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À la recherche d’un prêtre francophone au temps de la COVID-19

Marie-Hélène Comeau

La présente pandémie engendre de nombreux effets collatéraux. L’un d’eux est le retard qu’elle entraîne en ce moment dans la recherche d’un nouveau prêtre pour la communauté francophone catholique du Yukon.

La présente pandémie engendre un retard dans la recherche d’un nouveau prêtre francophone pour le Yukon.
Photo : Marie-Hélène Comeau

 

Le père Marc qui assurait le service de la messe en français au Yukon ces dernières années n’a toujours pas été remplacé, et ce, près de six mois après son départ du territoire. Cette pénurie de prêtres catholiques observée depuis plusieurs années au pays est d’ailleurs exacerbée par la pandémie. Les restrictions de déplacements nationaux ou internationaux ne facilitent en rien le recrutement de nouveaux prêtres.

Dans ces circonstances, trouver un candidat parlant français et désirant s’installer au Yukon s’ajoute à la complexité de la situation.

Lorgner du côté de l’étranger

Pour pallier le manque de prêtres au pays, les évêques canadiens recrutent de plus en plus à l’étranger.

En ce moment, le Yukon compte un évêque et six prêtres, dont un qui attend l’ouverture des frontières pour rejoindre sa mission en Chine. Il s’agit d’un nombre minimal permettant au diocèse de fonctionner. Ces prêtres, ainsi que l’évêque, sont tous d’origine étrangère, soit de l’Italie, de l’Inde, de la Pologne, des Philippines ou du Pérou. Toutefois, aucun d’entre eux ne parle aisément français. D’où l’importance de trouver un nouveau prêtre francophone.

« Ce n’est malheureusement pas un bon moment pour trouver un nouveau prêtre. Ça risque de prendre du temps avant de réussir à amener quelqu’un au Yukon à cause de la COVID-19 », confirme Hélène Lapensée, secrétaire pour la Communauté francophone catholique au Yukon depuis 2014.

L’évêque de Whitehorse Héctor Felipe Vila, en retraite diocésaine au moment de la rédaction de cet article, n’était pas disponible pour une entrevue. C’est donc Mme Lapensée qui a précisé le contexte dans lequel se fait en ce moment la recherche d’un prêtre parlant français pour la franco-yukonnie. « Présentement avec la COVID-19 tout est différent. On doit faire preuve de patience. En attendant, on réussit quand même à offrir certains services en français pendant la messe », précise-t-elle.

À la recherche d’un prêtre bilingue

La communauté francophone catholique, dont la vocation est d’assurer des services religieux continus en français au Yukon, a vu le nombre de ses membres diminuer grandement ces dernières années. Cette situation n’a fait que se détériorer avec la pandémie. Pour plusieurs, en effet, il est plus sécuritaire de rester à la maison plutôt que de prendre le risque d’être exposé au virus en se rendant en présentiel à l’église.

Ainsi, avec une diminution des membres et un besoin criant de prêtres au Yukon, il est devenu difficile de justifier la venue d’un prêtre qui ne serait qu’unilingue francophone pour le Yukon. Il est plus juste, spécifie Mme Lapensée, de parler d’une recherche axée vers un prêtre bilingue pouvant également travailler auprès de la population anglophone.

En ce moment, le service de la messe en français est assuré par le père Leo, curé du quartier Porter Creek à Whitehorse. Pendant la messe, en anglais, un bénévole fait la traduction en français.

Toutefois, rappelle Mme Lapensée, le travail d’un prêtre au sein de la communauté francophone au Yukon va bien au-delà du service à l’église. « Le prêtre est appelé à aider les gens de la communauté. Que ce soit pour ceux qui ont des problèmes de santé mentale, les mourants et les gens dans le besoin par exemple. Selon la personnalité des prêtres qui sont venus au Yukon, certains se rendaient aussi régulièrement dans les communautés pour y rencontrer des francophones qui sont plus isolés. »

Les procédures à suivre pour la venue d’un nouveau prêtre

Pendant plusieurs années, la tâche de trouver un nouveau prêtre reposait sur les épaules de la communauté francophone catholique qui soumettait des noms à l’évêque de Whitehorse. « On collectait des noms de différentes façons, par exemple à travers les annonces dans les journaux ou le bouche-à-oreille. Maintenant, nous devons passer par un canal plus officiel. C’est le diocèse qui est dorénavant responsable de trouver un prêtre francophone, puisque nous avons pu prouver ces trente dernières années la pertinence d’avoir un   prêtre qui parle français pour la communauté. Ceci étant dit, Monseigneur est toujours ouvert à la soumission de noms de candidats potentiels », explique Yann Herry, membre de la communauté francophone catholique du Yukon.

Rappelons que les nouveaux prêtres reçoivent leur formation et sont ordonnés au séminaire de leur diocèse. Comme le diocèse de Whitehorse ne possède pas son propre séminaire, il lui est impossible de former des prêtres destinés à travailler sur son territoire. L’évêque de Whitehorse doit donc contacter les évêques d’autres diocèses au Canada ou à l’étranger afin de s’entendre sur le prêt temporaire d’un prêtre pouvant venir travailler au Yukon.

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