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35 085 kilomètres à vélo entre Ushuaïa et Inuvik

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Nelly Guidici

Le 1er décembre 2012 Jérémie Geumetz, d’origine française, donnait les premiers coups de pédale d’un voyage à vélo de près de deux ans. En effet, il a parcouru 35 085 kilomètres depuis la ville argentine de Ushuaïa en Patagonie jusqu’à Inuvik qu’il a atteinte le 6 août 2014. Cyclovoyageur au long cours, Jérémie a accordé une entrevue à l’Aurore boréale lors de son passage à Whitehorse. Il se remémore son expérience en Amérique du Sud qu’il a particulièrement aimée.

Jérémie pédale dans la région de Tolima dans le centre de la Colombie. Photo : fournie.

Jérémie pédale dans la région de Tolima dans le centre de la Colombie. Photo : fournie.

Aurore boréale : Quand as-tu eu l’idée de faire ton voyage à vélo?

Jérémie Geumetz : J’ai toujours eu envie de voyager, tout simplement. J’avais envie de faire un beau voyage, mais au début je pensais à quelque chose de plus traditionnel avec des bus et un sac à dos. Puis petit à petit, en me renseignant, je suis tombé sur des blogues de voyageurs à vélo. J’avais aussi un ami qui a fait un tour d’Europe à vélo pendant quatorze mois. Il a fait le tour complet, à peu près 20 000 kilomètres, en suivant les frontières de l’Europe. Et puis, je fais du vélo depuis longtemps (de la compétition depuis que je suis tout petit) et ça m’a paru bien de partir en vélo.

A.B. : Quel est l’avantage du voyage à vélo?

J.G. : Tu avances assez vite à vélo quand même, et tu peux t’arrêter où tu veux, contrairement au bus qui t’arrête juste dans les villes. L’intérêt du vélo, c’est d’aller là où les touristes ne vont pas tout simplement et c’est aussi là que l’on fait de super rencontres.

A.B. : Combien de temps s’est écoulé entre le moment où tu as pris ta décision de partir et le moment où tu es arrivé à Ushuaïa?

J.G. : Il y a eu deux ans. J’avais déjà économisé un peu d’argent dans cette optique-là. J’aurai pu partir au bout d’un an, mais j’ai préféré travailler un an de plus pour pouvoir mettre plus d’argent de côté et avoir plus de liberté au niveau du temps et pouvoir prolonger mon voyage par exemple.

A.B. : Quelle était ton idée de parcours?

J.G. : L’idée officielle était de rallier Ushuaïa (Argentine) à Quito (Équateur). Dans ma tête, j’avais déjà l’idée de rallier l’Alaska avec ensuite l’Asie. Je l’avais déjà pensé et je me suis dit que si en route j’ai envie de le prolonger, alors je le prolonge. Et déjà bien avant Quito, je savais que j’allais prolonger au moins jusqu’en Colombie parce qu’on en entend tellement de bien. Quand tu voyages à vélo en Amérique du Sud, tout le monde te parle de la Colombie, tous ceux qui viennent de là-bas te disent « Faut y aller! »

A.B. : Comment t’es-tu rendu en Amérique centrale?

J.G. : J’ai pris un voilier entre Carthagène en Colombie et les îles San Blas au Panama. Les voiliers fonctionnent surtout à moteur. Sauf que nous, on a eu un gros coup de chance, le moteur a explosé en plein milieu. La traversée se fait normalement en deux ou trois jours, on a passé une semaine. En plus, il n’y avait pas de vent. Heureusement, on avait assez de réserves de nourriture et d’eau douce. Le moteur qui tombe en panne, c’était très bien, même la capitaine était heureuse, car pour une fois elle pouvait réellement naviguer à la voile.

Jérémie pédale en Basse-Californie au Mexique. Photo : fournie.

Jérémie pédale en Basse-Californie au Mexique. Photo : fournie.

A.B. : Quels sont les endroits que tu as aimés?

J.G. : J’ai eu un gros coup de cœur pour l’Argentine, mais au Chili, il y a des endroits très bien aussi. La Colombie m’a beaucoup plu également. Ensuite, j’ai beaucoup aimé le Mexique, et le Guatemala qui sont mes deux coups de cœur de l’Amérique centrale.

A.B. : Comment as-tu été accueilli?

J.G. : J’ai été très bien accueilli dans beaucoup de pays, particulièrement ceux que j’ai cités. Si j’ai aimé ces pays, c’est parce que l’accueil était génial. Au final, l’important dans le voyage, c’est les rencontres. En général, ça fait vraiment plaisir aux gens de t’aider. Ce qui est excellent c’est que j’ai beaucoup de personnes qui m’ont dit : « Merci d’être venu et de t’être arrêté », alors qu’ils t’ont tout donné : ils t’ont donné un toit, un repas et c’est eux qui te disent encore merci. Et ce genre d’accueil devient dur à trouver en Europe.

A.B. : L’accueil a-t-il été bon en Amérique du Nord?

J.G. : Beaucoup moins, au final, les gens accueillants en Amérique du Nord sont ceux qui voyagent. Ceux qui ont fait un gros voyage, alors qu’en Amérique latine les gens sont curieux tout simplement. J’ai été reçu par tous types de famille et de différents niveaux sociaux. Par exemple, au Pérou, j’ai été hébergé par une famille qui vit dans un tout petit village à une très haute altitude. Ils ont quelques animaux, et dans leur maison ils n’avaient tout simplement rien. Un coin cuisine, trois vieilles marmites, une table et une seule chaise pour toute la famille, un lit et un autre lit dans une pièce attenante, j’ai dormi dans ce lit-là. Et quand il fait froid, le veau dort aussi dans la pièce où j’ai dormi. Et l’accueil a été génial, ils m’ont offert le repas. Ils étaient très curieux, ils m’ont posé beaucoup de questions.

 

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