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Alléger la solitude des aînés, une petite douceur à la fois

Marie-Hélène Comeau

La socialisation à distance entre les personnes âgées et leur famille, leurs amis ou leurs bénévoles en contexte d’interdiction de visite, n’est pas une chose facile à vivre. Cet obstacle en force plus d’un à trouver de nouvelles façons de briser l’isolement imposé en ce contexte de pandémie. C’est ce que propose un tout nouveau projet de correspondance à saveur franco-yukonnaise.

Le nouveau Club de correspondance franco-yukonnais « Les p’tites douceurs » vise à briser l’isolement vécu chez les personnes âgées du territoire.
Photo : Marie-Hélène Comeau

 

Le Yukon comme partout ailleurs au pays a répondu à la menace pandémique en mettant en place, depuis plus d’un mois, différentes mesures de confinement. Ainsi, depuis le 16 mars dernier, les portes des centres de soins de longue durée du Yukon se sont fermées aux visiteurs afin de protéger leur population particulièrement vulnérable. Cette décision entraîne toutefois un isolement social important pour cette population à risque. Force est de constater que ce n’est pas toujours facile pour les résidents qui ont besoin d’être stimulés par ces rencontres ainsi que pour les gens qui souffrent de voir la solitude dans laquelle leurs proches sont plongés.

Compte tenu de cette nouvelle réalité, les employés de ces centres ont redoublé d’efforts afin de trouver des solutions pour briser cet isolement. La coordination de rencontres virtuelles régulières entre famille et parent en est un bon exemple, ainsi que des rencontres qui se font chacun de son côté d’une fenêtre du bâtiment. C’est dans cet ordre d’idées qu’un nouveau projet intitulé « Les p’tites douceurs » a été initié par le Partenariat communauté en santé (PCS) en collaboration avec l’Association franco-yukonnaise.

Il s’agit d’un club de correspondance à l’ancienne, c’est-à-dire avec l’utilisation du papier et d’un crayon. Avec ces outils tout simples, les gens de la communauté franco-yukonnaise sont invités à écrire une carte postale à des aînés qu’ils posteront par la suite à l’adresse d’un centre de soins de longue durée de Whitehorse ou de Dawson, ou alors au domicile d’un aîné du Yukon. Ces cartes postales affranchies seront fournies exclusivement aux gens inscrits au Club de correspondance.

« Le projet est simple et ne demande pas d’accès à une grande technologie. Cet aspect était vraiment important pour nous », explique Sandra St-Laurent, directrice du PCS. « Le projet est ouvert à tous. Nous avons des cartes postales timbrées que les gens peuvent se procurer. Ils peuvent ensuite y écrire un petit mot en français et poster la carte postale entre autres à l’un des centres de longue durée où des membres du personnel bilingue pourront les lire aux résidents. Les gens n’ont pas à connaître le destinataire, ils n’ont qu’à adresser leur carte postale de façon générale à un homme ou à une femme », précise-t-elle.

Les centres toujours en quête de solutions

Au Centre de soins de longue durée Copper Ridge, on se réjouit de cette initiative du PCS qui permettra d’établir une conversation partagée entre les résidents et les employés des lieux.

« Dépendamment du niveau d’habileté de lecture des résidents, il sera possible pour le personnel de lire ou d’assister les résidents dans la lecture de leur carte postale. L’image sur celle-ci va aussi contribuer à la discussion, la rendant plus élevée entre l’employé et le résident », explique Brigitte Poirier, gestionnaire des unités du Centre de soins de longue durée Copper Ridge, dont la majorité des résidents sont en perte d’autonomie et souffrent de démence. « Plusieurs études montrent l’importance de la lecture de phrases courtes chez les gens qui souffrent de démence. C’est un bon médium, c’est tangible et les images stimulent la conversation. Ça va beaucoup aider », précise-t-elle.

L’importance de garder le lien social avec les bénévoles

Plusieurs projets ont été mis en place dans les centres de soins de longue durée du Yukon depuis la mi-mars et la réponse à ces initiatives est positive en général, selon Brigitte Poirier. « On explore ces initiatives avec les familles des résidents, mais également avec les bénévoles qui ont développé avec les ans de belles relations avec eux », confie-t-elle en précisant que ces bénévoles ne sont pas nécessairement des membres de la famille. Car, rappelle-t-elle, certains résidents n’ont pas nécessairement de liens harmonieux avec les leurs. La relation qui se développe alors avec les bénévoles peut devenir très salutaire pour plusieurs. Par conséquent, une initiative telle que celle proposée par le PCS peut aider à entretenir ces liens.

En effet, pour les aînés, l’apport du bénévolat favorise un vieillissement actif tout en améliorant leur qualité de vie. Selon Mme Poirier, avant le confinement imposé par la présente pandémie, de nombreux bénévoles venaient chaque jour au centre afin de visiter les résidents ou pour les aider lors des activités culturelles. Au fil de ces visites s’installe une belle relation entre les bénévoles et les résidents, même si ces derniers souffrent de démence. « Il y a un confort et une complicité qui se développe dans la présence sans nécessairement devoir passer par la parole », confie-t-elle.

Dessins d’enfants pour la Journée de la francophonie yukonnaise

Un deuxième projet du PCS destiné aux résidents des centres de soins de longue durée du Yukon a également vu le jour. Il fait appel davantage cette fois-ci à la contribution des enfants en les invitant à créer des dessins qu’ils pourront également poster aux différents centres yukonnais. Ces dessins seront affichés soit dans les chambres des résidents ou dans une aire commune lors du 15 mai prochain, afin de souligner dans un esprit de partage la Journée de la francophonie yukonnaise.

Un autre projet fait appel à la contribution des enfants. Les jeunes artistes peuvent envoyer des dessins, qui seront affichés dans les centres pour personnes âgées le 15 mai prochain, à l’occasion la Journée de la francophonie yukonnaise.
Photo : Maryne Dumaine

 

Également, pour éviter toute forme de contamination, l’ensemble des envois postaux reçus devront suivre le même protocole, c’est-à-dire qu’ils seront mis en quarantaine pendant 48 heures. Les employés devront également se laver les mains avant et après leur manutention. Il sera donc important de prévoir ce délai lors de l’envoi des dessins d’enfants.

Les gens désirant se procurer des cartes postales prépayées doivent s’inscrire à l’adresse suivante : pscadjointe@francosante.org ou au (867) 668-2663, poste 810. Les instructions pour participer au projet seront alors transmises lors de l’inscription.

Initiative de journalisme local APF – Territoires

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