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30 ans de services catholiques en français au Yukon

Yann Herry

En novembre 2020, la communauté francophone catholique célèbre 30 ans de services religieux continus en français. Dans les années 1980 et 1990, la francophonie vit un élan pour remettre en place les institutions nécessaires à son épanouissement. Allier langue et foi devient un incontournable pour plusieurs familles francophones. En 1990, des représentants rencontrent l’évêque pour avoir des messes en français à Whitehorse. La mission est confiée au père Jean-Paul Tanguay de l’ordre missionnaire des Oblats (OMI). En novembre, sept à huit familles se rassemblent pour la première messe en français au gymnase de l’école élémentaire Christ the King sur la rue Nesutlin.

Première communion le 11 décembre 1995 à la cathédrale Sacré-Cœur de Whitehorse. 1re rangée : Véronique Herry-Saint Onge, Chantal Beaudin, Alain Gauthier, Pierre-Olivier Bédard, Stéphane Gauthier et Joël Martel. 2e rangée : Nicole Ruest, Msgr Thomas Lobsinger, Père Jean-Paul Tanguay, Louis-Philippe Desjardins et Marc Beaudin.
Photo : Archives CFCY

 

 

« C’est important, dit Juliette Parrott, de participer aux célébrations liturgiques dans ma langue maternelle. J’aime aussi bavarder avec les gens au café-rencontre après la messe. » Javier et Sara Rebolledo abondent dans le même sens : « Écouter et discuter des paroles bibliques dans notre langue maternelle résonne davantage intérieurement. »

La communauté francophone catholique (CFC) grandit. En 1998, Père Richard Beaudet (OMI) suggère que la messe hebdomadaire en français se tienne à la cathédrale. Elle y a lieu depuis. La même année, un comité est créé pour superviser l’offre de service. Des prêtres sont toujours prêts à découvrir le territoire. Cependant, avec le manque de vocations, les intérims deviennent plus longs. La communauté francophone s’adapte. La volonté de maintenir les services demeure.

Denise Beauchamp souligne que les initiatives de la CFC lui permettent « de renouveler et d’approfondir sa foi chrétienne ». « Nos enfants ont pu faire leur catéchèse et recevoir les sacrements de baptême, de pardon, de première communion et de confirmation dans leur langue maternelle avec la communauté », dit Josée Tourigny. « La P’tite Pasto pour les tout-petits a été importante pour mes enfants », ajoute Maura Sullivan. Elle poursuit : « C’est bon que nos enfants fassent partie d’une petite communauté où les gens de tout âge s’entraident. » Stéphanie Nobécourt, responsable du Club Ado, mentionne qu’elle est impressionnée par l’engagement des jeunes lors des collectes de nourriture de l’automne et du printemps. Les visites à l’hôpital ou aux centres de personnes du 3e âge permettent aux francophones de recevoir accompagnement et sacrement des malades en français.

En 2004, un bureau est ouvert au presbytère de la cathédrale. Il supporte les actions de justice sociale comme la cuisine communautaire, l’achat de matériel scolaire en automne, le soutien aux francophones des communautés rurales du Yukon, l’achat de chèvres au Kenya ainsi que l’envoi de ballons de soccer et le financement du toit d’une église au Burkina Faso. Pour renseigner, une page web est rédigée en français sur le site de la paroisse Sacred Heart de Whitehorse et la colonne « Missive » est publiée mensuellement dans l’Aurore boréale.

L’année est ponctuée d’activités. Les retraites de silence au lac Kluane tout comme les journées de ressourcement avec présentateurs marquent Hélène Lapensée. Pour Javier et Sara, arrivés au Yukon depuis deux ans, ce sont les repas-partage d’accueil. Lise se souvient des célébrations de la lumière pour le solstice d’été au lac Schwatka ou au sommet du mont McIntyre. La fête des Canadiens français est célébrée le 24 juin à l’Église Saint-Jean-Baptiste de Carcross.

Les célébrations du temps de Noël et de Pâques marquent. « Notre famille aime beaucoup participer à la chorale de Noël, à la crèche vivante et à Share the Spirit pour le partage de nourriture et de cadeaux », souligne Manon Aubert. « À Pâques, j’aime me lever à l’aube pour cueillir l’eau de Pâques au ruisseau Wolf et partager un petit-déjeuner ensemble autour d’un feu de camp », relate Lise St-Onge. « Le temps pascal est rempli d’activités signifiantes comme le Vendredi saint autour du lac Long où jeunes et moins jeunes portent la croix, lisent, méditent et partagent la brioche de Pâques près d’un feu », conte Margot Simonot.

En ce 30e anniversaire, le conseil d’administration de la CFC remercie toutes les personnes qui soutiennent les initiatives pour assurer le mieux-être communautaire.

Cette missive est présentée par la Communauté francophone catholique Saint-Eugène-de-Mazenod

Rens. : cfcyukon@klondiker.com

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