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Élections : André Bourcier, candidat à Copperbelt Nord

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Thibaut Rondel

André Bourcier, ancien président de la Commission scolaire francophone du Yukon et actuel vice-président de l’Association franco-yukonnaise, tentera de remporter la circonscription de Copperbelt Nord lors des prochaines élections législatives yukonnaises. M. Bourcier est actuellement le seul candidat en lice à l’investiture néo-démocrate dans cette circonscription. Pat McInroy y défendra les couleurs du Parti du Yukon, tandis que Ted Adel et Raj Murugaiyan sont tout deux en course pour remporter l’investiture du Parti libéral. Détenteur d’un doctorat en linguistique de l’Université Laval et actuellement directeur du Centre des langues autochtones, M. Bourcier possède plus de 20 ans d’expérience de travail avec les organismes et les communautés autochtones du nord du Canada. Il réside au Yukon depuis 2001 avec son épouse et ses deux enfants.

André Bourcier souhaite représenter le NPD dans la circonscription de Copperbelt Nord. Photo: Thibaut Rondel

André Bourcier souhaite représenter le NPD dans la circonscription de Copperbelt Nord. Photo: Thibaut Rondel


L’Aurore boréale : Vous avez tenté lors des dernières élections fédérales de remporter l’investiture néo-démocrate face à Melissa Atkinson. Vous revenez cette année sur le plan territorial. Vos motivations sont-elles restées les mêmes?

André Bourcier : Elles sont toujours les mêmes, c’est toujours le même combat. Cela fait très longtemps que je reste au Yukon et que j’essaie de faire avancer des dossiers. Il y a là encore une occasion qui se présente de le faire au niveau territorial et si je veux être conséquent avec moi-même, il est temps d’essayer de se placer pour faire des choses un peu différentes.

L’Aurore boréale : Vous êtes resté fidèle au parti néo-démocrate…

André Bourcier : Les affinités sont là depuis toujours. Fondamentalement, je crois aux gens, j’ai toujours cru aux gens et ce qui m’intéresse ce sont les Yukonnais qui sont ici et comment on investit dans ces gens. Je ne suis pas vraiment intéressé par les grandes corporations donc il s’agit de voir comment nous pouvons offrir une autre façon de penser le développement du territoire en tenant principalement compte des aspirations des gens qui sont ici et en étant capable de leur offrir des services sociaux et des services en général qui vont répondre à leurs besoins.

L’Aurore boréale : Quelles sont vos grandes préoccupations?

André Bourcier : Le développement économique est sans doute la principale préoccupation ces temps-ci. Cela fait déjà un bout de temps que le développement minier et l’exploitation des ressources sont en perte de vitesse et cela va rester ainsi dans l’avenir immédiat. Il est certain que le Nord et le Yukon ont toujours été regardés comme une source principale de ressources, mais il n’y a peut-être aujourd’hui plus de besoin pour ces ressources-là et il faut maintenant penser aux gens d’ici. Nous avons fait de grandes avancées au cours des deux dernières décennies à travers les ententes territoriales et les gouvernements autochtones autonomes et cela représente des forces vives au Yukon qui peuvent être utilisées pour faire du développement. […] Les grands barrages hydroélectriques appartiennent peut-être par exemple au passé. Il faut peut-être regarder à un développement hydroélectrique beaucoup plus petit qui va être géré sur une base beaucoup plus régionale. Même chose pour l’exploitation des ressources : il n’y a rien qui nous empêche de penser à une exploitation des ressources à plus petite échelle et qui aurait un impact environnemental beaucoup moins grand. Nous pourrions alors essayer de développer une expertise pour générer une plus grande rentabilité en regardant plus petit.

L’Aurore boréale : Vous êtes le directeur du Centre des langues autochtones et travaillez depuis plus de 20 ans avec les Premières nations. Que pensez-vous des relations entre le gouvernement du Yukon et les gouvernements autochtones?

André Bourcier : Le gouvernement actuel semble malheureusement fonctionner de la même façon avec tous les groupes qui ne correspondent pas à son image canonique du Yukonnais et l’on a recours à la cour plus souvent qu’autrement. Nous sommes en cour au sujet de l’exploitation minière, de la loi S-6 sur l’évaluation environnementale et sur toutes autres sortes de choses. Mais ce n’est pas ce que les autochtones veulent. Gouverner, c’est tenir compte des aspirations des gens qui sont là et essayer de trouver une façon de faire consensus et de travailler ensemble pour améliorer la condition de tous les citoyens. C’est très dérangeant que l’on soit aussi souvent en cour sur des ententes dont l’encre n’est même pas encore sèche; sur des ententes d’autonomie gouvernementale et des ententes territoriales.

L’Aurore boréale : Quel serait votre message aux Yukonnais de Copperbelt Nord?

André Bourcier : Il est clair que si je deviens député de la circonscription de Copperbelt Nord, je serai là pour représenter tous les Yukonnais qui habitent la circonscription. Il est clair que si j’entre au gouvernement, ce sera pour pouvoir développer des capacités pour tous les Yukonnais. Il est aussi clair que je suis un Franco-Yukonnais et que c’est ce qui me définit. C’est donc sûr que ce fait là va toujours revenir. D’un autre côté, je suis très capable de représenter tous les Yukonnais et de travailler pour l’amélioration de la condition de tous les citoyens habitant au Yukon.

L’Aurore boréale : Est-ce une bonne stratégie politique que de mettre en avant votre identité franco-yukonnaise auprès de l’électorat yukonnais?

André Bourcier : Je ne sais pas si c’est un bon calcul politique, mais c’est qui je suis et je n’ai pas tellement le choix. J’espère que les Yukonnais sont capables de reconnaître quand [il existe] une cohésion et que des gens forment un groupe capable de fonctionner ensemble. Moi je suis Franco-Yukonnais, mais il y a aussi des autochtones et des gens qui viennent de différents horizons qui vont se présenter dans des circonscriptions mixtes, comme par exemple Jocelyn Curteanu qui est d’origine philippine (NDLR : conseillère municipale à la Ville de Whitehorse et candidate libérale dans la circonscription de Copperbelt Sud). Aucune circoncription ne compte qu’un groupe, on vit tous les uns avec les autres donc je pense qu’il faut passer à la prochaine étape et se dire qu’on va avoir des représentants venus de toutes les communautés et que l’on va tous travailler ensemble pour améliorer le mieux-être de tous les Yukonnais.

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