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Anna Tölgyesi lance une pétition pour l’accessibilité aux études en français

Marie-Hélène Comeau

Inquiète par le peu d’options d’études postsecondaires offertes en français dans l’Ouest et le Nord du pays, une jeune Franco-Yukonnaise a récemment décidé de sensibiliser les politiciens à cette réalité. Anna Tölgyesi, 16 ans, a lancé une pétition sur le sujet afin qu’il soit abordé à la Chambre des communes.

Anna Tölgyesi veut sensibiliser les gens à la réalité des élèves des communautés francophones en milieu minoritaire qui désirent poursuivre des études postsecondaires dans leur langue. Photo : Facebook


Lorsque vient le moment pour les élèves francophones en milieu minoritaire de poursuivre leur scolarité une fois les études au secondaire terminées, le choix peut s’avérer difficile. C’est le cas de plusieurs jeunes Franco- Yukonnais qui doivent faire le choix de poursuivre des études collégiales ou universitaires en anglais plus près de chez eux ou de poursuivre des études en français en déménageant plus loin.

C’est la réalité à laquelle Anna Tölgyesi, étudiante en 11e année à l’Académie Parhélie, doit déjà commencer à se préparer. « Il y a bien la possibilité d’étudier en français en Alberta ou en Colombie-Britannique, mais le nombre de programmes offert en français est très limité », explique-t-elle. « J’ai beaucoup d’amis aussi qui ont dû partir loin pour étudier en français à Moncton ou à Ottawa. » Sa sœur aînée étudie d’ailleurs en ce moment en français à l’Université de Moncton tandis qu’une autre de ses sœurs envisage également d’aller y étudier à l’automne prochain.

Une pétition à la Chambre des communes

C’est au cours d’un récent travail scolaire en sciences humaines portant sur les pétitions citoyennes que l’idée de lancer ce projet a germé dans l’esprit d’Anna. L’idée a fait son chemin, si bien que le 2 mars, avec le soutien du député fédéral du Yukon Larry Bagnell, Anna a pu déposer officiellement sa pétition en ligne. Il s’agit ici que de la première étape. Si d’ici le 30 juin la jeune Franco-Yukonnaise réussit à amasser 500 signatures en ligne, M. Bagnell pourra alors entreprendre la lecture de la pétition en Chambre des communes, ce qui permettra d’entamer enfin des discussions à ce sujet, espère Anna.

Bien qu’une pétition signée sur le support papier ne requiert que 25 signatures, le choix d’Anna s’est toutefois arrêté sur la version en ligne qui requiert plus de signatures, soit 500.

« J’aime bien l’idée de mettre la pétition en ligne puisqu’elle permet à tous les gens au pays d’y participer ou de commencer une réflexion sur le sujet. Le support papier n’aurait pas eu le même impact », explique celle qui confie s’être initiée au fonctionnement politique grâce à sa participation au récent Parlement jeunesse pancanadien. « Jusqu’à présent, j’ai pu accumuler 374 signatures d’un peu partout au pays. C’est vraiment encourageant », se réjouit-elle.

Les études postsecondaires en milieu francophone minoritaire

Une enquête menée en 2009 par l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques confirmait déjà à l’époque le bien-fondé de la préoccupation d’Anna. L’étude démontrait que des pourcentages importants d’élèves de la 12e année des écoles francophones en milieu minoritaire choisissent de poursuivre leurs études postsecondaires dans des établissements anglophones ou dans des programmes offerts principalement en anglais dans des établissements bilingues.

Selon l’étude, ce phénomène était relié principalement à l’absence dans certaines régions d’établissements postsecondaires francophone ou de programmes d’études offerts en français dans les domaines d’intérêt des élèves. L’étude soulignait que les grandes distances entre les établissements postsecondaires qui offrent les programmes d’études ou de formation professionnelle en français que veulent suivre les élèves et leur domicile représentent un problème important des communautés francophones en milieu minoritaire.

Encore aujourd’hui, il est reconnu que l’accès à une formation collégiale ou universitaire en français et l’obtention d’un diplôme pour des études réalisées en français participent à la vitalité linguistique des communautés francophones en milieu minoritaire. Pourtant, alors que des gains considérables ont été accomplis ces dernières décennies en ce qui concerne l’accès aux études primaires et secondaires au pays, la question de l’accès aux études postsecondaires en français reste souvent absente des discussions. Il s’agit d’une tendance que l’élève franco-yukonnaise tente ici de renverser à travers sa pétition qu’il est possible de signer en se rendant au site de la Chambre des communes.

Commentaires (1)

  1. micheline binette dit :

    dans un canada bilingue;ce serait tout a fait normal d’avoir acces aux etudes dans notre langues

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