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Bien préparer une expédition : les conseils de Claude Vallier

Maryne Dumaine

Claude Vallier est un expert en matière d’expédition en arrière-pays. Voici quelques conseils qu’il donne pour prendre en considération la sécurité. Avant de réaliser une aventure de rêve, mieux vaut tout mettre en place pour qu’elle ne tourne pas au cauchemar.

Avant de s’aventurer dans des expéditions de ski de randonnée, Claude Vallier insiste sur l’importance de mettre à jour les contacts de vos appareils de communication et de prévenir votre personne-ressource. On le voit ici en compagnie de David Morissette, lors d’une expédition effectuée au début du mois de février.
Photo : Yukon Backcountry Skiing

 

Claude Vallier est connu pour ses deux ouvrages qui répertorient les itinéraires de ski de randonnée au Yukon et en Alaska. Il a également sorti un film en 2018 qui présentait une expédition faite avec ses deux filles, Kiona et Heidi, dans le domaine du mont St Elias — film qui l’a d’ailleurs mené à écrire un article publié dans le magazine français Skirando le mois dernier.

Si les randonnées à ski et les photos qui en sortent font toujours beaucoup rêver, on se penche pourtant peu sur l’un des aspects les plus importants de cette activité : la préparation. Claude Vallier a décidé de consacrer du temps à cet aspect essentiel des randonnées et il a récemment mis sur pied des formations visant à préparer les professionnels du milieu à porter secours à des personnes qui s’aventurent en milieu éloigné.

L’appel d’urgence : la dernière ressource

Quand on pense à la sécurité, on pense aux moyens de faire des appels d’urgence. Selon M. Vallier, « L’appel d’urgence, c’est le dernier recours, il faut se préparer bien en amont! »

Tout d’abord, il est important selon lui de planifier où vous allez aller, et quels sont les risques encourus. Ensuite, tant sur les plans technique que physique, il faut se donner de la marge. Sa formation donne l’exemple de guides de montagne : « Les guides devraient s’assurer que les clients ne vont pas au-delà des 50 % de leur capacité, tout en gardant en tête que bien souvent les gens surestiment leurs capacités! ».

Dans le cas où un appel d’urgence serait une option, il y a une question à se poser : est-ce vraiment une urgence? Si oui, il faut appeler sans attendre et avant que la situation dégénère.

Une bonne préparation : une étape clé

« Avant de partir, assurez-vous d’avoir l’équipement approprié, pour la randonnée bien sûr, mais aussi en ce qui concerne la communication. » De ce fait, le randonneur rappelle qu’il faut bien penser aux piles électriques (qui sont plus faibles par temps froid), au crédit disponible ou au plan d’appel, et bien sûr, s’informer des moyens de connexion disponibles. Un téléphone cellulaire n’est pas la meilleure option dans les régions éloignées. Et si vous n’avez pas d’équipement spécialisé, assurez-vous au moins de savoir où se situe le téléphone ou le réseau cellulaire le plus proche. Les téléphones satellites ou les balises de localisation personnelles sont selon lui de bonnes options. Il en existe différents modèles, mais il faut s’assurer de savoir s’en servir!

Une fois l’équipement prêt et maîtrisé, assurez-vous d’informer une personne au sujet de votre projet, même si vous partez toutes les fins de semaine. Cette personne doit absolument être informée, disponible et joignable. « Dans mes formations, en général tout le monde sait s’ils ont programmé un contact d’urgence ou pas. Mais peu de gens se souviennent de qui il s’agit », explique M. Vallier.

« Les gens ne le savent pas, mais si les services de secours reçoivent un appel d’urgence, ils tenteront avant tout de joindre une personne-ressource. Si cette personne est en vacances en Floride, elle risque de ne pas savoir où est garé votre véhicule! Les recherches vont donc prendre plus de temps. Et en situation d’urgence, chaque minute compte », affirme-t-il. « Quand on sait que les secours arrivent, on est plus sain d’esprit! Ça compte dans notre capacité à attendre et à gérer notre énergie. » Surtout au Yukon, où, compte tenu des distances et de la géographie du territoire, les secours peuvent prendre parfois plus de 24 h avant d’arriver. « Quand on sait que notre système est fiable, que notre contact est joignable, on a moins de stress. Quand les gens paniquent, ils se séparent ou se déplacent, ce n’est pas une bonne idée. »

Vous trouverez ci-dessous la liste des informations à fournir à votre contact, un pense-bête à découper (Idée : Faites un Imprim’écran avec votre téléphone!) et à garder avec votre équipement de randonnée!

Que faire en cas d’urgence?

Si vous avez une balise de localisation, un message d’urgence sera envoyé automatiquement à votre contact (qu’il vous faudra prédéterminer et prévenir) ainsi qu’à un centre d’urgence. Le Centre d’urgence, basé à Houston, joindra votre contact pour confirmer la situation. Si votre contact ne sait pas que vous êtes parti à l’aventure, ni où, ni avec qui, ça retardera le processus.

Si vous êtes la personne qui fait l’appel d’urgence (par exemple par téléphone satellite), assurez-vous de savoir où vous êtes avant d’appeler. Êtes-vous en Colombie-Britannique ou au Yukon? Ou même aux États-Unis (Alaska) ou au Canada? Cela fera une grosse différence. Selon l’endroit où vous serez, vous devrez contacter soit le 911, soit la GRC (d’Atlin ou de Whitehorse), soit les services des Parcs nationaux. Assurez-vous de connaître les bons numéros à joindre avant de partir.

Lorsque l’appel est fait, il y a deux options : si vous êtes avec une personne blessée, dites-le immédiatement et demandez à parler à des ambulanciers, dès lors les questions qui vous seront posées seront différentes. Dites-leur aussi immédiatement où vous êtes. Si vous êtes perdus ou mal pris, mais sans présence de blessés, là aussi, dites-le immédiatement et demandez à parler à la gendarmerie.

Claude Vallier conclut la conversation en mentionnant qu’une bonne préparation reste le meilleur moyen de se sortir de bien des situations. Des cours d’avalanche, de premiers soins en milieu éloignés par exemple sont à considérer avant de s’aventurer. Il rappelle enfin que la priorité doit toujours être mise sur la sécurité.

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