Accueil » À la une » Bilan de la faim au Canada : Moins de familles monoparentales, plus d’aînés touchés

Bilan de la faim au Canada : Moins de familles monoparentales, plus d’aînés touchés

Marc Poirier (Francopresse)

Le dernier rapport de l’organisme Banques alimentaires Canada présente des signes encourageants. En comparaison à 2018, le nombre de visites dans les différentes banques à l’échelle du pays a légèrement diminué cette année. Parmi les utilisateurs, les familles monoparentales et les enfants sont en baisse. Pourtant, les chiffres sont tout de même inquiétants : près d’un utilisateur sur deux est une personne vivant seule et la proportion de personnes âgées qui fréquentent les banques alimentaires ne cesse d’augmenter.

Avec l’autorisation de Banques alimentaires Canada

 

La directrice des communications de Banques alimentaires Canada, Sylvie Pelletier, affirme que la situation est encore loin d’être rose. « Bien que les visites se soient stabilisées dans la dernière année, on voit quand même des tendances troublantes. On parle quand même de 1,1 million de visites dans un mois seulement à travers le Canada. C’est quand même des niveaux qui sont très élevés. »

Le Bilan-Faim 2019 provient de données recueillies en mars dernier auprès d’environ 5 000 banques alimentaires au pays. C’est en 2011, trois ans après la récession de 2008, que le nombre de visites a atteint un sommet, soit plus de 1,2 million dans un mois. Huit ans plus tard, ce chiffre a très peu diminué.

Une clientèle changeante

Si le nombre de visites change peu, la composition de la clientèle, elle, a varié ces dernières années. Ainsi, la proportion des enfants qui visitent les banques alimentaires est passée de 37,2 % en 2010 à 34,1 % en 2019. Un chiffre qui est cependant loin de satisfaire Sylvie Pelletier. « Les enfants représentent 20 % de la population générale. Alors, ils sont surreprésentés dans l’utilisation des banques alimentaires et ça, c’est inacceptable. »

La clientèle provenant de familles monoparentales a également diminué au fil des ans, passant de 27,5 % en 2010 à 18,3 % en 2019.

Par contre, ce sont maintenant les personnes vivant seules qui sont les plus présentes. Aux comptoirs de banques alimentaires, une personne sur deux fait partie de ce groupe.

Les personnes âgées oubliées du filet social

Le rapport souligne aussi une autre réalité inquiétante : les personnes âgées ont de plus en plus recours à l’aide alimentaire. En trois ans, leur nombre a fait un bon de 30 %.

À l’Île-du-Prince-Édouard, du côté de la banque alimentaire de Summerside, gérée par l’Armée du Salut, on voit malheureusement le phénomène s’accentuer. « Quand les personnes âgées viennent ici, c’est avec la tête baissée, souligne le responsable Wayne Green. Ils ont honte de venir. Ils ont vécu de façon indépendante toute leur vie et c’est très difficile pour eux de se résigner à venir nous voir. Mais ce sont aussi ceux qui sont les plus reconnaissants. »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *