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Anniversaire de la Société de conservation du Yukon

Nelly Guidici

Le 2 novembre dernier, l’organisme célébrait 50 ans de lutte et de sensibilisation.

Plus de 170 personnes se sont regroupées le 2 novembre 2018 afin de célébrer la création de la Société de conservation du Yukon (SCY), un organisme à but non lucratif. Plusieurs artistes locaux, comme Leslie Leong ou encore Joyce Majiski, se sont impliqués lors de la soirée qui a permis de récolter un total de 5000 $ : « Nous sommes très heureux et nous avons dépassé notre objectif lors de la collecte de fonds », précise Julia Duchesne, directrice des communications et de la sensibilisation au sein de l’organisme.

Une soirée sous le signe de la narration

L’honorable Pauline Frost, membre de la Première Nation Vuntut Gwitchin et actuelle ministre de l’Environnement au sein du gouvernement du Yukon, était présente pendant les festivités et s’est exprimée sur la façon dont elle s’est impliquée dans la protection du bassin de la rivière Peel, qui est l’un des plus gros dossiers traités par l’organisme. De même, Lewis Rifkind, analyste du secteur minier au sein de la SCY, a parlé de l’historique des mines au territoire. Il a notamment abordé un conflit qui avait opposé les mineurs du Klondike et le gouvernement du Yukon en 2003. Plusieurs bénévoles se sont également exprimés au sujet de l’énergie. Par ailleurs, plusieurs pièces d’archives qui sont normalement conservées dans les locaux de l’organisme ont, pour l’occasion, été sorties afin que le public puisse découvrir en images et en mots les combats passés : « Les efforts pour protéger l’environnement peuvent être déployés dans la controverse parfois », précise Mme Duchesne.

Un organe consultatif

Créé en 1968 par un groupe de bénévoles soucieux de voir un développement du territoire respectueux de l’environnement, l’organisme est né pendant « une époque où un grand nombre de projets de développement liés aux ressources ont émergé », explique Mme Duchesne. Aujourd’hui, la Société de conservation du Yukon a un rôle consultatif auprès du gouvernement du Yukon dans les projets de développement pour lesquels elle a un droit de regard. « Quel que soit le projet, nous partageons des recommandations et soumettons des commentaires en pointant les risques environnementaux lorsqu’il y en a », précise Mme Duchesne. Cependant, leur impact peut sembler limité dans la mesure où il n’y a pas de caractère d’obligation pour les recommandations soumises. En effet, la mine de zinc Wolverine dans le sud-est du territoire n’a pas engrangé le montant souhaité pour le nettoyage du site : « Cette mine devait dépenser 25 millions de dollars pour le nettoyage, mais elle n’a octroyé que 10 millions », rappelle la directrice. En matière de protection de l’environnement, le combat semble infini, comme l’exprime Mme Duchesne : « Dans ce domaine, il faut vraiment se préparer pour la prochaine attaque; c’est un combat sans fin. » Cependant, les victoires, lorsqu’elles arrivent, sont toujours l’occasion de célébrer, comme dans le dossier de la protection du bassin de la rivière Peel pour lequel l’organisme a travaillé de concert avec la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP), un autre organisme à but non lucratif implanté au territoire. « Nous allons continuer à travailler étroitement avec la SNAP sur d’autres dossiers, car nous avons des centres d’intérêt communs en termes de protection de l’environnement, mais comme nous avons aussi des champs d’expertise différents, nous nous tenons mutuellement informés afin de rester efficaces », conclut Mme Duchesne.

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