de 1 200 kilomètres depuis Inuvik (Territoires du Nord-Ouest) jusqu’à Whitehorse. Imaginez que vous parcourez cette distance en courant, à l’assaut du vent et de la neige. Ce projet incroyable, Brad Firth l’a accompli au mois d’avril.

Originaire d’Inuvik et membre de la Nation Gwich’in, Brad Firth surnommé « Caribou Legs » (jambes de caribou) a décidé de courir pour protéger la rivière Peel.

Alors qu’il discutait avec sa cousine, il réalisa à quel point sa famille, mais également les gens de sa communauté étaient soucieux et en colère après que le gouvernement du Yukon a décidé d’ouvrir 80 % du bassin de la rivière Peel à l’exploitation. Cette décision va à l’encontre du rapport final rendu par une commission qui avait préconisé que 80 % de la région concernée devaient être protégés.

« Je l’ai fait pour vous, je l’ai fait pour la Peel »

Brad Firth aussi appelé « Caribou Legs » a couru 1 200 kilomètres depuis Inuvik jusqu’à Whitehorse entre le 2 et 29 avril 2014 afin de protéger le bassin de la rivière Peel. Photo : Nelly Guidici.

Brad Firth aussi appelé « Caribou Legs » a couru 1 200 kilomètres depuis Inuvik jusqu’à Whitehorse entre le 2 et 29 avril 2014 afin de protéger le bassin de la rivière Peel. Photo : Nelly Guidici.

Parti le 2 avril 2014 d’Inuvik, Brad Firth a recueilli les lettres de contestation des communautés traversées telles que Fort MacPherson ou Dawson. Le 29 avril, après avoir parcouru 75 km dans la journée depuis le camping du lac Fox, il a terminé sa course sur la rue Main devant un comité d’accueil et au son des tambours. Des banderoles « Protect the Peel » étaient également déployées afin que le plus grand nombre puisse voir le message.

Une plume lacée par un ruban rouge dans la main, un casque sur les oreilles, M. Firth a savouré la fin de son parcours entouré de sa famille, de ses amis et de ses nombreux partisans venus pour l’occasion.

Au pied du totem de guérison, il s’est adressé à l’assemblée. « Je l’ai fait pour vous, je l’ai fait pour la Peel ». Entouré de Joseph et Danny Kay, deux jeunes frères qui l’ont accompagné dans sa course sur 20 kilomètres, il a exprimé sa reconnaissance envers les deux jeunes. « Je suis tellement reconnaissant envers les frères Joseph et Danny. Ils m’ont porté à Whitehorse comme de jeunes guerriers quand je voulais jeter l’éponge! »

Une rencontre sans résultats avec le premier ministre Darrell Pasloski

Lundi 5 mai 2014, M. Firth accompagné d’aînés, de jeunes, de femmes et d’hommes ont marché le long de la rivière Yukon jusqu’au parlement. Posté devant le bâtiment, il a lu des extraits des lettres qu’il a reçues tout au long de son voyage sous les applaudissements de l’assistance. Les messages sont clairs, ils pressent le premier ministre de revenir sur sa décision et de tout faire pour protéger la rivière Peel. Un résident d’Aklavik a écrit : « Aklavik est la communauté dans laquelle j’ai grandi. Je ne veux pas de développement minier dans la région de la rivière Peel parce que la faune et la rivière vont être affectées. »

Brad Firth lui-même précise : « Le bassin de la rivière Peel est un endroit sacré, je ne m’arrêterai pas tant que la région ne sera pas protégée. »

Dans l’après-midi, accompagné par les frères Kay, M. Firth a rencontré le premier ministre Pasloski et son ministre de l’Environnement, Currie Dixon. Malgré les propos de M. Firth et les lettres demandant au gouvernement de revenir sur sa décision, Pasloski a prôné un développement responsable estimant qu’il est possible d’ouvrir la région de la Peel aux industries minières tout en protégeant la faune et la flore. Brad Firth estime que les propos du premier ministre sont confus, embarrassants et trompeurs. Cependant, il pense que même si cette rencontre ne changera rien, des points de vue divergents ont pu être échangés.

De son côté, le ministre de l’Énergie, des Ressources et des Mines Scott Kent s’est exprimé dans les médias : « Si nous décidions d’exproprier ou d’indemniser les détenteurs de claims, cela enverrait une onde de choc à la communauté des investisseurs. »

Le voyage et la sensibilisation continuent

M. Firth n’est pas prêt d’abandonner le combat. Il a décidé de sensibiliser la population à l’échelle nationale en traversant la Colombie-Britannique. Son projet simple et gigantesque à la fois est de courir de Vancouver jusqu’à sa communauté d’Inuvik afin de compléter la seconde partie de son voyage et de continuer à diffuser un message d’espoir pour la sauvegarde de la rivière Peel.

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