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De la grande visite

De la grande visite
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Pierre-Luc Lafrance

Les 20 et 21 août, Stephen Harper était de passage à Whitehorse dans le cadre de son neuvième voyage annuel dans le Nord canadien. L’avez-vous vu? Moi non plus, ou si peu. Je l’ai croisé quelques secondes le 21 août à Miles Canyon le temps d’une photo et il y avait un court point de presse en soirée au Best Western.

Si je comprends que le citoyen ne puisse pas rentrer en contact à tout moment avec le premier ministre (c’est tout à fait logique), il me semble que c’est ridicule que les médias ne puissent pas lui parler. Après tout, les journalistes sont la courroie de transmission normale entre le gouvernement et la population. Par leurs questions, ils sont aussi la voix du peuple. Devinez combien de questions les médias locaux ont pu poser au dirigeant du pays. Si vous avez répondu deux, vous en avez une de trop. Mais bon, chez les conservateurs, on n’a jamais trop aimé les questions. On n’a qu’à penser au caméraman de CTV Dave Ellis qui est devenu persona non grata dans l’entourage du premier ministre il y a moins d’un an, car il avait commis le crime d’en poser une.

Chaque année, le parti conservateur va plus loin dans son manque de transparence. On préfère contrôler l’information en envoyant aux médias des photos, un communiqué de presse et des citations ciblées. Tout pour éviter les questions qui sortiraient du discours officiel. Plusieurs parlent d’un recul des communications sous le régime conservateur, quand on ne parle pas carrément de recul du débat public et de la liberté d’expression.

Lors de son passage, le premier ministre a annoncé un investissement de 17 millions de dollars sur huit ans dans un nouveau programme pour l’Arctique. Celui-ci vise à améliorer les conditions de vie des résidents du Nord et à faciliter l’exploitation d’une entreprise nordique (voir l’article en page X à ce sujet). Mais bon, chaque passage du premier ministre dans le Grand Nord amène son lot de projets… et historiquement nombreux sont ceux qui ont été retardés ou même abandonnés.

Mais j’y pense, peut-être avez-vous eu plus de chance que moi de le rencontrer. Les informations qui ont circulé cette semaine parlent de 3 000 invitations qui auraient été envoyées pour une activité du parti conservateur le 21 août. Certains médias ont même carrément dit que 3 000 personnes étaient attendues… Entre vous et moi, combien y a-t-il d’endroits à Whitehorse qui peuvent accueillir autant de monde à l’intérieur? C’est ce que je pensais.

Il faut faire attention à ce qu’on gazouille

Toujours dans le domaine de la politique, revenons sur la gaffe de notre député Ryan Leef. Pour ceux qui n’en ont pas entendu parler, un peu après une intrusion dans le domicile du chef du parti libéral Justin Trudeau (alors que la femme et les enfants de ce dernier étaient dans la maison), Ryan Leef a écrit sur Twitter « Puisque Justin croit que le budget s’équilibre de lui-même, peut-être croit-il que les portes se barrent toutes seules. »

Le député s’est depuis excusé publiquement, mais le mal est fait. On ne peut pas se servir d’un événement aussi troublant sur le plan personnel pour faire de la politique. Mais en même temps, c’est symptomatique de la façon de faire depuis des années : on n’attaque plus les idées des autres partis, on attaque les individus. Cette approche digne des campagnes de salissage est plus forte encore chez nos voisins américains, mais il me semble qu’elle est de plus en plus utilisée ici aussi. Pas étonnant dans ces conditions qu’il y ait des débordements de ce genre.

Et si on parlait de livres?

Dans un tout autre ordre d’idées (et sur une note plus légère), parlons de livres. Avec « Le 12 août, j’achète un livre québécois », les auteurs francophones ont pu faire parler d’eux sur la Toile et même dans les médias traditionnels de façon positive. Plus de 10 000 personnes se sont engagées à participer sur la page Facebook de l’événement et des centaines en ont profité pour faire des suggestions de lecture ou même pour se prendre en autophoto (selfie) avec leurs nouveaux achats. Souvent, quand on parle du livre, c’est pour se plaindre que le marché va mal. Là, on a demandé aux gens une action concrète pour soutenir les auteurs et le marché du livre en général. Mais bon, il ne s’agit que d’une journée.

Il y a aussi d’autres projets qui peuvent être rassembleurs comme la campagne « Oublie un livre quelque part ». Dans la semaine du 8 au 14 septembre, les gens sont invités à laisser un livre qu’ils ont aimé dans un lieu public dans le but de faire un échange de livres à grande échelle. Bien sûr, le fait de donner un livre donne le droit d’en prendre un à son tour. Pour ajouter à l’expérience, on peut laisser un petit mot à l’intérieur du bouquin à l’attention de celui qui va le découvrir. On peut aussi partager ses découvertes en ligne.

Que diriez-vous de tenter l’expérience au Yukon, idéalement avec des livres en français? Nous pourrions nous concentrer sur certains endroits : le Centre de la francophonie, le parc Rotary, etc. Une page « Oublie un livre quelque part – Yukon » a été créé. N’hésitez pas à y faire un tour et à donner vos commentaires.

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