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À la rencontre de l’auteure Monia Mazigh

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Françoise La Roche

Monia Mazigh est née en Tunisie et a immigré au Canada en 1991. Elle est romancière et docteure en finances. En 2002, elle a été connue du grand public lorsque son mari Maher Arar a été déporté en Syrie où il a été détenu sans aucune accusation et torturé pendant plus d’un an.

Dre Mazigh sera bientôt de passage à Whitehorse, et elle a accepté l’invitation des EssentiElles à venir raconter son histoire auprès du public francophone le 17 novembre. L’Aurore boréale l’a jointe au téléphone.

Dre Monia Mazigh sera à Whitehorse le 17 novembre à Arts Underground pour présenter une conférence sur la période de sa vie où elle a combattu pour la libération de son mari, Maher Arar, détenu torturé en Syrie en 2002. Photo fournie

Dre Monia Mazigh sera à Whitehorse le 17 novembre à Arts Underground pour présenter une conférence sur la période de sa vie où elle a combattu pour la libération de son mari, Maher Arar, détenu torturé en Syrie en 2002. Photo fournie


Aurore boréale : Qu’est-ce qui vous amène au Yukon?

Monia Mazigh : J’ai reçu l’invitation de l’organisateur du festival Non fiction. J’ai décidé que ce serait une belle occasion de découvrir cette partie du Canada qui est vraiment très loin et qui me fascine particulièrement. Je vais donc joindre l’utile et l’agréable.

A.B. : Le premier livre que vous avez publié porte le titre Les larmes emprisonnées. De quoi parle-t-il?

M.M. : C’est un récit autobiographique qui parle de l’année où mon mari a été arrêté et emprisonné. J’ai décidé d’écrire ce livre pour expliquer comment ma vie est passée de normale à une vie de militante des droits de la personne, mais aussi d’une vie de mère monoparentale.

A.B. : Par la suite, vous vous êtes lancée dans l’écriture de fiction. Comment le changement de genre littéraire s’est-il effectué?

M.M. : Le changement s’est produit doucement, graduellement. Le plus difficile a été d’écrire le premier livre, c’est-à-dire d’acquérir cette discipline d’écrire non pour soi, mais pour les autres. Il y a une certaine rigueur et certaines techniques à apprendre. Après cette première expérience, j’ai décidé de continuer à écrire. Tout d’abord, j’aime vraiment l’écriture, et écrire des histoires de fiction, c’est un peu s’amuser. C’est une autre façon d’écrire, mais aussi une autre façon de parler aux autres à travers différentes histoires.

A.B. : D’où tirez-vous votre inspiration?

M.M. : Un peu de tout. J’ai grandi avec beaucoup d’histoires autour de moi. Je m’inspire de ma vie, de mes souvenirs d’enfance, des gens autour de moi et de mes lectures. Il n’y a pas vraiment un ingrédient qui est plus présent qu’un autre. C’est un peu une recette que j’essaie de concocter chaque fois dépendamment de l’histoire. Il y a de tout là-dedans : ma vie, des expériences vécues et d’autres imaginées.

A.B. : En 2004, vous avez remporté l’investiture néo-démocrate dans Ottawa-Sud. Que retirez-vous de cette expérience?

M.M. : C’était vraiment une expérience intéressante et difficile, mais aussi très motivante pour moi. Difficile parce que c’est quand même beaucoup de travail et de patience d’être à l’écoute des gens, de faire du porte-à-porte et de participer à des débats. Donc, physiquement et intellectuellement, c’est quand même exigeant. Ça m’a donné un sentiment d’humilité, parce qu’on ne choisit pas les personnes auxquelles on va parler. On doit vraiment apprendre de chacun, savoir communiquer et se mettre à la hauteur et à l’écoute des gens.  Une belle expérience pour voir l’aspect de la vie canadienne. À titre d’immigrante, de femme et de mère et ayant vécu ce dont j’ai parlé dans mon premier livre, ça m’a beaucoup apporté.

A.B. : Vous êtes une militante des droits humains. De quelle façon vous investissez-vous concrètement dans ce militantisme?

M.M. : J’ai eu vraiment à me battre dans environnement où la peur a pris le dessus. Après les événements du 11 septembre est née la peur des musulmans, des arabes, la peur de tout ce qui a trait à l’islam et par association au terrorisme. Mon militantisme est sorti d’une expérience personnelle. Mon mari a été arrêté par les États-Unis. À l’époque, je demandais au gouvernement canadien de le rapatrier de la Syrie au Canada, de lui donner ses droits fondamentaux d’être considéré innocent jusqu’à preuve du contraire, de lui donner le droit de se défendre. Depuis, je me suis investie parce que j’ai vu que les injustices continuaient. Je m’investis en m’éduquant moi-même, en écrivant des articles, en participant à des présentations et des manifestations pour faire en sorte que la discrimination et l’injustice ne soient plus acceptées au nom de la peur ou la sécurité nationale.

Pour entendre Dre Mazigh, rendez-vous le vendredi 17 novembre à 17 h 30 à Arts Underground, rue Main. La conférence sera suivie d’une période de questions.

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