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André Bourcier fait le saut en politique active

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Pierre-Luc Lafrance

Connu pour son implication communautaire (actuel vice-président de l’Association franco-yukonnaise, ancien président de la Commission scolaire francophone du Yukon, entre autres), André Bourcier a décidé de passer à une autre étape en se lançant en politique active. En effet, il mènera une lutte à Melissa Atkinson pour l’investiture du Nouveau Parti démocratique au Yukon. Le vote aura lieu le 7 juillet lors d’une assemblée. Puisque cette période de l’année est propice aux voyages, un mode de scrutin à distance devrait également être établi. L’Aurore boréale l’a rencontré à ce sujet.

André Bourcier s’est lancé dans la course à l’investiture pour représenter le NPD aux prochaines élections fédérales. Nous saurons quel candidat entre lui et Melissa Atkinson sera choisi après le vote du 7 juillet. Photo : Thibaut Rondel

André Bourcier s’est lancé dans la course à l’investiture pour représenter le NPD aux prochaines élections fédérales. Nous saurons quel candidat entre lui et Melissa Atkinson sera choisi après le vote du 7 juillet. Photo : Thibaut Rondel

Pour M. Bourcier, le choix de passer à la politique active s’est fait naturellement.

« J’ai toujours été militant et j’ai une facilité à naviguer à l’intérieur de l’appareil politique », affirme-t-il.

Il rappelle qu’il est membre de la communauté yukonnaise depuis des années.

« J’ai travaillé ici, j’ai été parent ici. Je me suis impliqué dans la communauté. On fait de belles choses, mais je n’ai jamais pu m’empêcher de penser qu’on aurait pu faire plus avec plus de moyens. Et quand on parle de plus de moyens, ça m’a amené à penser à Ottawa ou à l’Assemblée législative afin d’avoir plus de leviers pour aider les gens. »

M. Bourcier se voit surtout comme un travailleur de terrain communautaire.

« J’ai travaillé auprès de la communauté francophone, mais aussi des communautés autochtones. Je m’intéresse beaucoup à la question de l’altérité : rencontrer l’autre là où il se trouve. On se rend compte que l’autre groupe, même s’il n’est pas pareil à toi, a des intérêts semblables. J’ai toujours eu un mode de pensée organique en essayant de travailler avec les autres. »

M. Bourcier admet avoir hésité avant de se lancer dans cette aventure.

« Comme tous les gens de terrain qui proviennent du milieu associatif et communautaire, je me suis toujours méfié des partis politiques. Ce sont de grosses structures avec des lignes de parti. Sauf que je regardais la scène politique et je me disais que quelque chose en sortirait qui pourrait me rejoindre. Et c’est le cas avec le NPD. J’ai rencontré les gens du parti et on s’est rendu compte qu’on avait plus de points communs que de divergences. »

Les grands enjeux

Pour André Bourcier, le principal enjeu se résume à la politique de division.

« Que ce soit à Ottawa ou ici, avec le Yukon Party, la façon de gouverner est la même. On divise la population en petits groupes d’intérêt. Ainsi, dans le cas de la  Commission scolaire francophone, on divise les francophones du reste de la population. Ou dans le cas du projet de loi S-6, on met en opposition les gens du secteur miniers et les Premières nations. Mais ce n’est pas la réalité. On vit tous au Yukon. C’est très mauvais comme façon de fonctionner. »

Il estime aussi que la question de l’éducation est primordiale, surtout avec les problèmes soulevés par le Comité de vérité et réconciliation. Il est aussi inquiet des répercussions du projet de loi S-6.

« On cherche à augmenter le rôle du ministre dans le processus et à diminuer le rôle de la commission, alors que justement la décision de mettre en place cette commission était d’avoir une instance qui demeure neutre par rapport au politique. » Dans le même ordre d’idée, il craint les dérives du projet de loi C-51. « C’est une politique de peur et de contrôle qui doit disparaître. Les gens ne doivent pas avoir peur d’exprimer leurs opinions, même quand elles divergent de celles exprimées par le gouvernement. C’est un grand enjeu qui affecte l’identité profonde du Canada. »

La question des langues officielles est aussi névralgique selon M. Bourcier.

« Juste pour la question de l’éducation en français, il y a cinq régions qui sont en cour. Sans parler des problèmes à faire respecter la Loi sur les langues officielles à l’intérieur même de l’appareil gouvernemental. »

Linguiste au Yukon Native Language Center, M. Bourcier estime que l’expérience qu’il a acquise au Yukon, autant dans son implication communautaire que lors de ses quinze années à travailler avec les peuples des Premières nations, l’aiderait à assumer la tâche de porte-parole de tous les Yukonnais à Ottawa.

« J’ai l’expérience d’être allé en cour avec la Commission scolaire et j’ai vu comment cela peut-être diviseur pour une petite communauté comme la nôtre. Je crois qu’en partageant mon expérience, je pourrais éviter que des situations similaires se reproduisent. »

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