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Bloguer pendant la COVID-19

Julien Latraverse

Trois blogueuses francophones du Yukon témoignent au sujet de leur adaptation à la COVID-19.

Le lectorat mensuel du blogue de Julie Gillet Back a légèrement baissé passant de 3 000 personnes à 2 500. Photo : Julie une fois

 

Les restrictions en place forcent certaines blogueuses francophones du Yukon à modifier la présentation de leur contenu, mais leur donnent aussi plus de temps pour s’adonner à ce projet personnel.

Julie Gillet Back, Émilie Thibault-Maloney et Kelly Tabuteau s’entendent toutes sur un point : elles ne veulent pas traiter directement de la COVID-19 sur leur blogue. Même s’il est difficile d’ignorer cette problématique actuellement, elles arrivent à proposer du contenu en retournant chacune aux fondements de leur cybercarnet.

Par exemple, Julie Gillet Back a participé à la campagne du gouvernement du tourisme du Yukon #ExploreYukonLater avec son compte Instagram, du même nom que son blogue, Julie_une_fois, « pour encourager les gens à toujours venir au Yukon, mais plus tard », indique-t-elle. Un conseil qu’elle a par ailleurs appliqué pour ses propres voyages prévus cet été. « J’avais prévu un article sur le blogue [Julie une fois] sur mon voyage en Alaska, mais je ne sais plus s’il sera maintenu, commente Mme Gillet Back. À la place, je vais sûrement en écrire un sur les randonnées à faire autour de Whitehorse », ajoute-t-elle à la blague afin de démontrer l’impact de ces changements de plan. De plus, la blogueuse ne désire pas donner de « faux espoirs » aux voyageurs en les confrontant aux restrictions en place pour le moment, comme la fermeture des frontières au Yukon.

Dans la même veine, Émilie Thibeault-Maloney, mieux connue sous le pseudonyme La Yukonnaise, admet faire plus attention dans ses recommandations de voyage. La visite impromptue d’un couple de Québécois à la fin du mois de mars dans la communauté d’Old Crow a semé l’émoi au territoire et chez la blogueuse. « Je suis administratrice du groupe Facebook Voyager au Yukon et j’ai fait une publication pour pousser les gens à être sensibles à notre nouvelle réalité et d’éviter les voyages dans les communautés où la population est plus vulnérable », informe-t-elle.

Du côté de Kelly Tabuteau, l’autrice derrière le blogue Lily’s Road, commente que le plus gros changement en est un d’ordre temporel. En effet, dans la volée d’annulation du coronavirus, plusieurs activités et projets « sont tombés à l’eau », commente-t-elle. « Mais maintenant, j’ai plus de temps pour écrire et faire du contenu pour mon hobby », souligne Mme Tabuteau de surcroît.

 

Pour Kelly Tabuteau, son blogue était avant tout un moyen de garder contact avec sa famille lors de son immigration au Canada.
Photo : Lily’s Road

 

Le point de vue des expatriés

Une autre dimension surprenante pour les blogueuses d’origine européenne Kelly Tabuteau et Julie Gillet Back, est le questionnement d’outremer. Comme l’explique Kelly Tabuteau, son blogue était une façon de tenir ses proches informés de son parcours au Canada. Toutefois, cette expérience l’amène à présenter la réalité du Yukon.  « J’ai eu une demande d’interview d’un site qui s’appelle nouvelleviepro.fr […] pour faire un tour du monde d’expatriés pour savoir comment se passe le confinement et la situation aux quatre coins du monde », fait-elle savoir.

Du côté de Mme Gillet Back, son parcours d’immigrante la pousse à informer les personnes désireuses de faire le grand saut de l’Atlantique pour atterrir au Canada. « Je passe beaucoup de temps à répondre aux questions de mes lecteurs […], les gens sont inquiets pour leur avenir », expose celle-ci. Elle a même créé un collectif avec d’autres blogueuses d’un peu partout dans le pays de l’unifolié, afin de recenser les informations de base, tel que le coût de la vie dans une ville donnée.

Émilie Thibeault-Maloney essaie de promouvoir le tourisme durable à l’aide de son blogue La Yukonnaise qui affiche plus de deux mille « j’aime » sur Facebook. Photo : La Yukonnaise

 

Devant le flux d’information lié à la COVID-19 sur les réseaux sociaux, écrire sur son blogue ou présenter du contenu « normal » est en quelque sorte un moyen de « s’évader », selon La Yukonnaise.  « Personnellement, je n’ai plus le goût d’en entendre parler. C’est le fun de voir autre chose sur les médias sociaux », conclut-elle. De ce fait, ces blogueuses continueront de s’adapter, un billet à la fois.

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