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À Dawson, l’apprentissage du français se fait dès la garderie

Cyril Contente

La garderie Little Blue Daycare de Dawson propose, depuis la mi-janvier, un programme de francisation pour les tout-petits. Le projet a pour objectif de familiariser des enfants d’un à quatre ans aux bases du français.

Camille Colas devant la garderie Little Blue Daycare à Dawson.
Photo : Cyril Contente

 

 

La communauté francophone en soutien

L’appétence du français dans les écoles de Dawson est bien réelle en ce début d’année. En effet, la possibilité d’enseigner les rudiments du français aux plus jeunes a été accueillie chaleureusement par les parents de cette garderie. Camille Colas, une éducatrice de la garderie, est à l’origine du projet. Arrivée au Yukon depuis deux ans, cette Belge wallonne a décidé, dès son arrivée au Little Blue Daycare, de distiller du français dans son accompagnement pédagogique. Après avoir constaté que les premiers résultats étaient probants et que les parents soutenaient la démarche, elle a décidé de créer un programme de francisation pour l’ensemble des enfants de la garderie. Elle a reçu le soutien de sa superviseure, Lisa Perry. Cette dernière déclare : « Je suis parent aussi, et je trouvais ça dommage que ma fille ne fasse plus de français. J’ai donc appuyé Camille dans son projet. »

La garderie a cherché des fonds pour structurer ce projet et recevoir l’appui d’autres acteurs yukonnais de l’éducation. Elle a reçu des subsides de la Klondike Visitors Association. Ainsi, Camille a pu partir pour Whitehorse afin de rencontrer les équipes de la maternelle de l’école Émilie-Tremblay et de la Garderie du petit cheval blanc. Cette garderie a été créée en 1989, et son expertise dans la gestion d’un service de garde en français est reconnue dans tout le Yukon. Camille a d’abord rencontré Geneviève Tremblay, coordonnatrice aux services en petite enfance et aux familles multilingues à la Commission scolaire francophone du Yukon. Geneviève collabore aussi avec la Garderie du petit cheval blanc. « Il faut toucher tout le réseau de la famille. Nous avons la chance que les parents s’impliquent ici. Notre objectif est de faire vivre le français à l’extérieur des murs institutionnels », affirme-t-elle.

Camille a visité l’école ainsi que la bibliothèque. De plus, on a mis à sa disposition des ressources pédagogiques.

Une pédagogie éprouvée

De retour à Dawson, Camille a organisé ses « cercles de français ». La garderie est séparée en trois groupes d’enfants. Chaque groupe reçoit une demi-heure d’enseignement par semaine. Sa méthode a été mûrement réfléchie. « Je base ma pédagogie sur des jeux, des images et des gestes. J’illustre beaucoup ce que je raconte pour que les enfants puissent comprendre », témoigne-t-elle. De plus, elle crée des bulletins destinés aux parents pour que ces derniers puissent accompagner leurs enfants dans l’apprentissage du français à la maison. Ainsi, les chansons apprises, les livres utilisés et des points de vocabulaire abordés y sont mentionnés.

Cette « globe-trotteuse » a affiné son expertise dans l’accompagnement des plus jeunes au fur et à mesure de ses expériences en Belgique d’abord, mais aussi en Irlande ou encore en Nouvelle-Zélande. Elle l’assure, cette expérience est passionnante : « C’est un vrai challenge et une manière de s’impliquer dans la communauté. » À Dawson, Camille sème les graines du français dans le terrain fertile de la garderie.

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