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Après…

Maryne Dumaine

Après la pluie, le beau temps, dit-on…

Dame Nature n’a pas oublié ce dicton en nous fournissant une météo enfin plus clémente et estivale.

Mais ce dicton a également un sens plus large. Il nous encourage à voir à travers les épreuves de la vie l’impermanence des défis. Après la pluie, ça ira mieux. Il y aura un après. Un après humide, certes, plein de moustiques régénérés. Un après différent d’avant l’ondée, bien souvent.

Photo : Flickr

 

Mais qu’arrive-t-il après la découverte macabre de 215 enfants, dont les décès n’ont jamais été répertoriés? « Qu’est-ce qu’on peut bien faire, après ça? », se demandait JJ Goldman, dans une chanson des années 90. Cette phrase résonne dans mon esprit depuis ce jour tragique, où j’ai expliqué à ma fille de 8 ans pourquoi les drapeaux étaient en berne, cette fois-ci. « Non, ce n’est pas un prince qui est mort, cette fois, ma chérie… » Qu’est-ce qu’on peut bien faire, après ça?

Au-delà de l’empathie, des larmes et du processus de guérison collective, comment un pays se remet-il d’un déluge de cette sorte? Des excuses sont de rigueur, certes. C’est un début. Mais comme dans tout processus de réconciliation, la seule voie qui permettra d’entrevoir un peu de lumière dépend d’un engagement vers le changement. Pas un engagement vers « les conditions d’avant ». Un vrai changement tourné vers l’avenir.

La semaine suivant la macabre nouvelle, le gouvernement annonçait l’avancée de la création d’une commission scolaire autochtone au Yukon. Le slogan « Nos enfants, notre éducation » semblait résonner jusqu’à 100 pieds sous terre! Un terme tourné vers un potentiel d’avenir, tourné vers un processus de collaboration, de communication et d’intégration des méthodes et des savoirs à la fois traditionnels et porteurs de changements pour des enfants qui font toujours face à des inégalités.

En tant que francophones, nous nous sommes battus, jusqu’à aller en cour, pendant des décennies pour avoir le droit d’éduquer nos enfants dans notre langue. Comment une réconciliation des peuples autochtones envers le gouvernement pourrait-elle avoir lieu sans qu’ils et elles aient également accès à ce droit d’instruire leurs enfants selon leur propre culture? Selon leurs propres méthodes, traditions, chansons et langues?

Tandis que nos jeunes d’expression française viennent de célébrer leur fin de parcours scolaire, tandis que le CSSC célébrait ses premiers finissants sa première finissante, il est bon de savoir qu’au Yukon l’histoire avance. Que le « comme avant » n’est pas ce qu’on vise.

La reconnaissance, l’empathie, l’humilité et les apprentissages des erreurs sont, tristement, les clés d’un avenir meilleur. Il est indéniable que la pluie fait partie de notre passé commun. Mais il est bon de voir et de savoir qu’après l’ondée le soleil pointera de nouveau son nez, garant de l’épanouissement de nos jeunes pousses qui pourront s’élever vers le ciel, tourné.e.s vers un avenir non tracé.

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