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23e Conférence ministérielle sur la francophonie canadienne : le Plan, le Plan, le Plan

Denis Lord (L’Aquilon)

Le Plan sur les langues officielles 2018-2023 a monopolisé la 23e Conférence ministérielle sur la francophonie canadienne, alors que les ministres de la francophonie font le suivi de dossiers aux impacts pour l’instant intangibles.

Les ministres et élus présents à Whitehorse pour la 23e Conférence ministérielle sur la francophonie canadienne : Jean-Marc Fournier (Québec), Rochelle Squires (Manitoba), Mélanie Joly (Canada), John Streicker (Yukon), Kathleen Casey (Île-du-Prince-Édouard), Francine Landry (Nouveau-Brunswick) et Mark Browne (Terre-Neuve-et-Labrador). Photo : Denis Lord


Les 5 et 6 juillet à Whitehorse, seuls quatre ministres provinciaux et territoriaux ont honoré de leur présence l’édition 2018 de la Conférence ministérielle sur la francophonie canadienne. Les principaux sujets de discussion ont été l’accès à la justice familiale en français, l’immigration, les services en français, notamment par le biais de la technologie, et le Plan sur les langues officielles 2018-2023.

Dans un premier communiqué, les ministres ont déploré que les fonds fédéraux consacrés aux ententes relatives à la prestation de services en français dans les provinces n’aient pas connu de majoration depuis 2004. Cela n’a pas empêché la ministre de la Francophonie du Nouveau-Brunswick, Francine Landry, d’être d’accord avec la partie du Plan sur les langues officielles qui va directement aux communautés, sans passer par les gouvernements provinciaux et territoriaux.

« Si nous avons des communautés vibrantes, la francophonie ne va s’en porter que mieux », a répondu Francine Landry à une question sur le court-circuitage des instances provinciales et territoriales. Patrimoine canadien doit négocier avec ces dernières de nouvelles ententes de 58 M$ sur cinq ans.

Très peu d’informations sur les dossiers en cours ont filtré lors de la courte conférence de presse, où le Plan sur les langues a monopolisé le discours, particulièrement celui de la ministre de Patrimoine canadien. Alors que l’espace accordé aux médias a été parcimonieux, on a simplement mentionné que la formation des juristes faisait partie des avenues explorées pour améliorer l’accès à la justice familiale.

Depuis 2017

À l’issue de la Conférence de l’an dernier à Gatineau, les provinces et territoires s’étaient engagés à investir des fonds avec le fédéral afin d’offrir plus de services en français. Cet engagement s’est-il concrétisé? Pour la ministre responsable des Affaires francophones du Manitoba, Rochelle Squires, la réponse est positive. Le Manitoba a adopté en 2016 la Loi sur l’appui à l’épanouissement de la francophonie manitobaine.

« C’est la première fois de notre histoire que chaque ministère a un plan pour les services en français, a répondu Mme Squires, y compris le ministère de la Justice. Nous avons augmenté nos capacités de 6 à 7 %. Je sais que le droit de la famille est un gros morceau pour nos citoyens. Je veux vraiment collaborer avec mes collègues à la justice et au fédéral et avec les partenaires communautaires pour y améliorer les services en français. »

De son côté, le coprésident de l’événement et ministre responsable de la Direction des services en français du Yukon (DSF), John Streicker, a assuré qu’il y avait davantage de services en français depuis la 22e Conférence, notamment grâce à une nouvelle entente entre le gouvernement fédéral et les trois territoires. « Nous avons de nouveaux postes bilingues, de dire M. Streicker, et des services en français dans plusieurs ministères, par exemple en santé et en justice. »

M. Streicker considère que son gouvernement pourrait être mieux outillé pour quantifier les demandes de services en français dans ses différents ministères.

Le Plan

L’ancienne ministre du Patrimoine canadien Mélanie Joly — un remaniement ayant eu lieu le 18 juillet — a qualifié la rencontre de « vraiment fructueuse ».

« J’ai profité de la Conférence, a-t-elle dit, pour parler de notre nouvelle vision et de nouveaux investissements dans les langues officielles », a souligné Mme Joly, ajoutant que l’investissement de 2,7 milliards de dollars sur cinq ans est un montant historique.

La ministre a rappelé que son gouvernement était conscient du manque de ressources dans le corps enseignant et que 62 M$ étaient prévus dans le Plan pour former les enseignants en français langue première et langue seconde.

Le Plan contient 40,8 M$ sur cinq ans pour attirer et retenir les immigrants francophones.

« Nous avons beaucoup fait avancer ce dossier dans les dernières années, a analysé Francine Landry. Il y a eu des conférences des ministres de la Francophonie et de l’Immigration, et cela ne s’était jamais fait. Il y a eu le symposium avec la communauté. Avec les investissements du Plan d’action, nous sommes bien outillés pour atteindre les cibles en immigration francophone. »

Alors que cette cible est 4,4 % au Canada, à l’exception du Québec, elle est de 20 % d’ici 2020 au Nouveau-Brunswick.

« Nous sommes tout près de l’atteindre, même avant la date limite, a assuré la ministre Landry, et on souhaite que l’immigration francophone demeure importante, parce qu’on veut garder le poids démographique des francophones où il est, soit autour de 33 %. On veut tenir un autre symposium avec la communauté d’ici deux ans et on a mandaté nos fonctionnaires pour travailler dans ce but. »

L’Ontario était présent à la Conférence à titre d’observateur, Caroline Mulroney n’ayant été que tout récemment nommée ministre déléguée aux Affaires francophones de la province.

La 23e Conférence ministérielle sur la francophonie canadienne devait initialement se tenir à Iqaluit; la partie est remise pour les 27 et 28 juin 2019. Questionnée à savoir si la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) y sera invitée, Mme Joly a répondu qu’elle était régulièrement en contact avec son président, Jean Johnson, et que « les besoins de communautés étaient essentiels [pour le gouvernement]. 

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