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#bienveillancevirale

Maryne Dumaine

Photo : Pixabay

 

Tandis que le Yukon vit une extrême déception, à la fois sportive, communautaire et économique, tandis que les maux de tête montent (à cause des médias sociaux plus que de la fièvre), il se passe dans le monde un truc complètement malade : un pas vers un changement de paradigme. En cette période de montée de la peur, si c’était plutôt l’optimisme que nous rendions viral?

Sans remettre en cause le caractère exponentiellement épidémique du virus aux consonances éthyliques, j’aimerais attirer votre attention au-delà des boîtes de mouchoirs. Oui, au premier plan, il y a cette incompréhension générale. Et, qui dit incompréhension dit « inquiétude ». C’est bien humain. Difficile de comprendre pourquoi ce virus nécessite qu’un pays mette ses six millions d’habitants en quarantaine tandis qu’on nous informe par ailleurs de rester calme. Mais vu mon illettrisme médical avoué, je préfère regarder au-delà. Comme quand on regarde en louchant un peu un de ces tableaux d’art abstrait qui font ressortir une image en 3D, vous voyez?

Le Canard enchaîné, hebdo français satirique, note avec justesse que ce virus aura tout de même quelques effets secondaires positifs et invite à la réflexion : moins de déplacements, c’est bon pour l’environnement; prise de conscience de l’origine de nos biens de consommation, c’est bon pour la production locale… En gros, il s’agit de réfléchir à nos priorités. Et on notera (sans grande surprise) que pour certains, la priorité se sera portée sur le confort du popotin…

Mais au-delà de commencer à s’essuyer les fesses avec du papier journal (#idéerecyclage), pouvons-nous envisager de sortir de nos zones de confort? Encourager le travail à distance. Ne plus prendre l’avion au gré de nos envies. Penser à deux fois avant d’acheter la bébelle plastique ou électronique à la mode. Vibrer en chœur ou réfléchir ensemble sans avoir à se réunir physiquement…

Dans un avenir proche, nous devrons de toute façon faire face à des changements en matière d’empreinte écologique. Faut-il une mise en quarantaine mondiale pour changer l’ordre du monde vers un nouveau mode de vie et de consommation? Pas besoin de consommer des avions pour être heureux!

Le 20 mars, quoi qu’il advienne, ce sera la Journée mondiale du bonheur. Journée qui se jumelle avec la Journée internationale de la Francophonie. Notons quelque chose qui rend heureux : la Direction des services en français est au cœur de la cellule d’information des affaires sanitaires au Yukon! On va pouvoir tousser en français! (Oui, oui, dans le coude, on sait!)

Et si on ne peut pas se réunir pour fêter, et si on ne peut pas se toucher pour communiquer, on pourra toujours célébrer notre langue, continuer de nous exprimer et de semer du bonheur autour de nous. On aura peut-être un peu moins de gros câlins gratuits dans la vie, mais on peut rester optimistes : serrons-nous les coudes (ah non! c’est vrai, on a toussé dedans…) et regardons un peu plus loin que le bout de notre nez qui coule. Au lieu de craindre la peur, semons plutôt des graines d’entraide et de bonheur, car la bienveillance aussi, c’est contagieux.

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