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8 mars – Sept femmes remarquables

Julien Latraverse

Pour souligner la Journée internationale des droits des femmes, l’Aurore boréale veut mettre en lumière des femmes remarquables qui ne font pas nécessairement les manchettes. Les femmes inspirantes sont innombrables au Yukon, nous aurions pu remplir un plein journal! Sept d’entre elles partagent ici leur vision de la féminité et du féminisme.


Emma Marnik

Plus tôt en 2019, Emma Marnik livrait un poignant discours au conseil de ville de Whitehorse pour sommer la mairie de déclarer l’État d’urgence climatique. Maintenant à l’aube de sa dernière année à l’École secondaire F.-H.-Collins, la jeune femme de 18 ans souhaite poursuivre un baccalauréat en sciences de l’environnement pour continuer à défendre cette cause.

Photo : Fournie

Comment célébrer la Journée internationale des droits des femmes en 2020?

En faisant des recherches sur des femmes qui m’inspirent, mais aussi en appréciant toutes les femmes fortes dans ma vie.

Votre modèle exemplaire féminin?

Je dirais que mon modèle serait probablement la première ministre du Nunavut, Mumilaaq Qaqqaq. Elle est très forte de caractère et j’admire beaucoup ses actions et sa passion.

Un conseil pour les plus jeunes en 2020?

Qu’autant il est important de défendre ses droits et les droits des autres, il faut donner son possible, mais pas son tout.

Votre définition du féminisme?

C’est l’équilibre entre les genres; où personne n’a d’attente ou des droits qui ne s’appliquent pas à quelqu’un d’un autre genre. Comme mettre les tables à langer dans les toilettes des hommes. Cela permet d’aider les pères qui gardent leurs enfants, mais aussi d’enlever la notion que seules les mères changent et prennent soin des bébés.

Poêle au bois ou poil aux jambes?

Poêle à bois. 100 %. Il n’y a rien de mieux qu’un bon feu. Que ça soit à la maison ou en camping, il n’y a rien de comparable.


Ketsia Houde

L’anthropologie est au cœur des motivations de Ketsia Houde. «C’est une manière de comprendre le monde d’abord avant de trouver des manières de l’améliorer.» Pour s’y prendre, Ketsia Houde s’est impliquée dès son arrivée à Whitehorse au sein d’organismes féministes pour lesquels elle continue d’œuvrer aujourd’hui.

Photo : Archives AB

Comment célébrer la Journée internationale des droits des femmes en 2020?

Honorer les succès des mouvements de femmes pour l’amélioration des conditions de vie de tous par une forme ou une autre de célébration. Dans mon cas, idéalement en dansant!

Votre modèle exemplaire féminin?

J’en ai plusieurs, mes grands-mères et ma mère dans leur prise de position « féministe ». Dans les années 1920, mon arrière-grand-mère Luce a résisté au « rôle de la femme », en plus d’utiliser son statut d’aînée pour envoyer ma grand-mère Mary à l’école et ainsi empêcher que cette enfant orpheline de mère devienne la « servante » de la nouvelle femme de son père.

Un conseil pour les plus jeunes en 2020?

« Ne doutez jamais qu’un petit groupe de personnes peuvent changer le monde. En fait, c’est toujours ainsi que le monde a changé. » — Margaret Mead.

Votre définition du féminisme?

Un mouvement social qui prend plusieurs formes et qui lutte pour permettre aux femmes d’avoir des choix et des options basées sur leur identité, leur contexte, leur besoin et leurs rêves. Par exemple, en soutenant autant les femmes qui veulent des enfants, que celles qui n’en veulent pas, celles qui en voudraient, mais qui ne peuvent pas en avoir, et celles qui en ont, mais qui auraient préféré ne pas en avoir.

Poêle au bois ou poil aux jambes?

Les deux durant l’hiver!


Karine Genest

Passionnée par la nature, la Franco-Yukonnaise a en fait sa vocation. Elle cogère la compagnie Nature 360 Productions inc. qui est derrière un documentaire qui a bien performé sur Unis TV en 2019, L’Esprit des Ours.

Photo : Fournie

Comment célébrer la Journée internationale des droits des femmes en 2020?

Célébrer cette journée avec fierté et confiance, se mettre belle pour faire vibrer positivement sa présence. En profiter pour sentir l’énergie et l’appui des personnes autour de nous, cette journée, c’est comme une tape dans le dos.

Votre rôle modèle féminin?

Il y a tellement de belles femmes autour de moi avec toutes des forces différentes, comme ma mère pour sa direction vers l’autosuffisance, cette amie-là qui fait ces savons, cette amie-ci qui a lancé sa propre entreprise, cette veille amie qui a construit sa maison toute seule. De beaux modèles de ce qui est possible d’accomplir.

Un conseil pour les plus jeunes en 2020?

Je conseillerais de ne pas avoir peur de faire ce que vous voulez — que ce soit dans un milieu considéré masculin ou non. Si vous êtes vrai dans ce que vous faites et que vous êtes à la bonne place, les portes de l’acceptation et de la simplicité vont s’ouvrir.

Votre définition du féminisme?

Le féministe, pour moi, est un groupe de gens, autant d’hommes que de femmes, qui s’exprime pour l’égalité. Personnellement, je crois que c’est une mission de tous les jours.

Poêle au bois ou poil aux jambes?

Poêle au bois! Pour son confort, sa chaleur et son romantisme. Pour le poil, je peux procrastiner légèrement quand je suis encabanée chez moi, mais si je dois sortir, épilation obligatoire!


Dre Vi Tang

La dentiste Vi Tang laisse déjà sa marque dans la communauté. À l’âge de seulement 27 ans, elle et son conjoint sont devenus propriétaires des cliniques dentaires Yukon Dentistry et Riverstone Dental. Peu de temps après, cette francophone de Montréal développe l’initiative Free Dental Day. Ce projet offre la chance aux personnes qui n’ont pas d’assurance maladie privée d’obtenir un examen dentaire, un nettoyage ou même un plombage gratuitement.

Photo : Julien Latraverse

Comment célébrer la Journée internationale des droits des femmes en 2020?

Montrer et rappeler aux femmes de nos vies que nous les apprécions aujourd’hui, mais aussi tous les autres jours de l’année.

Votre modèle exemplaire féminin?

Ma maman.

Un conseil pour les plus jeunes en 2020?

Les occasions sont illimitées et vastes, surtout en 2020 et surtout au Yukon. Tout est possible avec de la volonté et du dévouement.

Votre définition du féminisme?

À compétence égale, le féminisme consiste à s’assurer que les femmes ont accès aux mêmes droits et conditions que les hommes dans toutes les sphères de la vie. Mais je crois surtout que notre devoir envers le féminisme, en tant que femme, est de montrer l’exemple au monde en se supportant et en s’encourageant les unes les autres.

Poêle au bois ou poil aux jambes?

Poêle au bois.


France Robert

Un retour aux études à 54 ans n’est pas une mince affaire, mais pour France Robert, c’est le moyen d’amener sa passion pour l’enseignement à un autre niveau. Sa spécialité, «le déploiement de l’être», est une notion fondamentale dans l’approche pédagogique de l’enseignante de formation.

Photo : Émeraude Dallaire

Comment célébrer la Journée internationale des droits des femmes en 2020?

Dehors, avec des amis et amies autour d’un feu, en nature, en connexion avec mère Terre et l’esprit féminin qui nous habite tous. Vivre un rituel honorant les femmes qui sont disparues et tuées à cause de leur genre.

Votre modèle exemplaire féminin?

J’ai la chance d’avoir beaucoup de modèles de femmes extraordinaires de tous les âges dans ma vie. Elles ont toutes en commun d’habiter pleinement leur vie, leur corps et leur cœur.

Un conseil pour les plus jeunes en 2020?

Donnez-vous la chance de vous connaître et puis mettez tout en œuvre pour être en diapason avec vous-même.

Votre définition du féminisme?

Être pour la femme : reconnaître sa place dans le monde et sa vibration énergétique.

Poêle au bois ou poil aux jambes?

Assurément poêle au bois! Que chacun fasse ce qui lui tente avec ses poils. 


Lorène Charmetant

Chanteuse à la voix de velours, Lorène Charmetant commence à se faire un nom dans la scène musicale de Whitehorse, notamment avec le spectacle Onde de choc ou Jazz in the Hall. Elle enseigne sa passion pour la musique «entre les gigs» et s’investit à la composition d’un possible album.

Photo : Fournie

Comment célébrer la Journée internationale des droits des femmes en 2020?

J’aurais aimé qu’en 2020, on n’ait plus besoin de célébrer la Journée de la femme! Que le féminin ait retrouvé son amour-propre et qu’il soit tellement évident qu’on en oublie de le célébrer. Que la féminité soit aimée et respectée chaque jour, et par tous.

Votre modèle exemplaire féminin?

Mes amies! Sérieusement, les personnes féminines qui m’ont le plus inspirée se trouvent autour de moi, ont jalonné ma vie, et je n’ai pas fini d’en rencontrer.

Un conseil pour les plus jeunes en 2020?

Regarder profondément pourquoi on fait certaines choses. Ne pas chercher à plaire. Décoller les yeux des écrans. Ne pas chercher à combler le vide, accepter. Faire tomber les barrières entre les catégories de personnes, aimer les autres pour ce qu’ils sont et non pour ce qu’ils représentent.

Votre définition du féminisme?

À mon sens, le féminisme est une réaction à des situations d’injustice, qu’elles soient évidentes ou subtiles. Une révolte face à une forme d’oppression.

Poêle au bois ou poil aux jambes?

On a certainement besoin des deux au Yukon.


Sylvie Binette

Débarquée au Yukon il y a près de 35 ans, Sylvie Binette se démarque par son implication dans la muséologie du Yukon. La guide-interprète parle de sa profession avec passion. Pour elle, son métier est un moyen « de raconter des histoires comme une artiste ».

Photo : Fournie

Comment célébrer la Journée internationale des droits des femmes en 2020?

Entre bonnes amies, autour d’un bon repas à la fortune du pot à la mode de chez nous.

Votre modèle exemplaire féminin?

Maya Angelou, femme autodidacte phénoménale, pour le courage, la force et l’ardeur de sa personne et de sa poésie.

Un conseil pour les plus jeunes en 2020?

Être mère monoparentale à temps plein est un projet faramineux. Sachez bien choisir!

Votre définition du féminisme?

C’est de continuer à contrer les inégalités et les injustices qui subsistent entre les hommes et les femmes encore aujourd’hui. C’est de dénoncer la violence conjugale, les abus sexuels, le sexisme, les inégalités salariales et le patriarcat.

Poêle au bois ou poil aux jambes?

Du temps que je chauffais au poêle à bois, j’avais du poil aux jambes. Mais à bien y repenser, cette toison me serait bien utile maintenant que je n’ai plus de poêle à bois pour me chauffer.

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